Je suis un militant de gauche mais non démissionnaire face à l’islam classique. Je ne quitte pas le radeau de Mahomet tout en organisant la nécessaire opération de transbordement. Quand on aime les musulmanes et les musulmans, quand on veut les libérer des carcans ancestraux, il ne suffit pas de leur dire avec fermeté que le coran contient des feuillets caducs et le démontrer, il faut aussi se soucier du voilier capable de tenir le cap pour faire en sorte qu’ils rejoignent l’humanisme et la modernité. Il est temps qu’ils quittent la barbarie qui considère la femme comme un sexe à cacher, du pied jusqu’au cheveu le plus anodin. Il est temps de combattre ce regard malsain porté sur la beauté divine du corps humain. Ce regard juste sorti de la nuit des temps. Il ose s’afficher aujourd’hui sur grand écran, à Paris et dans nos banlieues, sur des tchadors et même des burkas ! Moi je dis NON, je n’aime pas ce regard et je le combattrai dans notre cité !
L’hypocrisie s’étend aussi à la France
Aujourd’hui, le débat autour de la laïcité doit tenir compte de la nouvelle donne : une remise en question radicale face aux musulmans d’ici et maintenant. Nous sommes des citoyens comme tout le monde : nous n’avons pas le droit de prêcher et de pratiquer ce qui, dans le coran, est foncièrement contraire aux valeurs humanistes et républicaines. Mais hélas, je ne trouve ni citoyens ni d’hommes politique assez courageux pour me considérer, moi le musulman, comme un compatriote à part entière, digne de confrontation saine. Me considère-t-on toujours comme un « indigène » à préserver comme témoin des temps immémoriaux ? Incapable de soutenir un regard critique sur mon intimité coranique ?
Je ne trouve qu’hypocrites au sourire douteux, des chasseurs de voix à la petite semaine ou des soi-disant « bienveillants ». Ils ne s’attaquent qu’à des islamistes ou à l’islam politique. Autrement dit, aux feux de diversion périphériques ! Ce faisant, tout ce beau monde laisse le privilège aux ségrégationnistes de Villiers et Le Pen de se gausser d’un « parler vrai ». Faut-il donc s’étonner du résultat des élections successives ? C’est la lâcheté, suivie de pleures de crocodiles, qui caractérisent le mieux nos républicains d’aujourd’hui !
Il est temps pour nous, militants de la laïcité et de la dignité humaine, de renouveler le combat de 1905, de clarifier à nouveau les fronts et d’inscrire enfin à l’ordre du jour une remise en question sérieuse de l’archaïsme et de la misogynie intrinsèquement liés à l’islam classique. Où sont donc passés les tigresses et les hussards de la République ?
Ce combat doit être mené contre la forme classique d’une religion, aujourd’hui bien française. Elle est divulguée au quotidien dans nos mosquées financées en partie par le contribuable de nos communes (baux emphytéotiques). Ce combat nous concerne tous, musulmans et non musulmans, croyants et non croyants. Il y va de la dignité de nos concitoyennes et concitoyens et d’un avenir meilleur pour notre cité.
Il s’agit bien de ce qu’on inculque, ici en France, aux générations futures dès l’âge tendre et donc malléable à merci. Nous ne pouvons pas détourner le regard et faire semblant de ne rien y comprendre, de ne rien y voir ni entendre. C’est ce type de lâcheté qui a fait que nous sommes théoriquement concitoyens depuis 1830 et que, malgré tout, ma sœur musulmane a toujours été régie par le code de l’infamie en Algérie et autres départements ou territoires. C’est ce type de lâcheté qui fait qu’il y a près de chez vous et moi, ici en métropole, des hommes polygames et donc des femmes qui n’ont droit qu’à une portion d’homme. De plus, elles sont menacées de coups et blessures si elles s’avisent à prendre amant en complément.
Aucun des français ni des musulmans n’est sans savoir que la polygamie est une infamie qui n’a jamais eu et qui n’aura jamais aucune valeur éthique. Qu’on ne vous raconte pas que cela a été institué pour sauver les femmes des affres du veuvage après les guerres : les musulmans de bonne foi savent très bien que les sept à neuf veuves du prophète ont été interdites de remariage. Bien des émirs et des califes ont suivi cet exemple pour garder quelques secrets inavouables du palais.
C’est par bonne foi, par insurrection contre l’hypocrisie généralisée qui prend ses aises aussi en France, que je dis non à cette partie de mon héritage et que je propose à mes coreligionnaires musulmans de sortir de notre monde clos enrobé de sept cieux superposés. Mahomet avait une sainte horreur de l’hypocrisie. Moi aussi !
Le problème est l’islam classique. Démonstration.
La pire des erreurs est de continuer à croire qu’il y a un islam modéré. C’est un redoutable somnifère. Il y a bien des musulmans modérés et même beaucoup plus qu’on ne pense, mais l’islam classique (= Coran + pratique de Mahomet) contient un enseignement tout à fait contraire à la dignité humaine et à la paix avec les autres, surtout non-croyants. Je suis désolé de constater que le coran prône la violence jusqu’à l’extrême. Que la bible en fasse aussi état, ne me console d’aucune façon. Mon prophète s’est même sali les mains dans des razzias. Il nous suffit donc d’un peu de bonne foi, pour accéder aujourd’hui à une plus haute idée de l’humain et de sa dignité. Nous musulmans, nous pouvons aisément mieux faire que nos ancêtres.
Kant nous explique que l’humanisme, le respect de notre dignité, consistent à ne jamais utiliser l’être humain comme moyen pour atteindre un but, aussi louable soit-il.
Ce que le coran et les évangiles nous enseignent au quotidien est de ce point de vue tout à fait immoral : on ne peut pas aimer l’être humain et utiliser Marie comme matrice, comme mère porteuse, en l’exposant à la honte, à son époque, d’être enceinte sans mari. On ne peut pas sacrifier le fruit de ses entrailles pour « sauver notre humanité » ! Et l’humanité de Marie dans tout cela ?
Le coran n’admet pas qu’on ait pu tuer son fils Jésus. Il nous propose un scénario plus horrible : un sosie innocent aurait été crucifié à sa place ! Et la Justice dans tout cela ?
C’est pour cela que je dis à mes coreligionnaires musulmans : le coran, comme les autres livres saints, contient des feuillets persistants et des feuillets caducs. Le premier renoncement concret auquel je les convie est l’autoglorification contenue dans le verset 110 du chapitre III : « Vous êtes (littéralement : vous avez été) la meilleure communauté donnée au monde : vous ordonnez le convenable et interdisez le blâmable et croyez en Allah. Si les détenteurs de l’Ecriture (les juifs et les chrétiens) avaient cru, cela eût été mieux pour eux. Parmi eux, il est des croyants mais la plupart sont des pervers ».
Il faudra s’y résoudre, ce verset est digne de Bush qui, lui aussi, croit ordonnez le Bien contre le camp du Mal. C’est bien ce mépris des autres, ce genre d’articles de foi qui mène à des busheries.
Je proclame encore une fois la dignité humaine sacrée ; pas la religion ! Et surtout pas l’islam classique. Il doit faire l’objet de notre futur combat laïc pour la dignité des musulmanes et des musulmans, des juifs, des chrétiens et de la majorité française qui ne se reconnait pas dans ces croyances. Pour favoriser l’assimilation des générations futures, il est urgent de ne pas refaire les erreurs de nos grands frères juifs : aux archives l’arabe médiévale et l’hébreu des antiquités ! L’attachement maladif à la langue des ancêtres nous enracine au quotidien dans un ailleurs mythique : à Jérusalem, à la Mecque et à Médine des pieux ancêtres ; dans la nuit des temps. C’est à Paris, Madrid ou Athènes qu’il faut attacher les cœurs de nos enfants. Cela passe par l’accès de la langue locale d’aujourd’hui à la dignité du sacré.
Ne refaisons pas l’erreur de nos frères juifs
A bas les boucheries halal et casher ainsi que tous les interdits matrimoniaux avec l’endogamie qu’ils favorisent ! La religion, de quelque origine qu’elle soit, n’a pas le droit de culpabiliser mon enfant et le séparer de ses copains à la cantine scolaire. La religion n’a pas le droit de priver ma fille d’aller à la piscine ou de participer à des sorties de classe. Ces interdits sont à l’origine de notre enfermement dans nos ghettos de l’auto-exclusion, du repli sur notre clan ou communauté. Mais les interdits et les rites font aussi la richesse des marchands du temple et de la mosquée. Si les différentes organisations islamiques se bouffent le nez, c’est parce que la mise est d’importance : il s’agit de marché de gros pour la nourriture halal et casher, d’agences pour organiser les pèlerinages et de sommes importantes offertes par la communauté musulmane d’ici et par les riches pays du Golfe.
Il est absolument nécessaire de déclarer licite et même agréable aux yeux du bon Dieu, l’ouverture de nos filles juives et musulmanes aux non circoncis. Ouvrons-nous enfin aux buveurs de vin et aux mangeurs de porc. Le brassage des races, des plats et des breuvages doit faire partie des recommandations de nos religions renouvelées ! La séparation du pure et de l’impur, nous savons très bien où ça nous mène ! A nous donc les produits du terroir et le champagne ! A nous les langues liturgiques d’ici et maintenant !
Alléluia et à votre santé !
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