Résumé
Les ambitions, la stratégie et les méthodes peu recommandables de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques (en) de France) sont mises à nu dans ce livre qui a reçu le prix national de « la laïcité » de 2005. Ce prix a également été décerné à Caroline Fourest pour son livre « Frère Tariq ».
L’UOIF a réussi à duper la République et même, ironie de l’histoire, à être sacrée par elle comme « représentant » un tiers des musulmans de France !
Le ministre qui a officié à cette « sanctification » est même prêt à mettre la main à la poche du contribuable pour aider ses « amis » qui l’ont copieusement sifflé et remis à sa place au Bourget parce qu’il a simplement osé rappeler la loi. Au vu de la doctrine et des objectifs de « désintégration » en douceur que poursuit cette organisation épaulée par sa maison mère à Londres, il est salutaire, comme le demande l’auteur, de diligenter une enquête parlementaire. A l’instar de la commission Stasi, elle pourra découvrir des choses bien inavouables.
{ Principes, but et méthodes des Frères }
Après « Frère Tariq » de Caroline Fourest, voici un livre de Fiammetta Venner qui sonne comme une deuxième gifle à la face de la « République des lâches ». Nous découvrons ici une organisation, l’UOIF, qui a toujours su ce qu’elle voulait et qui poursuit imperturbablement la stratégie léguée par Hassan Al-Banna à tous les Frères Musulmans. C’est à cette organisation, entre autres, que la République a déroulé le tapis rouge au ministère de l’Intérieur ainsi qu’à Nainville-les-Roches. Par la même occasion, bien des mosquées modérées et des français musulmans ont été sacrifiés…(parce que trop intégrés ?). Certains membres des délégations musulmanes ont complètement manqué de tact et déroulé leur tapis de prière au ministère. Comme si l’islam n’était pas suffisamment souple et ne permettait pas aux fidèles de différer les prières !
Fiammetta Venner rappelle d’abord les principes, les buts et les méthodes des « Frères musulmans » dont le double langage et le mensonge sont parmi les fondamentaux. Elle démontre à ceux qui pouvaient encore en douter que cette internationale islamiste est bien derrière l’UOIF.
Les mentors, formateurs et muftis : des Frères
L’auteur passe ensuite aux mentors de l’UOIF dont le plus médiatisé est le très riche et polygame télé-islamiste Al-Qaradhawi. Sa fortune est la monnaie de change que les banques islamiques du Golfe lui ont généreusement accordée. Les services rémunérés consistent en la bénédiction de leur main-mise monopolistique sur les finances de cette région riche en petro-dollars et en malversations à base de « hyals » , d’astuces théologiques qui permettent de contourner « l’interdiction » du prêt à intérêt tout en dégageant de très confortables dividendes. Ce très islamique mufti a par ailleurs trouvé l’astuce qui permet aux musulmans d’Europe de s’accommoder du prêt à intérêt pour devenir propriétaires. En maniant le double langage, le mentor en chef sait exactement ce qu’il veut et l’explique sans détours : conquérir l’Europe. Ayant commis un impair lors d’un prêche télévisé, il essaie de se rattraper et de rectifier le tir lors du prêche suivant : il explique que cette conquête se fera par la force de conviction des prédicateurs. Les frères Ramadan ont du certainement lui rappeler qu’il fallait être plus subtil et les laisser travailler au corps la vieille dame Europe. Installés à demeure, Dr Abdallah Milcent, Prohijab, les « féministes » musulmanes & Confrérie… connaissent mieux les points faibles des démocraties et savent simuler à s’y méprendre leur langage. Ils n’ont que liberté à la bouche ! Liberté de se cloîtrer derrière le hijab par exemple. S’en suivra logiquement la liberté de ne pas aller à la piscine avec les garçons de sa classe et celle de ne pas les accompagner durant les sorties éducatives… Belle perspective de « fraternité » entre citoyens adultes de demain ! Les Frères musulmans annoncent bien la couleur pour ceux qui ne se voilent pas la face.
{ Des prédicateurs en guise de travailleurs sociaux avec des prescriptions d’un autre âge }
Fiammetta Venner démontre que la République a souvent accepté de faire des entorses à ses principes lorsqu’elle s’est trouvé face aux musulmans. Ses conseiller(e)s anthropologues l’ont aussi très mal servie : elle a fini par légitimer des prédicateurs de banlieue en les laissant tout simplement jouer le rôle de médiateurs et de travailleurs sociaux. Le très agressif imam et militant Lasfar par exemple, a ainsi fini par s’imposer comme « pacificateur ». L’UOIF se bat actuellement pour l’imposer aumônier général pour les prisons. Ceux parmi les musulmans qui l’ont entendu savent que c’est un Savonarole dont la République doit à tout prix protéger les citoyens qui sont, de surcroît, dans la détresse et la misère.
« Grâce » au travail de reprise en main par les prédicateurs, les jeunes filles de banlieues se sont retrouvées petit à petit dans l’obligation de se conformer aux règles vestimentaires et de « pudeur » islamique afin de se protéger du mâle dominant. La famille, le clan et la communauté se sont emparé du contrôle de leur comportement dont leur corps est l’enjeu majeur. Elles sont aujourd’hui cernées par un nouveau code d’honneur qui régule les relations entre filles et garçons ainsi que la sexualité de ces jeunes générations. Les révélations devant la commission Stasi sont encore dans toutes les mémoires : reconstitution de l’hymen dans nos cliniques françaises, mariage arrangé si ce n’est forcé, maris qui exigent que leurs femmes soient soignées uniquement par des femmes…
A Lyon, où les Ramadan sont depuis longtemps des prédicateurs vedettes, la radicalisation des musulmans a bel et bien été démontrée aussi bien par les travailleurs sociaux, que les élus locaux. Même l’anthropologue Dounia Bouzar a fini par rallier cet avis. C’est dans les banlieues coupées petit à petit des autres citoyens que les prédicateurs de l’UOIF prospèrent. Certains ont même l’outrecuidance de se muer en défenseurs des « indigènes de la république ». Ils se permettent évidemment de distribuer la charité qu’il récoltent au Moyen-Orient ou près des commerçants musulmans pour « acheter le cœur » de ceux qui se retrouvent dans la détresse (al-mu’allafati qulubuhum).
Il y a bien danger en la demeure républicaine ! Bon nombre de ses enfants sont aujourd’hui éduqués dans le ressentiment et l’enfermement : on ne leur explique jamais qu’ils ont hérité la misère sociale de leurs parents immigrés et très peu qualifiés mais de la République qui serait raciste envers les musulmans ! Il n’y a qu’à entendre ou lire la prose affligeante d’un Baghezza par exemple, pur produit de l’école des imams gérée par l’UOIF, pour se rendre compte que la République a déjà laissé faire pas mal de dégâts.
Ce qui fait encore plus mal au cœur c’est de voir des chercheurs payés au prix fort comme Vincent Geisser ou François Burgat livrer l’alibi « martyrologique » et les mots ambigus qui permettent d’exploiter à fond le filon du djihad enrobé de militantisme. La barbe de Marx cède ainsi la place à d’autre pilosités !
Et pour que le droit canon islamique reste ancré au Moyen-Orient et dans la tradition castratrice et culpabilisatrice des musulman(e)s, l’UOIF, les Ramadan & Confrérie ont délégué au « Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche » (oui vous avez bien lu : Recherche !) cette tâche dont ils pourront se démarquer quand cela les arrange. L’UOIF approuve cependant sa fatwa qui consacre l’interdiction aux musulman(e)s d’épouser des non musulman(e)s. Ceci prouve que l’endogamie (la reproduction entre soi) et l’auto exclusion reste l’idéologie fondatrice de cette organisation attachée à d’autres espaces et à d’autres temps. Au fond, comme Fiammetta Venner le montre bien, elle est restée l’Union des Organisations Islamique en France même si elle se dit aujourd’hui « de France ».
{ « Qui finance l’UOIF ? » mais aussi « Qui sont financés à travers l’UOIF ? » }
L’auteur pose une très bonne question que d’aucuns n’osaient poser aussi clairement. Il ne s’agit pas seulement de savoir qui finance et donc oriente idéologiquement l’UOIF, mais aussi de savoir à quels financement l’UOIF sert d’instance de transit de fonds ? Ne servirait-elle pas à blanchir des revenus de l’or noir ? Saddam Hussein a certes commis l’erreur fatale d’aider directement et officiellement les familles de kamikazes. Mais les monarchies du Golfe n’ont-elles pas fait la même chose afin que le réel martyr des palestiniens se prolonge et détourne finalement les regards de leurs malversations ancestrales et de leur mainmise sur les richesses du peuple dont se sucrent au passage l’UOIF, Ramadan & Confrérie ?
Une commission d’enquête parlementaire à ce sujet ne serait pas un luxe pour une démocratie qui se respecte. Après les pays de l’Est, les musulmans ont aussi droit à la glasnost pour savoir qui est l’allié de qui ?
{ Une nébuleuse d’organisations plutôt hors la loi }
Cette commission devrait aussi projeter quelques lumières sur la mouvance UOIF et rappeler la loi à toutes ses associations qui mélangent allègrement cultuel, culturel et militantisme politique. Tout cela sans se conformer pour autant au minimum d’obligations de la loi française, bien libérale dans ce domaine. Il est urgent de ne pas laisser des apprentis sorciers manier le mélange explosif constitué de religion-identité et de combat politique sous couvert de réclamer des droits sociaux. Il faut rappeler à ceux qui aimeraient, soi-disant, contribuer au bien-être de leur concitoyens (musulmans et non musulmans) que la République attend d’eux qu’ils se présentent sur la scène politique et proposent des projets et des programmes bien clairs au lieu de surfer (sans se mouiller) sur notre misère bien réelle, laquelle nous colle à la peau depuis la sortie d’Afrique.
Si le droit de s’associer est garanti par la République, il y a aussi des obligations que les organisations satellites de l’UOIF ne respectent pas. Fiammetta Venner en a pointé un certain nombre.
{ Forums de la haine estampillée « halal » (licite) }
L’enquête devrait aussi faire le jour sur les forums contrôlés par la centrale de l’UOIF et par les associations affiliées. Les propos tenus sur ces places publiques électroniques sont affligeants, haineux, racistes et poussent les musulmans, malgré cela, à se présenter uniquement comme victimes. L’auteur apporte la preuve de mauvaise conscience chez l’UOIF : elle se presse de fermer ces forums dès que ses stratèges feignent de devenir respectueux des autres (amorce du dialogue judéo-islamique par exemple).
{ Une grenouille bien gonflée finit par en imposer }
Le marché de dupes a très bien été conclu au profit de l’UOIF qui a persuadé et l’état et les médias qu’elle représentait et attirait à son congrès du Bourget un nombre démesuré de personnes toutes censées être musulmanes et du même bord que l’UOIF ! Fiammetta Venner démontre que même le Sarko-show tenu au même endroit, à grands frais et tapage médiatique, n’a rassemblé que quarante mille personnes ! Les gradins étaient bien pleins et il a même fallu ajouter des chaises. La démesure inflationniste orchestrée par l’UOIF est simplement l’expression de ses ambitions et/ou la justification des dépenses que doivent couvrir ses bailleurs de fonds. Mais elle ne dupe que ceux qui le veulent bien ou y ont quelque intérêt. Comme l’explique Fiammetta Venner, un simple arrêt sur image des congrès de l’UOIF permettent non seulement de constater que bien des places sont vides mais aussi de voir ce que les islamistes de cette organisation nous préparent comme lendemains qui « chantent » : les filles bien séparées des garçons, comme si ces derniers étaient des bêtes sauvages ou si les filles étaient des tentatrices-nées qu’il faut absolument éloigner des musulmans qui ne sauraient se maîtriser à côté d’une fille même hermétiquement voilée ! Musulmans et musulmanes, avec l’UOIF dîtes adieu à la mixité en notre douce France. Avec cette organisation vous êtes embarqué(e)s dans un retour vers le futur !
{ Tournez girouettes ! }
Les girouettes sont très sensibles au temps qu’il fait. Des membres éminents de L’UOIF ont appelé les filles musulmanes à aborder la rentrée scolaire de 2004 dans la tenue qu’elles voulaient. Langue de bois pour dire « avec des voiles ». Des associations bien affiliées à cette organisation ont suffisamment dénoncé l’atteinte à « la liberté » des écolières musulmanes et même ouvert un numéro vert pour venir en aide aux voilées qui voulaient continuer à porter ce couvre-chef au sein même des établissements scolaires publics (et non privés). Fiammetta Venner démontre que cette hostilité et même défiance vis à vis de la loi du 15 mars 2004 s’est subitement transformée en « bienveillance » de l’UOIF lors de l’affaire des otages Christian Chesnot et Georges Malbrunot.
Mais les Prohijab n’ont pas du tout enterré la hache de guerre et continuent le combat sur différent fronts dont celui des parlementaires européens.
{ Et si le parlement continuait l’enquête !? }
La politologue Fiammetta Venner nous a livré ici un beau travail de recherche et d’enquête minutieuse. Elle avance de bonnes raisons de douter du changement de l’UOIF maintenant qu’elle a pris une place de choix à la table de la République. Au lieu de « positiver » comme M. Sarkosy, le parlement serait peut être mieux avisé de diligenter une enquête qui nous permettrait d’éclairer les zones d’ombre qui entoure cette organisation capable de torpiller, par la base, le travail d’intégration que les musulmans de France accomplissent patiemment et calmement au jour le jour. Il y va de la paix sociale à moyen et long terme et de la stricte séparation du socio-politique d’une part et du religieux d’autre part. Nous musulmans, nous somme des citoyens comme les autres et nous avons droit à des clarifications et, éventuellement, à des confrontations salutaires.
Dans ce domaine-là non plus, nous ne voulons pas de discrimination même si elle nous est qualifiée de « positive ».
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