- Cher Monsieur le député,
- Cher maire de Drancy et [bâtisseur de mosquée->http://www.leparisien.fr/abo-seine-saint-denis/quand-le-maire-se-felicite-d-avoir-menti-06-09-2008-201427.php]
- Cher frère en espérance,
- Ma très chère mère, toujours voilée,
- Mes chers concitoyens, en un seul mot, je tiens à le préciser,
- Mesdames et Messieurs,
Même s’il y a longtemps que les asticots l’ont rongé, c’est l’increvable avocat Desproges qui m’inspire aujourd’hui pour plaider ma cause perdue de pauvre petit musulman.
Sortez vos mouchoirs !
Je ne vous apprendrai rien de nouveau en rappelant ma lourde hérédité : je suis l’éternelle victime, de père en fils. J’ai donc toujours eu l’impression, qu’ON nous prend pour des cons, nous autres musulmans. Je crois que les contribuables (en un seul mot, je tiens à le préciser), à qui certains élus font supporter le financement de nos mosquées, sont déconsidérés de la même façon !
« ON » rime facilement avec « cons ». En dépit de cela, il n’inclut pas les Danois, ni Cabu, ni Siné, ni Val, ni Charlie ni leurs Hebdos. Chez ces gens-là, Monsieur, ON nous prend pour des adultes, capables de rire comme tout le monde et de voir notre prophète en caricature, même s’il y a des cons qui ne peuvent le voir en peinture. Ces journalistes-là, Monsieur, nous expliquent très bien pourquoi c’est dur d’être aimé par des cons. Ils prennent leur Liberté au sérieux et apprécient l’Egalité à sa juste valeur. Ils ne se paient pas notre tête de mots et notre allégeance à l’aide des deniers publics.
Le « ON » désigne donc des députés, dont vous M. Lagarde, des bienveillants et tolérants qui font semblant, ainsi que des élus à différents niveaux de la nation.
Et puisqu’il est de bon ton d’organiser des dîners de cons ces derniers temps, pour que les journalistes conviés à la cérémonie titrent, sans se rendre compte de leur bêtise : « [MAM rompt le jeûne du ramadan->http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/09/08/01001-20080908ARTFIG00391-confidentiel-la-franchise-de-mam-sur-l-ump-.php] » ou bien : « [Valérie Pécresse rompt le jeûne à la Mosquée de Paris->http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/09/16/01011-20080916FILWWW00707-mam-rompt-le-jeune-du-ramadan.php] », je m’autorise aussi de faire le con, dans l’espoir de mériter le nom de concitoyen, en attendant d’être traité à égalité. Ni plus ni moins. Je le redis en verlan pour que banlieue comprenne : ni moins ni plus.
Après avoir défini le pronom indéfini, passons aux adjectifs. C’est très important les épithètes et les qualificatifs. Ils sont capables de vous changer la vie. D’ailleurs, d’aucuns hauts perchés, dont les productions ciblent la France d’en- bas, croient le plus sérieusement du monde, qu’il suffit de prononcer l’adjectif « positif » pour qu’une innommable discrimination cesse de l’être. Positivez braves gens pour en finir avec tout ce qui est négatif ! Avec la Laïcité et avec l’Egalité par exemple !
En voici l’illustration à l’aide d’un conte de fée, portée par les ailes de l’espérance :
Un beau jour, alors que notre douce France s’était retirée dans ses départements privés, elle a vu arriver un extraordinaire « préfet musulman ». Elle n’en croyait pas ses yeux. Il était unique ! Le seul préfet dont les autorités, dites compétentes, ont décliné l’intime conviction avant qu’il ne puisse intégrer son poste sous le regard incrédule de Marianne. Elle en était toute perplexe et ne savait plus à qui des deux elle devait remettre le Trophée de la Connerie Républicaine : au musulman, qu’on a toujours pris pour un con, ou bien à son ministre de l’intérieur ; chargé des cultes soit dit en passant. C’est le ministre qui l’a emporté.
Depuis ce jour, la France se demande d’ailleurs si ON ne la prend pas pour une demeurée, incapable de comprendre que les noms de Poniatowsky, Dermouche, Sarkozy, Arhab… suffisaient pour signifier sa diversité. Quant au citoyen préfet à qui ON faisait semblant de réserver des faveurs extra-républicaines, en l’annonçant comme musulman, il n’a jamais demandé qu’ON mette en avant son espérance, en place et lieu de ses compétences.
Après avoir nommé le « ON » arrivé au sommet de l’Etat, je suis heureux d’apprendre, cher M. Lagarde, que vous êtes, comme lui, non seulement « attaché au principe de la Laïcité », mais que vous l’êtes « encore plus aux valeurs républicaines de Liberté, d’Egalité et de Fraternité ». Ah que c’est beau la République et les discours qu’elle permet de tenir !
Le seul problème c’est que vous ne déconnez pas comme Charlie Hebdo pour que je puisse vous prendre au sérieux. Aujourd’hui, sur le bêtisier de la République, votre nom devance celui de Sarkozy : il rêve de laïcité positive, vous la pratiquer déjà. Il n’a pas financé de mosquée à Neuilly, vous avez construit la votre à Drancy. Le trophée qu’il a gagné face au préfet musulman, vous revient donc de droit cette année. Je vous le dédie.
Vous me dites que vous êtes attaché à la Laïcité, à la Liberté et à la Fraternité. Sur la tête de ma mère je vous jure que je vous crois, Monsieur le député-maire. C’est la vérité si je mens ! Pour moi, vous êtes un Frère de lait. Celui que les beaux seins de notre mère, Marianne, fournissent avec générosité. Mais je vous préviens : en prenant votre Liberté de financer notre mosquée vous courrez un grave danger : celui d’être pris pour un con, comme nous autres musulmans !
Vous avez tout à fait raison de le [rappeler dans votre mail->http://www.ripostelaique.com/Lettre-de-Jean-Christophe-Lagarde.html?] : nous musulmans, nous ne pouvons être que pauvres, indépendamment de ce qui entre dans les caisses de notre Vatican-sur-Golfe et de ce qui en sort, pour arroser les associations musulmanes de France et de Navarre. Associations culturelles, cela va de soi ! Dans votre élan de Fraternité et de Solidarité, je vous vois larmoyer. Il n’est donc pas étonnant que vous ne voyez pas bien qu’au pays, nous autres musulmans émigrés, nous avons réussi à financer pas mal de résidences et de mosquées ! Pauvre de vous !
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