Religion et intégration – Le débat en France et en Allemagne

{{Inscription : info@maison-heinrich-heine.org}}

{{Date}} : jeudi 05.06.2008 de 9h30 à 18h30

{{Lieu}} : Maison Heinrich Heine, 27c Boulevard Jourdan (CIUP) , 75014 Paris

{{Sujet}} : Religion et intégration – Le débat en France et en Allemagne

Colloque en coopération avec l’Ambassade d’Allemagne avec traduction simultanée

{{{Détails du programme}}}

{{9h30}} Allocutions de bienvenue

Christiane Deussen, directrice de la Maison Heinrich Heine
Heinrich Wilhelm Beuth, ministre plénipotentiaire près l’Ambassade d ;Allemagne

{{09h45}} « Laïcités et Solidarités »

Alfred Grosser, professeur émérite, Institut d’Etudes politiques, Paris

{{10h15}} Les deux Etats face à leur diversité : Quelles sont les évolutions sociétales ? Où en est la recherche ?

Débat animé par
Daniel Vernet, directeur des relations internationales, Le Monde

{{Intervenants :}} Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS
Riva Kastoryano, directeur de recherche CERI-Sciences Po/CNRS
Astrid Reuter, collaboratrice, Max-Weber-Kolleg für kultur- und sozialwissenschaftliche Studien Erfurt

{{11h15}} pause café

{{11h30}} Diversité des religions : Un défi pour l’intégration

Quelle place et quel droit pour les cultes dans la République laïque française et dans l’Etat de droit séculier allemand ?

{{{Allemagne :}}}
Débat des valeurs au sein de la Conférence sur la communauté musulmane (Deutsche Islamkonferenz) – vers une égalité des chances ?

Débat animé par Daniel Vernet

Introduction :
Dr. Markus Kerber, directeur, Ministère fédéral de l’Intérieur

Intervenants :

Necla Kelek, sociologue, membre de la Conférence sur la communauté musulmane

Dietrich Reetz, politologue, Zentrum Moderner Orient/ FU Berlin
Richard Wagner, chef adjoint du service politique, FAS

{{{Un regard français :}}}

Riva Kastoryano

{{13h00}} Rita Süssmuth, ancienne présidente du Bundestag: Premier Bilan

{{13h30}} pause

{{15h00}} France : Vers une laïcité « positive » ?

Débat animé par
Daniel Vernet
Introduction

Ministère de l’Intérieur français (sous réserve)

Intervenants
Christian Lochon, professeur à l’Institut Ghazali de formation des Imams, Paris

Caroline Fourest, écrivaine, journaliste, Revue Prochoix

Jean-Paul Willaime, directeur de l’Institut Européen en Sciences des Religions, Paris

Henri Pena-Ruiz, écrivain, philosophe, ancien membre de la « Commission sur la laïcité » de Bernard Stasi

Regards allemands

Astrid Reuter et Christine Langenfeld

{{16h30}} pause café

{{16h45}} Quel rôle pour les médias en France et en Allemagne ?
Introduction et animation par François Ernenwein, rédacteur en chef, La Croix

Intervenants

Regina Mönch, Frankfurter Allgemeine Zeitung
Canan Topçu, Frankfurter Rundschau
Henri Tincq, Le Monde
Ahmet Kühlaci, Hürriyet

{{18h15}} Conclusion
Daniel Vernet, directeur des relations internationales, Le Monde

{{18h30}} Cocktail

{{Inscription: info@maison-heinrich-heine.org}}

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Union pour la Méditerranée – Débat sur France 24

L’émission « {{The France 24 Debate}} » animée par Andrea SANKE, journaliste polyglotte qui a travaillé d’abord pour [CCN->http://edition.cnn.com/CNN/anchors_reporters/sanke.andrea.html] a profité de la visite d’Etat de Sarkozy en Tunisie pour organiser un débat de 20 minutes avec :

- [Samim AKGÖNUL->http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=10651], Professeur d’histoire et de sciences politiques à l’Université Marc Bloch à Strasbourg

- [Willem MAAS->http://www.yorku.ca/maas/], Professeur de sciences politiques à York University, Canada (intervention par téléphone uniquement)

- [Barah MIKAÏL->http://www.iris-france.org/cv.php?fichier=cv/cv&nom=barah], Chercheur à l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques), Paris

- et moi-même, en tant que co-rédacteur du magazine électronique [Riposte Laïque->http://www.ripostelaique.com].

Avant d’être convié au débat, j’ai été testé par téléphone pour savoir si mon niveau d’anglais convenait. J’ai été heureux d’être immédiatement admis après avoir formulé à peine cinq phrases sur le sujet. L’anglais ayant été ma quatrième langue, apprise sans avoir fait de séjour dans un pays anglophone, j’espère que les téléspectateurs avertis excuseront mon accent et mes hésitations.

Mais l’essentiel n’est pas là, me semble-t-il :

Les trois experts que j’avais eu le plaisir de voir et/ou d’écouter étaient certes très au fait de la question, mais ils ont été malheureusement plutôt « réalistes » et sans aucune ambition pour les rives sud et orientale de la Méditerranée. Où plutôt pour ses peuples qui ont un besoin urgent de PAIX, de liberté, de prosperité et de démocratie.

Si les états européens ont renoncé depuis longtemps à vouloir promouvoir les droits humains, surtout de la femme et des enfants de l’autre côté de la Méditerranée, je me désole de voir que des chercheurs et des professeurs aussi, s’interessent plutôt à la politique et à l’économie.

Certes, la prospérité économique est aussi une des conditions de la libération de la misère et de la libération tout court, mais nous savons que l’oppulence en Arabie, en Lybie et dans le Golfe n’a nullement signifié l’émergence de la démocratie ni l’épanouissement des peuples.
La croissance en Tunisie, s’accomode d’une terrible censure, sous pretexte qu’il faut combattre le terrorisme et l’islamisme : ils ont bon dos ! De plus, ces régimes se privent de la liberté qui, laissée aux démocrates et aux progressistes, aura vite fait de damer le pion aux archaïques et aux intégristes.

Je vous laisse apprécier le débat et vous exprimer aussi sur le sujet :

[THE FRANCE24 DEBAT->http://www.france24.com/video_full_screen.php?movie=/sites/all/themes/france24/en/flash/france24_vp.swf&bgcolor=%23000000&quality=high&align=middle&redirecturl=http%3A//www.adobe.com/go/getflashplayer&pluginspage=http%3A//www.adobe.com/go/getflashplayer&flashvars=connection_path%3Dhttp%3A//flv.france24.com/%26video_path%3DWB%20EN%20DEBAT%20080428_400.flv%26full_screen%3Dfalse%26video_position%3D0%26auto_play%3Dtrue%26langue%3Dfr&]

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La pression athmosphérique des voiles, mesurée à l’échelle de Mohamed Pascal

- Degré zéro : la nudité dans toute sa beauté divine.


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- 1er Degré : les strings d’Eve et Adam constitués d’une feuille de vigne

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- 2ème Degré : le bikini et le slip de bain pour l’homme

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- 3ème Degré : le maillot de bain une pièce et le short pour homme

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- 4ème Degré : Mini jupe et bermuda

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- 5ème Degré : robe et costume

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A partir de ce degré, ça se gatte

- 6ème Degré : foulard noué sous le menton laissant voir des mèches

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- 7ème Degré : les cottes de mailles

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- 8ème Degré : le tchador iranien et le voile saoudien.

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- 9ème Degré : le tchador borgne

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- 10ème Degré : la burqa afghane

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{{Hors classe : les cloîtres enfermant les femmes et les hommes à tout regard extérieur}}

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CHARTE POUR LES MUSULMANS D’EUROPE : de la pure mauvaise foi en 26 paragraphes

Dans son édition du 10 janvier 2008, {Courrier International} nous a donné à lire un texte d’Alberto D’Argenio traitant de la « Charte pour les musulmans d’Europe ». Cet article indique qu’il a fallu huit ans à ses rédacteurs et débatteurs pour rédiger et ajuster cette charte.

Il ne vous faudra pas plus d’un quart d’heure pour l’analyser et pour constater qu’elle ne mènera à rien de bon ; ni pour l’Europe, ni pour ses musulmans. Pour la simple raison que l’échafaudage de cette charte reste très fragile. Ses fondations sont constituées de mauvaise foi. Sa construction faite à l’aide de contorsions intellectuelles et de contournements des questions essentielles, de celles qui fâchent. C’est ce que je vais démontrer, pour montrer qu’il est aisé de balayer ces résidus d’hypocrisie dont nous avons hérité, nous musulmans, et dont l’Europe a aussi partiellement hérité. Ce faisant, je démontrerai que l’alternative de la bonne foi n’est pas aussi difficile qu’il y paraît.

Mais au préalable, je voudrais convier tout lecteur à lire et à méditer attentivement cette charte, afin d’en saisir toutes les facettes et toutes les précautions dans la formulation. Son texte intégral est disponible aussi bien sur la toile qu’en annexe à la présente page web

{{{1 – Nous musulmans d’Europe, nous devons et nous pouvons assumer toute notre Histoire}}}

Le préambule est une déclaration de bonnes intentions qui reste suffisamment vague pour susciter l’adhésion et nous préparer à un consensus qui ne heurte personne. Mais dès qu’on entre dans le vif du sujet, sous le titre {{« De la compréhension de l’islam »}}, nous nous trouvons face aux contradictions pluriséculaires des musulmans, mais aussi celles des judéo-chrétiens :

Le § 1 veut concilier les « principales règles immuables issues des sources authentiques de l’Islam » tout en « prenant en considération l’environnement contemporain ». Or, on ne peut pas être immuable et s’inscrire dans l’évolution, dans le changement qu’exigent l’espace et le temps. Je rappelle à ceux qui l’ignore ou qui pourraient l’avoir oublié, que le texte coranique, lui-même, a dû et a su s’abroger. Que Dieu s’est donc vu contraint de composer avec Chronos(1), avec le Temps, pour ordonner une chose avant de changer d’avis durant le court espace-temps de l’apostolat, allant de la Mecque à Médine avant de revenir au sanctuaire des polythéistes et d’adopter en bonne partie leurs rites, islamisés grâce à un recours à contre-Temps, considérant Abraham comme premier « musulman » ! Entre-temps, les musulmans ont dû aussi changer de cap et réorienter leurs prières vers le Sud, vers la Mecque, en tournant le dos à Jérusalem, orientation première des prières musulmanes. C’est qu’en pratique, il était devenu évident qu’il y avait plus de chance de conquérir la Mecque que de rallier les juifs de Médine à l’islam naissant.

La fidélité à cette évolution, inscrite au cœur même de la genèse islamique, nous invite donc à opter résolument pour le changement, pour la vie, à en finir définitivement avec cette variante de l’idolâtrie qui transforme le Coran en « règles immuables », définitivement figées, gravées dans des tablettes de granit, à l’instar du code de Hammourabi.

Au § 2, les rédacteurs de la charte nourrissent la même illusion que Benoît XVI, celle-là même dont se nourrissaient Averroès et ses commanditaires au pouvoir : nos rédacteurs veulent « concilier la guidance divine avec les lumières de la raison ». Or, il est enfantin d’espérer que d’une lampe nommée Raison jailliraient un jour des Anges lumineux, des Djinns et des Démons flamboyants ; sans parler de l’éblouissement que représenterait l’avènement de la résurrection sans, qu’au préalable, nous ayons perdu notre traditionnelle « raison ». Il faut s’y résigner en toute honnêteté : la foi n’aura aucune raison d’avoir existé, si la raison venait un jour à tout éclairer. Dans ce cas, la foi sera fatalement reconsidérée comme simple manque de lumière de la part de notre intellect.

La foi n’a nullement besoin d’un mariage arrangé et contre-nature avec la raison. Nos ancêtres ont déjà essayé d’organiser ces fiançailles. Mais en terre d’Islam, foi et raison n’ont jamais réussi à s’entendre ni à se regarder les yeux dans les yeux ; en toute confiance. Il nous faut renoncer définitivement à cette idée chimérique et sans avenir, après tous nos déboires passés : Averroès, qui -contre toute logique- affirmait mordicus que la Révélation et la raison étaient toutes deux vérités, des sœurs et qu’elles se soutenaient mutuellement : « car la vérité ne peut être contraire à la vérité, mais s’accorde avec elle et témoigne en sa faveur »(2). Nous savons pourtant que Averroès a très vite été enterré puis complètement oublié par les musulmans, obligés qu’ils étaient de céder du terrain en Andalousie dont certains voudraient nous repeindre la mémoire tout en rose, y compris les échecs intellectuels les plus cuisants. C’est tout de même Ernest Renan qui a offert à Averroès une renaissance et une réelle reconnaissance pour le travail de grand commentateur d’Aristote qu’il a bien été. Il a démontré que les averroïstes latins ont compris à leur manière et « instrumentalisé » la pensée du maître pour installer finalement la raison, comme instance indépendante, face à l’hégémonie de la foi, représentée par l’Eglise. Et c’est bien pour cette raison que leur averroïsme a été considéré comme hérétique(3).

A partir du § 5, la charte passe aux choses sérieuses : sans vergogne, on y affirme que « L’islam honore l’Homme, un honneur qui englobe aussi bien l’homme que la femme sans distinction aucune. ». Ce gros, très gros mensonge, qui contredit l’Histoire la plus élémentaire, est confirmé au § 7 : l’Islam « bannit toute idée ou attitude portant atteinte à la femme ou la privant de ses droits légitimes ». C’est comme si la polygamie, le droit de battre sa femme dès qu’on craint ses incartades et de la répudier sans en référer, au préalable, à un juge pouvaient être considérés comme des marques de respect à l’égard des femmes !

Avec un peu d’esprit, les rédacteurs de cette charte auraient pu étayer leur hypothèse de travail en rappelant que le prophète Mahomet, le meilleur interprète par sa pratique de l’égalité entre homme et femmes, en honorait jusqu’à 11 à la fois et qu’il nous a légué neuf veuves interdites de remariage : elles ont été élevées par le Coran au statut enviable de « mères des croyants »(4).

{{{2 – On ne peut rien construire sur le mensonge}}}

Et comme tout mensonge en appelle d’autres, le § 9 affirme ceci : « L’Islam respecte les droits de l’Homme et appelle à l’égalité entre les êtres humains ». Bonne nouvelle ! Selon la F.O.I.E., l’Islam a donc toujours proclamé l’égalité entre croyants et mécréants, entre musulmans et autres croyants. En toute logique cette fédération serait donc prête à accepter que l’Europe nous réserve, à nous musulmans d’ici, un statut équivalent à ceux des protégés (des dhimmis) en terre d’islam. L’Europe pourrait donc nous exempter ou nous exclure de tout service ou métier militaire. Nous serons obligatoirement les artisans de la paix : nous n’aurons jamais de cas de conscience, puisque sa gracieuse Majesté, la reine d’Angleterre, nous aura épargné d’affronter nos frères musulmans en Irak ou en Afghanistan.

George W. Bush, ne renierait certainement pas la formulation du § 10 de cette charte. Il y est question de guerre et du Bien qu’elle a toujours été censée garantir à l’humanité : « Le concept de Djihad, tel qu’il est mentionné dans les textes islamiques, définit l’effort à fournir dans la quête du Bien, … ». Tout le monde le conçoit aisément : c’est bien l’effort dans la voie du Bien qui a poussé mes ancêtres arabes et berbères jusqu’à Poitiers : il ne promettaient pas encore la démocratie, comme c’est la cas de Bush, mais, comme lui, ils étaient porteurs de « civilisation ». Ce fut aussi le cas pour les Turcs ottomans : leur Bonté les a poussés par deux fois jusqu’aux portes de Vienne. Le même cas a été réédité par les preux cavaliers Mongols qui ont mis fin à la dynastie abbasside de Bagdad. Ils fusionneront un peu plus tard avec d’autres peuples d’Asie centrale et puis continueront à razzier, la conscience tranquille, au nom d’Allah cette fois-ci. La civilisation mogole en est bien l’éclatante réussite. Elle a bien pu servir de justification à posteriori ; une fois que l’appât du gain , les massacres et le butin avaient été oubliés. Et c’est bien ce flambeau qui éclaire la voie de la civilisation, de la prospérité et du Bien, tout le monde en convient, que les Etats-Unis ont repris aujourd’hui, au cœur-même de Bagdad. Ils essaient vainement de nous faire oublier qu’il s’agit d’une poudrière, dont l’enjeu est constitué de champs pétrolifères.

Autrement dit, le Bien a toujours été du côté de ceux qui n’ont aucun scrupule à s’absoudre, à mentir tout en commençant leur discours par le célèbre « Au nom de Dieu » ou le terminent par le non moins célèbre « God bless America ! ». La F.O.I.E. ne conçoit donc de Djihad que pour le Bien de l’humanité. Bush ne conçoit de contre-Djihad que pour le Bien de l’humanité. Dans ce jeu de cache-cache macabre, c’est toujours le plus menteur et le plus intimidant des deux qui lèguera son fin mot à l’Histoire.

N’hésitons surtout pas à croire toutes ces déclarations et ces bonnes intentions ! Considérons ainsi, que cette fédération a donc fait amende honorable : qu’elle soit définitivement exonérée de condamner tout appel au Djihad, qu’il soit pure citation du Coran ou composition moderne prônant le combat armé pour prendre la place des différentes dynasties, royales et républicaines, bien installées actuellement en terre d’islam !

Le § 12 entérine, sans la démontrer, la compatibilité de l’alternance démocratique et de la consultation islamique (shûrâ). Il ne précise pas, par exemple, que la Loi islamique, en matière de libertés individuelles prime sur les libertés démocratiques, acquises de haute lutte : caricatures de Mahomet, critique du Coran, par exemple.

La deuxième petite moitié de la charte traite « {{De la présence de l’Islam dans la société}} »

Le § 14 rappelle aux musulmans vivant en Europe le devoir de non-discrimination entre eux et la fraternité qu’ils se doivent les uns aux autres. Non pas en vertu d’une quelconque loi de l’Union Européenne, mais dans le cadre communautaire « de l’union que prône l’islam », « des valeurs fondamentales et immuables de l’Islam ». Cette référence n’est nullement celle qui instaure une égalité entre tous les êtres, indépendamment de leur ethnie ou de leur croyance. Ce paragraphe revient donc, sans l’expliciter, à réactiver le concept de la oumma (« nation » de l’islam, communauté islamique) où les hérétiques n’ont pas droit de cité et aucun droit au respect : les « sectes » issues de l’islam comme les Alaouites, les Ahmadiyyas ou les Baha-ïs n’auront certainement aucune chance d’être intégrés à la communauté de la F.O.I.E.

Au § 15 on admet la possibilité de divergence entre musulmans, mais c’est pour s’empresser de faire référence à une mythique unanimité qui n’a jamais existé ; sauf pour exclure, chacun de son côté l’autre, considéré comme « hérétique » ou « mécréant ».

Sous le titre pompeux d’« {{Exigences de la citoyenneté}} » on s’attendrait vainement à ce que la F.O.I.E. nous demande des efforts, à nous musulmans d’Europe. L’optique sous-jacente est très simplement biaisée : l’Europe nous doit tout ! On n’est tout de même pas là pour que la citoyenneté exige de nous des changements et des efforts ! Autrement dit, nous sommes toujours les éternelles pauvres « Indigènes de la République » qu’ils faut laisser macérer dans leur couveuse, comme au bon vieux temps, lorsque la loi 1905 ignorait superbement que l’Islam faisait partie de l’Empire français.

Le § 17 explique que les musulmans ont le droit de faire du lobbying auprès des autorités, ce qui est une évidence et un acquis à l’honneur de la République et de l’Europe. La sécularisation n’est envisagée au § 18 qu’à sens unique : « la neutralité de l’Etat à l’égard du religieux ». On n’y considère que les droits des musulmans ; nullement leurs devoirs, sauf envers l’Islam : « Il est de leur droit de pratiquer leur culte et de se conformer aux règles de leur religion dans la vie quotidienne en ce qui concerne les prescriptions alimentaires et vestimentaires, entre autre ». Relevons que la liste n’est pas fermée et, qu’en toute logique, elle peut s’enrichir d’autres « exigences » de la citoyenneté.

Malgré tout, ce chapitre nous fait bien comprendre que la Fédération des Organisations Islamiques d’Europe ne remet jamais en question les prescriptions islamiques qui, quoi qu’elle en pense, nous enferment, nous musulmans et musulmanes, dans des ghettos culinaires, matri-vestimentaires et sépulcraux.

Ces organisations, fidèles à l’esprit archaïque, séparatiste et réactionnaire qui anime l’Islam très classique, font délibérément le choix des voiles. Elles ne nous dissimulent même plus la ségrégation dont elles sont les organisations-mères : la fonction première des voiles est de nous indiquer que la musulmane est « préservée », c’est à dire pré-réservée aux musulmans et aux convertis bien circoncis. C’est ainsi que la F.O.I.E. entend baliser nos ghettos matrimoniaux en usant d’un subterfuge, d’un euphémisme « vestimentaire ».

Ces organisations n’envisagent nullement de partager, ni la couche, ni le repas, ni la fête des sabreurs de champagne et des mangeurs de porc. Elles ne goûteront pas à la nourriture de ceux qui chérissent tous les produits du terroir et elles inviteront plutôt nos enfants, à faire table à part dans nos cantines scolaires. A moins que toutes les cantines ne finissent par adopter les produits « licites » du point de vue islamique (halâl), taxés au passage pour la bénédiction et la certification délivrée bien évidemment par des préposés musulmans. En un mot : la F.O.I.E. a la ferme intention de freiner et de limiter au maximum notre intégration par le partage confiant et à deux sens. Il sera tout à fait illusoire de songer à notre éventuelle assimilation.

Ne vous attendez surtout pas à ce que ces organisations nous appellent, nous musulmans de France, à nous faire enterrer en rang, à côté de nos voisins et concitoyens du cimetière communal qui, depuis 1881, n’est plus confessionnel. Pour cette fédération, la communauté primera toujours sur la citoyenneté et ce sont des carrés à part et à l’écart qu’elle nous réservera. En un mot, les organisations musulmanes qui adhèrent à la présente charte ne cherchent pas à nous éviter les ghettos que les interdits et prescriptions judéo-islamiques consolident et permettent de maintenir au fil des siècles, si ce n’est des millénaires.

Ce sont des interdits et des prescriptions qui n’hésitent pas à marquer les petits garçons dans leur chair, comme des agneaux devant porter la marque du troupeau, s’ils venaient à s’égarer. Ces interdits et prescriptions organisent et instituent un terrible contrôle social passant par l’estomac, par le bout du zizi, par le regard malsain porté sur le corps de notre douce moitié, s’il ne se permet pas carrément de l’exciser au sein de certains pays et ethnies.

Ce contrôle social, au nom de la religion, est donc à la charge des membres de la famille, soutenus et en même temps surveillés par le clan et par la communauté. Emmaillotés dans une chaleur filiale, la couveuse clanique et communautaire finit par étouffer notre désir d’émancipation et par gêner toute velléité d’une réelle ouverture, bilatérale et bidirectionnelle aux autres citoyens ; sans murs ni cloisons.

Il est donc temps de clarifier le débat au sein de notre nouvelle communauté humaine européenne et d’indiquer clairement que la Fédération des Organisations Islamiques d’Europe milite pour un vivre à côté, à part ou à l’écart, mais certainement pas pour un réel vivre-ensemble. Après une expérience historique et tragique vieille de plus de deux millénaires, il nous incombe d’avoir le courage, l’honnêteté et la lucidité pour dresser le constat d’échec que tout le monde connaît : les religions monothéistes à l’ancienne sont conçues avant tout pour « séparer le bon grain de l’ivraie », mais pas pour faire lien et encore moins pour faire société. A moins de confondre délibérément communauté et société.

Pour que le XXIe siècle offre un regain à l’humanisme et ne constitue pas une promesse de ghettos, derrière des murs religieux, il nous faut mettre à nu et dénoncer ce projet de la Fédération des Organisations Islamiques d’Europe. Il n’augure rien de bon puisqu’il considère que, nous musulmans, nous resterons recroquevillés sur des traditions d’un autre espace-temps. Ces traditions qui ont certes constitué notre gloire d’antan, mais qui ne sont en aucun cas adaptées à notre référentiel qui n’a rien à voir avec l’ancien monde clos, enrobé de sept cieux superposés(5).

{{{3 – Ouvrez-vous mais laissez-nous nous enfermer}}}

Le reste de la charte n’est rien d’autre qu’un appel aux organisations politiques européennes pour qu’elles fassent plus de place à des citoyens musulmans ; comme si nous n’étions, nous musulmans, que de simples compléments d’objet, jamais sujets, capables d’être placés devant des verbes actifs et transitifs. Autrement dit, la F.O.I.E. nous prend toujours pour des incapables ou des passifs !

Elle nous voit uniquement et toujours sur la défensive, cherchant à préserver notre identité, à sauvegarder notre personnalité (§ 20). C’est donc là le nœud du problème, le complexe pourrait-on dire, dont la F.O.I.E. ne veut pas se défaire pour préserver si ce n’est revivifier son antique façon de témoigner sa foi (martyrium en latin). Nous considérant uniquement comme une sorte de troupeau, victime des loups, cette fédération peut ainsi, tout bonnement, s’attribuer le rôle de la bergère et du bon pasteur.

Mais en réalité, cette fédération a de sacrés problèmes avec l’identité française et européenne qui n’est pas uniquement judéo-chrétienne, mais aussi gréco-romaine et païenne (du mot paysan). La F.O.I.E. n’a nullement l’intention de toucher là où ça nous fait mal ; d’oser crever notre abcès ancestral. Comme si elle avait peur de nous voir en mourir et, elle, d’en dépérir. Mais il faut comprendre ces organisations fédérées, trop attachées à un autre espace-temps : l’esthétique et l’éthique européennes leur lancent de réels défis qu’elles n’ont jamais su, mais surtout jamais voulu relever par manque de bonne foi.

Aucune éthique n’a pu être réellement développée en terre d’islam puisque nous y avons toujours manqué de liberté pour l’individu et d’égalité entre les êtres en tant qu’individus et en non pas uniquement en tant que masse informe constituant des clans, des tribus ou des communautés. Et c’est ainsi qu’une « morale » inégalitaire et coercitive, faite de restrictions et d’interdits, a fait office d’éthique, jamais profonde, ayant toujours besoin de contrainte permettant d’obtenir l’allégeance.

Quant à l’esthétique islamique, elle a dû souvent renoncer à la représentation des êtres dans toute leur beauté. Le nu divin des Vénus et Apollon est resté l’apanage, le domaine réservé à la création occidentale, même pour les odalisques bien orientales. Sur la scène publique, les musulmans n’ont donc eu droit qu’à l’abstraction très désincarnée. Quelques périodes bénies de transgression ont pu avoir lieu au contact des Byzantins et surtout à partir de la domination turco-mongole, inspirée par l’Asie centrale et par les arts de Chine. Cette période nous a légué de magnifiques miniatures persanes, trop longtemps réservées aux princes et princesses qui avait accès aux manuscrits les contenant. C’est grâce aux techniques occidentales de reproduction en masse, que nous avons pu enfin partager ce précieux patrimoine mondial de l’humanité.

{{{4 – Mais que devons-nous à l’Europe ?}}}

Les quatre derniers paragraphes, rassemblés sous le titre « l’apport de l’Islam à l’Europe », ne considèrent jamais nos relations avec l’Europe sous l’angle de l’échange fructueux à deux sens ni celui de la réciprocité : les auteurs de cette charte ne veulent en aucun cas considérer et devoir reconnaître notre réelle dette de musulmans envers l’Europe, depuis la Grèce jusqu’à aujourd’hui.

Il se peut que ces auteurs n’aient jamais digéré la révolution copernicienne et la façon dont Galilée a enterré la physique géocentrique d’Aristote, chère à son commentateur Averroès. Galilée qui a osé offrir une renaissance éclatante à la physique géométrique et expérimentale d’Archimède, premier contradicteur d’Aristote, ce bon logicien, mais piètre géomètre sur lequel le Moyen-âge judéo-islamo-chrétien avait tout misé.

Seulement, il faut nous comprendre ! : il nous est difficile, nous musulmans, de renoncer au monde clos du Moyen-âge dont nous connaissions toutes les alambiqués circonvolutions. Nous en étions les experts, aussi bien en astronomie qu’en géométrie. Allez à l’Institut du Monde Arabe, admirez donc tous nos astrolabes et flattez-nous ! Vous comprendrez bien que nous avons notre fierté et que nous devons tenir tête à cette Europe prétentieuse et conquérante qui, depuis Napoléon et Champollion, nous oblige à descendre de notre piédestal, à découvrir notre propre histoire que nous ne savions pas déchiffrer. Pourtant, le Coran nous a toujours expliqué que nous étions une communauté élue, dans la bonne lignée d’Abraham, que nous étions la « meilleure communauté donnée au monde »(6). Cette Europe ose nous inviter à rejoindre l’humanité sur un même pied d’égalité, logés à la même enseigne que ces milliards de mécréants, de négateurs d’Allah et de son prophète, de blasphémateurs, de caricaturistes, de Rushdie, Ratzinger et Redeker et même d’homosexuels et de dévergondés déclarés ! Mais c’est la fin du monde !

Il n’a donc pas suffi à l’Europe de nous détrôner : elle a d’abord démenti nos certitudes médiévales, dépecé notre Califat, découpé nos empires Ottoman, Perse et celui des Indes. Tous nos sultanats lui ont été soumis, de l’Atlantique jusqu’au fin fond du Pacifique.

Espère-t-elle aujourd’hui nous désillusionner définitivement !? Non mais ! Elle ne soupçonne certainement pas que nous disposons d’une têtue Fédération d’Organisations des Musulmans d’Europe, décidés à résister à tout progrès, prêts à en perdre et leur âme et leur crédibilité ?!

{{{5 – Et pourtant, c’est si simple d’être de bonne foi}}}

Nous autres musulmans d’Europe, nous pouvons mieux faire. Nous devons tout simplement assumer notre Histoire telle qu’elle est : avec ses gloires et ses lumières, mais aussi avec ses défaillances, ses obscurités et finalement sa faillite.

Pour devenir libres, nous devons d’abord nous libérer de nous-mêmes, de la tentation consistant à trafiquer l’Histoire. Ce n’est pas dans l’islam (ou Islam) classique que nous trouverons la Liberté et l’Egalité comme nous les chérissons aujourd’hui. La Fraternité ne peut être réservée aux seuls musulmans et aux gens du Livre, elle doit inclure les athées, les apostats et les blasphémateurs invétérés. Il n’y a que cette Fraternité-là qui mérite son nom et non pas celle qui nous enferme dans une famille, dans un clan ou dans une communauté de foi. La fraternité européenne et humaniste dépasse de loin celle de la charité dont l’islam (l’Islam) prive ses opposants.

Assumons-nous donc pour pouvoir enfin changer et adhérer aux réelles valeurs de l’Europe, sinon nous condamnerons nos enfants et petits-enfants à vivre à part ou à l’écart de cette belle Europe, en perpétuel conflit intérieur avec ce qui l’a constitué. Certes, ils pourront vivoter ainsi, mais ce n’est tout de même pas un avenir souhaitable. Ni pour eux ni pour l’Europe de demain.

{{{Appréciation générale}}}

{{ Je ne vous mentirai pas, mes chers coreligionnaires de la F.O.I.E. : vous pouvez et vous devez mieux faire !}}

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(1) Chronos, le Temps, ad-Dahr des Arabes, est le plus terrible des dieux : il en a avalé des dieux d’Occident et il n’épargne point ceux qui sont originaires d’Orient. Zeus a cru un moment échapper aux puissantes machoirs de son père, mais ce n’était que partie remise.

(2) Averroès, Discours décisif, traduction de Marc Geoffroy, introduction d’Alain de Libera, Flammarion, Paris 1996, § 18, page 119.

(3) – Ernest Renan – Averroès et l’averroïsme ; Maisonneuve & Larose, Paris 2002

(4) – Détails dans Ibn Hichâm : As-sîra an-nabawiyyah (Vie exemplaire du Prophète)
السيرة النبوية إبن هشام مؤسسة النور للمطبوعات بيروت لبنان 2004 الجزء الرابع الصفحات 181 – 188 : ذكر أزواجه (صلى الله عليه وسلم) أمهات المؤمنين

(5) Coran LXVII, 3

(6) Coran III, 110

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Annexe : texte intégral de la charte tel que reproduit par le site [rabita.ch->http://www.rabita.ch/index.php?option=com_content&task=view&id=13&Itemid=9]:

{{{CHARTE POUR LES MUSULMANS D’EUROPE}}}

Dès le début de l’année 2000, La Fédération des Organisations Islamiques d’Europe (FOIE) avait estimé qu’il est nécessaire de rédiger une Charte pour les musulmans d’Europe qui énonce des principes fondateurs à la bonne compréhension de l’Islam et explicite les bases de l’intégration des musulmans dans le cadre de la citoyenneté. « O hommes ! Nous vous avons crées d’un homme et d’une femme, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre connaissiez » (Le Saint Coran, Sourat 49, verset 13)
CHARTE POUR LES MUSULMANS D’EUROPE

{{PRÉSENTATION}}

Dès le début de l’année 2000, La Fédération des Organisations Islamiques d’Europe (FOIE) avait estimé qu’il est nécessaire de rédiger une Charte pour les musulmans d’Europe qui énonce des principes fondateurs à la bonne compréhension de l’Islam et explicite les bases de l’intégration des musulmans dans le cadre de la citoyenneté.

La FOIE a alors chargé une commission de préparer un projet de Charte qui a été par la suite discuté dans les différentes instances dirigeantes de la FOIE. Puis, en janvier 2002, à Bruxelles, le projet fut présenté lors d’une réunion plénière, aux délégués de très nombreuses organisations musulmanes européennes.

Après de fructueuses discussions et la prise en compte des amendements et suggestions, la version finale actuelle fut adoptée et signée par des institutions musulmanes dans 28 pays européens. (Voir annexe)

L’adoption et la signature de cette Charte demeurent ouverts à toute autre institution qui décide d’y adhérer.

{{PREAMBULE}}

La présente charte précise un certain nombre de principes fondateurs à la bonne compréhension de l’Islam dans le contexte européen. Aussi, se propose-t-elle, de consolider les bases d’un échange positif dans la société.

Cette charte s’appuie, notamment, sur :
- L’apport de l’Islam dans l’enrichissement de la civilisation européenne et la présence séculaire de musulmans de souche européenne – plus particulièrement à l’Est de l’Europe – en plus de la présence musulmane contemporaine.
- La nécessité de consolider une citoyenneté fondée sur la justice, l’égalité des droits et la reconnaissance aux musulmans du statut de communauté religieuse européenne.
- Le nécessaire rapprochement entre les musulmans d’Europe afin d’accompagner et de soutenir l’élargissement et le développement de l’Union Européenne
- La consolidation des valeurs d’entente, de paix et de bien-être social, et le renforcement des valeurs de modération, de dialogue et d’échange entre les peuples et les civilisations loin de tout extrémisme et de toute marginalisation..
- La place importante de l’Islam dans le monde et son potentiel humain, spirituel et civilisateur nécessitent davantage de coopération et de rapprochement entre le Monde musulman l’Occident en général, et l’Europe en particulier afin de promouvoir la justice et la paix dans le monde.

Ces considérations ont conduit les institutions musulmanes européennes à élaborer cette charte en vue de soutenir le rôle utile des musulmans en Europe et d’établir des liens constructifs avec le Monde musulman.

{{DE LA COMPREHENSION DE L’ISLAM}}

1. Notre compréhension de l’Islam se réfère à de principales règles immuables issues des sources authentiques de l’Islam : le Saint Coran et la Sunna (tradition du Prophète), compréhension s’inscrivant dans une acceptation consensuelle et prenant en considération l’environnement contemporain et les spécificités de la réalité européenne.

2. La compréhension qui exprime l’essence même de l’Islam est celle qui consiste à choisir le juste milieu dans le cadre des objectifs universels de cette religion. Un juste milieu qui bannit l’excès et le laxisme, qui concilie la guidance divine avec les lumières de la raison, qui respecte le juste équilibre entre le besoin matériel et le besoin spirituel de l’Homme et qui conçoit la vie comme une harmonie entre la recherche de l’au-delà et le bien être d’ici-bas.

3. L’Islam, de par ses principes, règles et valeurs, s’articule autour de trois domaines :
- Le dogme (al ;aqidah) et ses six piliers : croire en Dieu, en Ses Anges, Ses Livres, Ses Messagers, au Jour dernier et au Destin.
- La législation (la Charia) qui concerne aussi bien le culte que les actes de la vie courante.
- Les règles morales qui définissent la voie du Bien.

Ces trois domaines, liés et complémentaires, visent à favoriser ce qui est profitable à l’Homme et à repousser ce qui lui est nuisible à titre individuel et collectif.

4. Parmi les caractéristiques générales de l’Islam : sa considération de la dimension humaine, sa souplesse législative et son respect de la diversité des êtres humains.

5. L’Islam honore l’Homme, un honneur qui englobe aussi bien l’homme que la femme sans distinction aucune. Cela exige sa protection contre tout ce qui peut porter atteinte à sa vie, à sa dignité, nuire à ses facultés mentales, attenter à sa santé ou exploiter sa vulnérabilité et sa faiblesse pour le priver de ses droits ou l’agresser.

6. L’Islam accorde une importance particulière à la dimension sociale et prône compassion, entraide, solidarité et fraternité. Toutes ces valeurs s’appliquent en particulier aux droits des parents, des proches et des voisins. Elles s’appliquent également aux droits des pauvres, des nécessiteux, des malades et des personnes âgées sans distinctions de leurs croyances et de leurs origines.

7. L’Islam, dans le cadre de la dignité humaine et du respect mutuel, appelle à l’égalité entre l’homme et la femme. Il considère que la vie équilibrée se construit sur la complémentarité et l’harmonie entre eux. Il bannit toute idée ou attitude portant atteinte à la femme ou la privant de ses droits légitimes, quelles qu’en soient les justifications se référant à certaines traditions, us et coutumes. L’Islam reconnaît à la femme son rôle indispensable dans la société et s’oppose à son exploitation et à toute approche la réduisant à un simple objet de plaisir.

8. L’Islam considère que la famille, unie et bâtie sur les liens du mariage entre l’homme et la femme, est le berceau naturel dans lequel seront élevées les générations futures. Elle est aussi la condition indispensable au bonheur de l’Homme et à la stabilité de la société. Aussi, l’Islam insiste-t-il sur la nécessité de prendre toutes les dispositions afin de consolider l’édifice familial et le préserver de ce qui pourrait l’affaiblir ou marginaliser son rôle.

9. L’Islam respecte les droits de l’Homme et appelle à l’égalité entre les êtres humains. Il combat toutes les formes de discrimination raciale, proclame la liberté, condamne la contrainte en religion et laisse à l’individu le libre choix de ses croyances. Il recommande cependant, dans sa vision équilibrée, que cette liberté obéisse aux valeurs morales afin d’éviter les atteintes à l’intégrité personnelle ou d’autrui.

10. L’Islam appelle les hommes à se connaître et à œuvrer pour le dialogue et la coopération entre les peuples et les nations, afin d’assurer la stabilité et garantir la paix dans le monde. Le concept de Djihad, tel qu’il est mentionné dans les textes islamiques, définit l’effort à fournir dans la quête du Bien, à commencer par l’effort sur soi-même jusqu’à la promotion de l’équité et la de justice entre les hommes.
L’acception du Djihad, en tant que combat armé, doit être comprise comme l’ultime recours auquel peut faire appel un Etat souverain pour se défendre légitimement contre toute agression armée. Ce que prévoit l’Islam dans ce cas, n’est nullement différent du droit international.
En vertu de quoi, l’Islam refuse la violence et le terrorisme, soutient les causes justes et reconnaît aux hommes la légitimité de défendre leurs droits par les voies légales loin de toute partialité et de toute injustice.

11. L’Islam appelle le musulman à l’honnêteté et au respect de ses engagements. Il lui interdit la trahison et la tromperie. Il lui ordonne l’excellence et le respect dans ses rapports avec autrui ainsi qu’avec toutes les autres créatures.

12. Compte tenu des vertus de la concertation (al shoura) et considérant les acquis de l’expérience humaine dans les domaines de l’action politique, législative et constitutionnelle, l’Islam reconnaît les principes du système démocratique fondé sur la liberté de choisir ses institutions politiques et sur le respect du pluralisme et de l’alternance pacifique du pouvoir.

13. L’Islam appelle l’Homme à l’exploitation responsable du patrimoine naturel qui lui a été donné, dans le respect de l’environnement et le devoir de le protéger de la pollution, de la dégradation et de tout ce qui pourrait rompre l’équilibre naturel. Il recommande aussi de sauvegarder les ressources naturelles, insiste sur la protection des animaux et interdit le gaspillage et la dilapidation des richesses.

{{DE LA PRÉSENCE DE L’ISLAM DANS LA SOCIÉTÉ}}

Fondements des rapports entre musulmans
14. Les musulmans vivant en Europe, par de là leurs différences ethniques et culturelles, et la diversité de leurs rites et leurs appartenances aux différentes écoles jurisprudentielles, constituent, dans le cadre des valeurs fondamentales immuables de l’Islam, une entité unie dans la fraternité islamique. Ils sont également liés, dans chaque pays européen, par leur appartenance à la même entité nationale. Toute discrimination ethnique entre eux est une entorse aux valeurs de l’union que prône l’Islam.

15. Considérant les principes fondamentaux de l’Islam et les intérêts qu’ils ont en commun, les musulmans d’Europe sont appelés à œuvrer pour se rencontrer, s’entraider et coordonner les efforts de leurs institutions et leurs organisations.
Ceci n’interdit nullement particularismes et diversités, tant que ces différences restent conformes aux principes immuables de l’Islam et demeurent dans le cadre de la foi et des règles islamiques unanimement admises.

16. Tout en vivant leur appartenance aux différents pays européens et tout en accordant la primauté aux exigences de la citoyenneté, les musulmans d’Europe sauvegardent leur lien de fraternité avec tous les musulmans. Il s’agit d’un lien qui s’inscrit dans le cadre des relations naturelles entre membres d’une même communauté.

{{Exigences de la citoyenneté}}

17. Les musulmans d’Europe respectent les lois et les autorités compétentes chargées de les appliquer. Ceci ne les empêche pas, dans le cadre de ce qui est garanti à tous les citoyens, de défendre leurs droits et d’exprimer leur opinion et leur position, individuellement ou collectivement.
Ce droit à l’expression concerne aussi bien les problèmes spécifiques à la communauté musulmane que ceux communs à tous les citoyens. Lorsque les lois en vigueur s’opposent éventuellement aux pratiques et règles islamiques, les musulmans sont en droit de s’adresser aux autorités pour expliquer leurs points de vue et exprimer leurs besoins et ce, dans le but de trouver les solutions les plus adaptées.

18. Les musulmans respectent le principe de sécularisation fondé sur la neutralité de l’Etat à l’égard du religieux. Ceci implique un traitement équitable avec toutes les religions et garantit aux fidèles d’exprimer leurs convictions et de pratiquer leur culte, individuellement et collectivement, en privé et en public, conformément aux dispositions des droits de l’Homme et des conventions en Europe et à travers le monde. De ce fait, il est du droit des musulmans d’Europe en tant que communauté, de construire leurs mosquées et leurs propres institutions cultuelles, éducatives et sociales. Il est aussi de leur droit de pratiquer leur culte et de se conformer aux règles de leur religion dans leur vie quotidienne en ce qui concerne les prescriptions alimentaires et vestimentaires entre autre.

19. Les musulmans d’Europe en tant que citoyens européens considèrent qu’il est de leur devoir d’œuvrer pour l’intérêt général. Ils considèrent que l’exigence d’assumer leurs devoirs de citoyens est aussi importante que celle qui consiste à défendre leurs droits. Ils considèrent enfin, que la compréhension authentique de l’Islam exige du musulman d’être un citoyen actif, productif et utile à la société.

20. Les musulmans en Europe sont appelés à s’intégrer de manière positive dans leurs sociétés respectives, sur les bases d’un équilibre harmonieux entre la préservation de leur identité musulmane et leurs devoirs de citoyens. Toute intégration qui dénie aux musulmans le droit de sauvegarder leur personnalité et d’exercer leur culte, ne sert en vérité, ni les intérêts des musulmans, ni ceux des sociétés européennes auxquelles ils appartiennent.

21. Les musulmans d’Europe sont appelés à adhérer à la vie politique générale de leurs pays en tant que citoyens actifs. La citoyenneté véritable implique en effet l’engagement politique, à commencer par l’exercice du droit de vote en passant par la participation aux institutions politiques. Ceci serait facilité si ces institutions s’ouvraient davantage à l’ensemble des membres et catégories de la société, une ouverture qui prend en compte toutes les compétences et les idées.

22. Les musulmans en Europe vivant dans des sociétés où coexistent diverses convictions religieuses et philosophiques, confirment leur respect pour cette pluralité. Ils considèrent que l’Islam reconnaît le droit à la diversité et à la différence, et ne cherche nullement à les restreindre. Tout au contraire, il appelle à la connaissance mutuelle, à la coopération et à la complémentarité entre les membres de la même société.

{{L’apport de l’Islam en Europe}}

23. L’Islam, par ses principes humanistes universels, adhère au rapprochement entre les hommes qui respecte les droits des peuples et leurs particularismes et se conforme aux règles de justice dans les échanges et la coopération entre les hommes, loin de toute idée de domination et d’exploitation. Partant de ces principes, les musulmans en Europe considèrent qu’il est de leur devoir de participer à la consolidation des relations entre l’Europe et le Monde musulman. Cela exige de se libérer des préjugés et des images négatives qui se dressent entre l’Islam et l’Occident afin de construire des liens de rapprochement entre les peuples, et d’édifier des passerelles d’échanges fructueux entre les civilisations.

24. L’Islam, par les valeurs humaines qu’il porte et les expériences civilisatrices dont il est riche, peut à travers la présence musulmane en Europe participer à la consolidation de la place des valeurs utiles aux sociétés contemporaines telles que la justice, la liberté, la fraternité, l’égalité et la solidarité. Il accorde la primauté à la dimension humaine et morale dans le domaine social et celui du progrès scientifique, technique et économique. Cette participation ne peut être que bénéfique et enrichissante pour l’ensemble de la société.

25. La présence musulmane en Europe représente un élément important dans l’établissement des liens de cohabitation et d’échange entre les différentes religions et croyances, et ce, à travers, la promotion du dialogue interreligieux et intellectuel. L’Islam appelle à ce dialogue et l’encourage afin de préserver la paix dans le monde.

26. Les musulmans en Europe, par leur patrimoine religieux et leur présence dans les différents pays européens, constituent un facteur de consolidation aux efforts de rapprochement au sein de l’Union Européenne. Ceci fera de l’Europe un pôle important de civilisation, capable – grâce à sa richesse et à sa diversité religieuse et culturelle – de jouer un rôle déterminant pour assurer l’équilibre dans le monde.

« O hommes ! Nous vous avons crées d’un homme et d’une femme, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre connaissiez » (Le Saint Coran, Sourat 49, verset 13)

Dernière mise à jour de la charte : ( 25-03-2007 )

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Vivre ensemble aujourd’hui à Sèvres, Meudon, Ville d’Avray, Chaville

A l’initiative de l’association « Dialogue Juifs, Chrétiens, Musulmans »,
ouverte aussi à toutes les autres sensibilités non croyantes, dont le but est de promouvoir et favoriser la rencontre et le dialogue entre toutes personnes de différentes cultures, en particulier juive, chrétienne et musulmane, pour une meilleure connaissance mutuelle, dans un esprit de fraternité.

L’exposition « Al-Andalus, héritage oublié?  » permet de retrouver le moment de l’histoire de l’Espagne médiévale, de l’Espagne musulmane, de l’Espagne des trois cultures qui a très fortement marqué l’évolution de la science et de la pensée européenne au Moyen Age, véritable trait d’union entre l’antiquité et la renaissance, entre l’Orient et l’Occident.

L’exposition se prolonge par une 5ème partie :
Aujourd’hui, que signifie pour nous vivre ensemble à Sèvres, Meudon, Chaville, Ville d’Avray… ? ». Des habitants de nos villes, des femmes, des jeunes ont apporté leurs pierres à l’exposition.

Des évènements :
- Jeudi 27 mars 19h au Sel: Inauguration
- Samedi 29 mars 18h rotonde du Sel: Soirée contes
- Mardi 1er avril 21h au Sel : Ciné-débat Film d’Amos Gitai en avant première: « Désengagement » présenté par la coscénariste
- Jeudi 3 avril 20h30 au CIEP Table ronde avec le directeur de l’IESR sur le Vivre ensemble hier et aujourd’hui,
- Dimanche 6 avril après-midi au Sel : Art de vivre
et à 16h30 : musique arabo andalouse par l’ensemble El Mawsili

Soutenu par :

….La mairie de Sèvres
….Le Sel : Sèvres, Espace, Loisirs
….Le Centre international d’études pédagogiques
….Les Conteurs de Sèvres

Pour en savoir plus, consulter le blog : [http://dialogue-jxm.blogspot.com->http://dialogue-jxm.blogspot.com]
et le site du SEL : [http://www.sel-sevres.org/->http://www.sel-sevres.org/]

Contact Association « Dialogue Juifs, Chrétiens, Musulmans »
Dialogue-jcm À free.fr
Tel : 01.46.26.30.87

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En solidarité avec les caricaturistes danois

En solidarité avec les caricaturistes danois, je publie leurs caricatures y compris la plus célèbre d’entre elles : celle de Mahomet avec mèche et bombette sur la tête.

J’ai déjà expliqué que cette caricature bien dessinée n’est même pas une caricature et TOUT le monde le sait : mon prophète, Mahomet, a bel et bien conquis toute l’Arabie, de son vivant, grâce au jihad fî sabîl l-lâhi : le jihad dans la voie de Dieu, sabre en main, et non pas en faisant des prêches paisibles sur la place des marchés, en se déplaçant de souk en souk.

Ses Califes, c’est à dire Successeurs, jusqu’aux Turcs Ottomans en ont fait de même !

Je n’ai donc pas honte de mon Histoire et du Grand Empire qu’elle m’a légué : je l’assume pour pouvoir enfin la dépasser.

Ceux qui veulent nous faire croire que le jihad aurait été inventé par les islamistes, les intégristes, les talibans ou Ben Laden, ne sont que faux-culs hypocrites. A moins qu’ils ne soient de réels distributeurs d’opium et de somnifères.

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Dalil Boubakeur ou la docilité bien récompensée

Dalil Boubakeur porte bien son prénom, puisque Dalil veut dire « Docile ». La bonhomie, qui n’est en fait que bonne bouille, réussit très bien à notre président du Conseil Français du Culte Musulman et recteur, de père en fils, de la Grande Mosquée de Paris. Sur instruction de l’ancien Ministre des cultes dénommé Sarkozy, « Docile » a été imposé, par deux fois, comme président du CFCM. Et c’est par la grâce de notre Grand Chanoine National dénommé Sarkozy que le même « Docile » vient d’être fait commandeur de l’Ordre National du Mérite. N’est-elle pas belle, la Républicaine phaléristique qui récompense les copains pour les services rendus ?!

Pourtant, par deux fois, la fédération musulmane {{ {Grande Mosquée de Paris} }} affidée à notre « Docile » n’était nullement la mieux placée à l’issue des deux « élections » organisées par les mosquées sous l’égide du Ministère de l’intérieur.

Ainsi, M. Boubakeur ne bénéficie pas seulement du soutien financier de l’Algérie, des subsides de la Mairie de Paris pour rénover sa Mosquée, de la nomination à la tête de la Fondation des œuvres islamiques, il est aussi au faîte de la héraldique française actuelle !

Quel service a-t-il pu rendre à la nation ou à ses amis ?

Je crois que son plus grand mérite est celui d’avoir compris ce dont la France raffole et se nourrit au quotidien : des calmants et des somnifères. En médecin averti, il a toujours su calmer nos angoisses. Sa mine de grand enfant bien portant y a amplement contribué. Son sourire rayonnant la santé a été bien enjôleur et trompeur !

L’ondoyant recteur a su tromper même les plus avertis des experts. Voici ce qu’en dit une notice biographique donnée par Bernard Godard et Sylvie Taussig dans leur ouvrage de référence « Les musulmans en France » publié il y a juste un an chez Robert Laffont (p. 258) : « …il réussit le double tour de force d’établir une relation équilibrée avec les autorités algériennes, principal commanditaire de la Mosquée de Paris, et de rassurer les autorités françaises sur la solidité de son patriotisme. … De conviction laïque bien enracinée… »

Et de fait, on ne peut qu’être subjugué par sa déposition, par exemple, devant la commission parlementaire présidée par Jean-Louis Debré dont l’objet était justement la laïcité à l’école. Ses paroles justes et très fortes rapportées de la p. 413 à la 424 du rapport n° 1275, tome 2, m’avaient, en son temps, convaincu qu’on avait affaire à un plus républicain que la République.

Je dois avouer que, jusqu’à l’annonce de la plainte soutenue par sa Mosquée contre Charlie Hebdo, j’avais toujours pensé que « Docile » était un « modéré », le meilleur défenseur des valeurs républicaines face aux frérots de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) ou blédards de la FMNF (Fédération Nationale des Musulmans de France) soumis à la monarchie du Maroc ; se prosternant devant toutes ses instructions. Monarchie qui ne pousse nullement à l’assimilation harmonieuse en France, mais plutôt au maintien coûte que coûte de liens forts avec la « patrie » afin que la « vache émigrée » fournisse toujours plus de lait.

Pourtant, à deux occasions, j’aurais dû me douter de quelque chose chez notre ami « Docile » :

1 – En décembre 2004, Michèle Vianès a été écartée, dans des conditions restées floues, comme intervenante d’une conférence à Chambery portant sur l’enseignement du fait religieux, la laïcité et l’islam. Dans cette manifestation, la Mosquée de Paris était trop impliquée pour donner la parole à une féministe et une vraie laïque engagée. Mon intervention à côté de Dalil Boubakeur m’a aussi confirmé qu’il était un diplomate sans aucune colonne vertébrale : j’ai démontré, séance tenante, le contraire de son discours sur Averroès, mais il a trouvé tout de même les mots pour me féliciter et me gratifier d’abondants « Cher ami Pascal ».

2 – Bien des années auparavant, en pleine crise de fièvre aphteuse, qui touchait aussi les ovins, je lui avais écrit et proposé d’inciter les musulmans, en tant que Recteur très relayé par les médias, à ne plus sacrifier de moutons et d’en profiter pour sacrifier pour l’humanitaire. Il m’avait répondu que « ma proposition était fort intéressante et que la Mosquée de Paris allait étudier la question ». Parole de diplomate que j’aurais dû lire ainsi : « Dans tes rêves ! »

On peut donc se demander avec Stéphane Arlen (1), pourquoi donc Sarkozy choisit de faire commandeur de l’Ordre du Mérite un religieux qui a osé demander rien de moins qu’« un moratoire de dix à vingt ans sur la loi de 1905 » ? Ne manquant pas d’air, il a affirmé que cela donnerait « une respiration à l’islam de France ».

Comme si le commerce de la viande halal ne rapportait pas assez d’argent aux différentes fédérations musulmanes, comme si les musulmans en France n’avaient pas les moyens de se payer chaque année des pèlerinages coûteux et hasardeux, comme si ces mêmes musulmans ne contribuaient pas à ériger des mosquées y compris dans leurs pays d’origine, comme si ces pays d’origine ne fournissaient pas assez de subsides aux associations qui leur sont affidées, comme si l’Arabie Saoudite et les Emirats ne donnaient pas assez de pétrodollars, comme si nous étions toujours li pôv pitis misilmans …

Je crois que le réel et vrai mérite de « Docile » a été de nous dire tout haut ce que Sarkozy lui suggérait tout bas : contribuer à torpiller les fondements de la laïcité et revenir à une sorte de concordat où l’islam sert de prétexte et de fer de lance. Le modèle de l’Alsace-Moselle risque d’être généralisé pour que la France s’aligne sur le statut réservé aux religions chez nos voisins européens.

Le nivellement par le bas : voilà peut être la vraie rupture envisagée par notre Chanoine national qui mise sur une distribution généralisée de calmants et somnifères constitués d’espérance eschatologique en place et lieu de travail stable et d’amélioration du pouvoir d’achat ! Et là, notre ami « Docile » s’est montré très compétent : il a été un très bon distributeur de somnifères jusqu’au jour où il nous a annoncé, bonne gifle à l’appui, que la France devra passer à la caisse pour combler le trou qu’a certainement creusé sa fondation ; toujours à notre insu.

{Pascal Hilout}

[Initiateur du nouvel islam en France->http://nouvel-islam.org]
———-
(1) Stéphane ARLEN : [« Scandale : Boubakeur nommé Commandeur à l'Ordre national du mérite »->http://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=1681]

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Votre serviteur serait un « derviche tourneur de l’ignorance »

M. Sifoui revient à la charge et se dévoile un peu plus.

La semaine dernière, il a commencé par vilipender les positions de Riposte Laïque au sujet d’Ayaan Hirsi Ali. Le rédacteur en chef et moi-même, lui avons répondu de façon amicale et circonstanciée, preuves et citations à l’appui :

- [ Réponse amicale à un texte surprenant de Mohamed Sifaoui->http://www.ripostelaique.com/Reponse-amicale-a-un-texte.html]

- [ Monsieur Sifaoui, vous avez très bien compris->http://www.ripostelaique.com/Monsieur-Sifaoui-vous-avez-tres.html]

- [ Analyse d'un texte de M. Sifaoui->http://nouvel-islam.org/spip.php?article121]

Comme vous pouvez le vérifier, j’ai donc pris la peine de citer M. Sifaoui {{in extenso}} pour décortiquer son discours et je lui ai fait part de cette dernière page web où je :

1 – le félicitais là où il le méritait,

2 – démontrais son erreur de logique : il ne discerne pas entre croyants, dignes de respect, ET leur croyance islamique qui n’a aucun respect pour la dignité humaine et surtout pas pour celle des femmes. Autrement dit, l’émancipation des musulmans passe par la remise en question des fondamentaux de l’islam. C’est ce que font tous les progressistes en pays d’islam,

3 – relevais sa crise de jalousie vis à vis d’Ayaan Hirsi Ali.

{{Et c’est exactement dans ce troisième point que réside le COMPLEXE de M. Sifaoui. Je vais essayer de l’amener à en prendre conscience. Monsieur Sifaoui a raison d’avoir peur que son propre discours n’ait plus cours !}}

Ayaan Hirsi Ali risque en effet de lui voler la vedette en ouvrant les yeux aux Français pour qu’ils mènent, enfin !, le combat sur deux fronts. Mieux encore, elle le fait : elle mène non seulement le premier combat qui lui est commun avec M. Sifaoui, contre les extrémistes, mais aussi {{contre les prescriptions foncièrement inégalitaires et liberticides de l’islam en tant que religion}}.

Or M. Sifaoui a un fond de commerce qui ne commercialise pas ce dernier produit. Il sait donc qu’il est un peu dépassé, autant que Ségolène et tous ceux qui continuent de se voiler la face et de prendre des somnifères, tout en en distribuant autour d’eux.

Mme Hirsi Ali ne cantonne pas son combat aux seuls feux de diversion allumés par les islamistes. {{Elle désigne l’abcès multi-séculaire de l’islam et ose mettre le doigt dessus ! Et ça, ça fait très mal !}}

C’est bien là que réside l’erreur tactique et stratégique de notre ami Sifaoui et de tous les régimes arabo-musulmans depuis des décennies si ce n’est des siècles. Ils ne veulent surtout pas viser et puis toucher au cœur de cible, au noyau dur de l’islam=Coran+Mahomet, celui-là même qui est malade et qui rend malades tous les musulmans. Et ceux qui sont amenés à les côtoyer aussi !

Qui n’a pas subi les cris de douleur et les vociférations au micro de M. Sifaoui, lorsqu’il nous a exprimé sa profonde douleur ; à Montreuil par exemple ?!

Je vous avoue que j’ai été bouleversé par son témoignage poignant. Sa profonde blessure est mienne, en tant qu’être humain, mais aussi parce que j’ai hérité du même islam que lui.

Je me dois donc de le déciler et de lui indiquer la source profonde de notre blessure et ne pas me cantonner à ressasser les diagnostics erronés, tronqués et lâches dont on nous a bercés de tout temps, au Maroc, en Algérie et aujourd’hui en France : dormez braves enfants musulmans, ce n’est pas l’islam qui mène à l’islamisme !

Jeune, on m’a eu ; vieux on ne me la fait plus ! Les « révolutions » et le progressisme à la noix, j’ai donné dès le début des années 1970. J’ai échappé de justesse aux cachots de Hassan II. Mais ma personne est futile dans ce débat. La question est celle des thèses de Sifaoui vesus celles de Hirsi Ali.

M. Sifaoui, contrairement à Ayaan, veut se limiter à son respectable « combat contre les islamistes », lequel combat fournit un bel alibi et même une légitimité renouvelée à bien des régimes corrompus : du Maroc à l’Indonésie en passant par l’Algérie et l’Arabie. En Irak et en Afghanistan, Bush s’y est mis aussi ! Avec le succès que l’on connaît.

Tout ce beau monde se bat bien sûr contre l’extrémisme. Ah la belle affaire ! Mais ni M. Sifoui, ni ces régimes ne répondront à la question que j’ai posée la semaine dernière à ce même ami-contradicteur : Mahomet, dans sa conquête de l’Arabie, sabre en main, et ses califes (successeurs) qui m’ont légué, à moi le musulman et à lui aussi, un vaste Empire ottoman, étaient-ils islamistes ou simplement intégristes ?

En entendant cette question qui le décoiffe, le dévoile et l’arrache à son profond someil, M. Sifaoui prend un cachet de somnifères d’une boîte sur laquelle il avait écrit cette indication : « {l’Eglise a fait pire !} ».

Or, juste à côté de cette boîte, il y avait le médicament que je lui avais prescrit, ainsi qu’à tous mes coreligionnaires atteints de la même amnésie maladive et très sélective. Par dessus j’avais écrit : « {Les enfants de l’Eglise lui ont réglé ses comptes et ont pris en charge leurs propres bêtises. Il s’agit aujourd’hui de te guérir de tes insomnies, mon cher ami ! »}

Cette semaine donc, M. Sifaoui persiste et signe ([Se battre pour la "laïcité à la française" ? Oui ! Mais avec qui ? Et Comment ?->http://www.mohamed-sifaoui.com/article-17055988.html]). Il fait toujours semblant de se tromper de médicament. Il ne cite pas un seul mot de ce qu’il reproche à ses amis-soignants. Ces affreux innommables qui lui prescrivent des pilules trop amères et lui recommandent d’avaler des couleuvres, de les digérer pour s’en débarasser définitivement.

Quelle ingratitude ! Ils n’ont même pas droit à la citation dans son blog. Par contre, courageux comme il est, il a osé écrire ceci :

«{ {{ J’ai cru comprendre que notre ami Pierre Cassen du site « Riposte laïque » a été vexé par ma précédente sortie. Qu’il en excuse ma franchise. Mais tout de même, ouvrir son site, sous prétexte du débat démocratique, à un derviche-tourneur de l’ignorance qui ne sait faire autre chose que déverser sa haine pathologique de l’islam en usant de « démonstrations mathématiques » qui prêteraient à rire en d’autres circonstances me pousse à me poser effectivement quelques questions. Comment l’athée, le laïque et le militant sincère Pierre Cassen peut-il accepter d’être flanqué d’un lieutenant qui non seulement ne possède aucun bagage théologique ni légitimité qui serait puisée dans un long parcours militant, comment notre ami dont nous connaissons la ténacité peut-il, dis-je, accepter d’être flanqué justement d’un nouveau prophète qui nous propose un « nouvel islam » alors que nous n’avons pas encore réglé la question de l’ancien ?}} }»

Mes équations (et inégalités) que M. Sifaoui n’a certainement pas digérées et qu’il ne cite pas sont certainement celles-ci (voir mon article de la semaine dernière dans Riposte Laïque) :

« { {{Ce sont bel et bien les prescriptions religieuses qui sont la source de nos ennuis et de vos ennuis M. Sifaoui. Je n’ai pas à vous démontrer que c’est saint Paul et le Coran qui assignent aux femmes une position subalterne et prescrivent le voilement. Vous n’ignorez point que, même si vous étiez Tunisien, vous auriez eu droit à 2/3 de l’héritage de vos parents. Votre sœur, conformément aux prescriptions du Coran, n’aurait eu droit qu’à 1/3. Si la Tunisie a fait tant de progrès sur la condition des femmes et qu’elle bute toujours sur cette répartition d’une injustice mesurable, c’est parce que le coran le dit et qu’on ne s’amuse pas avec le partage voulu par Dieu, même s’il est très mal proportionné.
C’est bien l’islam=M+C qui rend malades tous ses enfants. Il vous faudra bien vous accommoder de ce diagnostic si simple à énoncer.}} } »

Monsieur Sifaoui,

Tout en rigolant de mes équations vous pouvez démontrer que 2/3 = 1/3. Et lorsque vous l’aurez fait, vous reviendrez me voir et je vous apprendrais le b-a-ba de la théologie (science de Dieu) résumée par une correction et amélioration que j’ai publiquement et officiellement apportée au Coran :

{{{ويــمــكــرون ولا يــمــكــر الــله والــلــه خــيــر مــن الــمــاكــريــن}}}

{{Théologie actuelle du Coran}} : Ils (les mécréants) complotent et Dieu complote : Dieu est le meilleur des comploteurs.

{{Ma nouvelle théologie}} : Ils (les mécréants) complotent et Dieu ne complote pas : Dieu est meilleur que les comploteurs

C’est nouveau et ça n’a rien à voir avec la théologie qui a peu de respect pour les vivants pour n’en avoir que pour les gisants et les puissants.

{{Réveillez-vous, cher ami, les temps ont changé : Ayaan Hirsi Ali a ouvert une boutique, dans votre bazar islamique, face à la votre. Elle offre plus de produits que vous !

Vous aussi, vous êtes victime de la dure loi du libéralisme américano-sarkozyen et je vous plains !

Il est vrai qu’Ayaan est une féroce et redoutable concurrente. Sans foi ni loi. Il va vous falloir offrir plus pour gagner plus !

Ne vous consolez surtout pas en répétant encore une fois « qu’elle est ignorante de la théologie ». Cet argument n’a plus aucune valeur sur notre marché commun européen. Sachez que la théologie islamique est bel et bien « has been », hors circuit. Elle est morte de sa belle mort et il vous faudra en faire le deuil.

Elle n’a plus cours qu’aux confins du désert arabique et là, je le sais, vous êtes interdit de séjour}}

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La France et l’Algérie : leur égalité n’est pas encore au rendez-vous

Même si l’Algérie [[Et l'Afrique du Nord par ailleurs]] a théoriquement conquis sa liberté depuis pratiquement un demi de siècle, dans la pratique, le dialogue et le traitement d’égale à égale entre la France et l’Algérie ne sont pas encore au rendez-vous.

Pourquoi donc ? L’Algérie serait-elle toujours colonisée ? Et si oui, de quelle subtile manière ?

Il va de soi que ce sont bel et bien des Algériens qui gouvernent l’Algérie ; même si d’aucuns pourraient facilement vous expliquer que le néocolonialisme détiendra toujours tous les pouvoirs. Pauvres combattants pour la « libération » ! Ils sont finalement morts pour rien. Les nostalgiques de la colonisation pourraient, avec autant de facilité, vous expliquer que c’était beaucoup mieux avant et puis soupirer avec dépit : « Ah le bon vieux temps ! ».

Mais la dure réalité du quotidien, vérifiable par tout un chacun, est beaucoup plus basique que ces discours convenus et sophistiqués.

Ne peuvent devenir libres et égaux que ceux et celles qui y investissent leurs tripes ; le désirent ardemment. Et il est patent que les Algériens, gouvernement et peuple réunis, ne sont pas encore prêts pour s’offrir ce luxe qui réclame un sacrifie encore au-dessus des capacités de l’Algérie et même celles de toute l’Afrique du Nord réunie.

La liberté exige que nous lui cèdions une chose de consubstantielle à notre Histoire musulmane, depuis quatorze siècles : que nous lui livrions l’hypocrisie pour en être délivrés.

Or, sans mensonges, sans hypocrisie, sans censure et auto-censure, sans coerction et matraque -qui vont avec-, tout le système politique et social de l’Afrique du Nord ne tiendrait pas une seule semaine. On pourrait en dire autant de tout le Moyen-Orient.

La liberté passe par une dure épreuve de vérité. Et ce n’est pas donné à tout le monde de la passer avec succès. Ne la réussissent que ceux et celles qui sont prêt(e)s à affronter le plus terrible des ennemis : soi-même, et non pas un ennemi étranger ou considéré comme tel. Celui-là ne sert que de bouc émissaire, facile à égorger pour faire semblant d’avoir sacrifié son orgueil, ses défauts et, osons le terme, ses pêchés.

Puisque l’heure de vérité a sonné et qu’on est dans les examens pour faire passer l’Algérie à l’âge adulte, celui de prise en main de toutes ses responsabilités, examinons son cas à l’aide de deux simples faits. Régis Debray aurait rectifié : « fait religieux, au singulier ».

1 – Le dimanche 17 février 2008, l’Algérie nous envoyait officiellement 29 imams (prêtres musulmans) et deux dames destinées à être des « guides sur le bon chemin ». Ces dernières ne peuvent avoir le même statut que leurs confrères mâles ([lien vers plus de détails->http://www.ripostelaique.com/L-Algerie-fait-reculer-le-desert-y.html] : [L'Algérie fait reculer le désert. Y compris dans nos banlieues->http://www.ripostelaique.com/L-Algerie-fait-reculer-le-desert-y.html]). Mais tous, mâles et femelles, ont le droit en France, non seulement de prier avec qui ils veulent, mais aussi celui de convertir à tour de bras, presque partout où ils veulent et comme ils le veulent : à force de verbe, de charme, de couscous, de thé, de corans, de vidéos… Presque tous les moyens sont bons. Ils et elles peuvent même y payer de leurs personnes. Personne en France ne viendra le leur interdire. C’est ce qu’on appelle le pays de la Liberté.

2 – Une quinzaine de jours auparavant (le 30 janvier 2008, très exactement), la justice de cette même Algérie condamnait Pierre Wallez, prêtre français, à un an de prison avec sursis. Son tort : avoir prié dans un lieu qui n’avait pas l’agrément des autorités avec des chrétiens Camerounais. C’était juste avant Noël 2007. Notons qu’il ne s’agissait pas de la célébration d’une messe et encore moins de fidèles musulmans.

Dans le bref [article consacré à cette dernière affaire->http://www.liberation.fr/actualite/monde/311786.FR.php?rss=true&xtor=RSS-450], le quotidien {Libération} résume très bien le contexte de cette condamnation doublement injustifiée: « {Depuis mars 2006, une ordonnance interdit le culte non musulman «en dehors des édifices prévus à cet effet». En Algérie, l’islam est religion d’Etat. La liberté de culte est garantie par la Constitution mais le prosélytisme en milieu musulman est interdit} »

Et c’est bien là que réside toute l’hypocrisie. Non seulement des lois algériennes et des autorités morales en Algérie, mais aussi le silence hypocrite des autorités musulmanes en France. A ma connaissance, aucune association ou personnalité du Conseil Français du Culte Musulman n’a condamné cette flagrante inégalité de traitement réservée à l’islam en Algérie.

{{Oui, en Algérie, comme partout ailleurs en pays musulmans, l’islam est toujours considéré comme une religion faible. Très, très faible. Une religion incapable de se confronter à une quelconque concurrence. Une religion ne supportant pas la moindre critique. Comme si l’islam était de santé fragile et nécessitait des soins particuliers. Une religion qu’il est nécessaire de maintenir sous respiration et alimentation artificielles.}}

Et personne ne s’en offusque ! C’est là que réside le drame, non seulement de l’islam, mais aussi de tous les musulmans.

{{L’islam à l’air libre n’est pas encore né}} : il est toujours sous couveuse et craint de périr s’il en sortait.

Tant qu’il n’y a pas de liberté de conscience, de liberté des cultes, tant qu’il n’y a pas de liberté de critiquer l’islam=Coran+Mahomet…, les musulmans -tous les musulmans, du Maroc jusqu’en Indonésie -, n’accèderont pas à la Liberté. Et pour les consoler, les manipuler et/ou les maintenir dans l’ignorance, leurs intellectuels et leurs autorités leur feront croire que c’est le néocolonialisme qui les en empêche.

Or, il est évident que les musulmans sont encore mineurs et colonisés dans leurs têtes. Et c’est bien pour cela que l’égalité entre la France et l’Algérie n’est pas pour demain.

{{C’était très dur de se battre pour la décolonisation, mais c’est encore plus dure de se battre contre soi-même pour accéder à la liberté de conscience et à la Liberté tout court.}}

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Analyse d’un texte de M. Sifaoui

Voici donc le texte de M. Sifaoui, en gras, auquel j’ai ajouté des numéros de paragraphes et des commentaires.
————–
{{{[Nécessaire mise au point->http://www.mohamed-sifaoui.com/article-16659161.html]}}}

{{§1 – Le site de « Riposte laïque » animé par notre « ami » Pierre Cassen a donné son point de vue sur la soirée de soutien organisée en faveur d’Ayaan Hirsi Ali. Si je partage l’essentiel de l’avis exprimé dans cet article, quelques points me posent un problème de fond et je voudrais expliquer ma position loin de tout esprit polémiste. Je suis même prêt à en débattre publiquement à l’occasion.}}

Commentaire §1 – Rien à dire sauf que j’aimerai bien débattre publiquement avec M. Sifaoui. La seule et première fois où nous nous sommes trouvés invités à la même conférence, ce fut au Sénat. J’avais démontré que le jihad contre les mécréants et les apostats n’était pas inventé par les islamistes mais bel et bien par le coran, interprété dans la pratique par Mahomet. M. Sifaoui m’a opposé le fait que l’islam énonce aussi « nulle contrainte en religion » et que ce sont les islamistes qui choisissent les autres parties du coran. Il n’a pas précisé si le prophète était islamiste dans sa pratique qui a permis de conquérir toute l’Arabie ; de son vivant. Et bien plus après, en s’en inspirant.

{{§2 – Je constate d’abord – et je l’écris avec lucidité et sérénité – que la mode qui est en train de se développer consiste à « soutenir » de manière très sélective et avec une émotion tout aussi sélective celui ou celle qui rejette le plus l’islam. Le curseur du soutien est placé de manière proportionnelle au degré du rejet qui va de l’islamisme à l’islam. Aussi, si la dénonciation de l’islamisme vaut-elle à son auteur l’appui d’un groupuscule, le rejet des fondements même de la religion musulmane suscite une adhésion quasi unanime. }}

Commentaire du §2 – Je crains que la mode célébrant Ayaan Hirsi Ali n’ait déclenché une crise de jalousie. Hi hi hi ! (et en plus ça rîme)

{{§3 – J’observe et je finis même par craindre qu’y compris ceux que je considérais comme des amis entretiennent finalement une obsession contre la religion musulmane et peut-être contre les musulmans eux-mêmes. J’en déduis donc que le problème, pour beaucoup, n’est plus l’islamisme mais l’islam. Le problème n’est plus les islamistes mais les musulmans. Je tire cette conclusion parce que certains veulent nous faire admettre, en raison de leur lâcheté, qu’ils vomissent l’islam mais qu’ils digèrent les musulmans. Comment est-ce possible ? Il est vrai que les goûts gastronomiques ne se discutent pas mais tout de même un peu de cohérence permettrait d’avoir une ligne claire. }}

Commentaire du §3 – M. Sifaoui fait semblant d’hésiter entre « J’observe» et « Je crains », pour affirmer clairement que ses amis de Riposte Laïque « {entretiennent finalement une obsession contre la religion musulmane et peut-être contre les musulmans eux-mêmes} ». Il n’explique pas comment on peut respecter une religion qui n’a point de respect pour les êtres humains, et surtout pas pour les musulmanes. Il mélange, immédiatement après, religion et musulmans ; une croyance et des êtres. C’est comme si la prescription des voilages générait une peau supplémentaire chez les musulmanes. Critiquer les prescriptions islamiques est absolument nécessaire pour soutenir l’émancipation de nos concitoyennes musulmanes et de leur progéniture féminine et masculine. Si M. Sifaoui ne discerne pas encore entre islam et musulman(e)s, c’est que sa logique laisse à désirer. A moins qu’il ne manque de bonne foi. Sa seule consolation est qu’il n’est pas le seul à faire cet amalgame entre religion et croyants.

{{§4 – De plus, si j’ai bien compris le débat qui s’installe, le « bon musulman » serait, en substance, celui qui déclare son athéisme. « Reniez votre religion débile et nous allons enfin considérer que vous êtes dignes de notre soutien et de notre reconnaissance », semblent dire certains non sans une certaine condescendance et un paternalisme que beaucoup ont désormais du mal à cacher. }}

Commentaire du §4 – L’auteur semble citer quelqu’un ici et y ajoute foi en usant des guillemets et en abusant de l’expression ;en substance’. Mais il ne précise pas qu’il se cite lui-même. Il se fait du cinéma en étant scénariste et acteur, exprimant un terrible besoin de reconnaissance !

{{§5 – Cette surenchère est à la fois malsaine et surtout contreproductive. Et elle est d’autant plus gênante qu’elle s’inscrit dans une théâtralisation du « combat laïc » et a tendance, de plus en plus, à être « pipolisée ». Le rejet ou la critique de l’islam ne me gêne absolument pas. J’ai tendance à préconiser une approche voltairienne par rapport à des discours ou à des analyses que je ne partage pas. C’est dire que ce n’est pas en tant que défenseur de la religion que je m’exprime mais tout simplement en tant que laïque qui pense que si la religion doit être clairement séparée de l’Etat, celle-ci doit être protégée notamment contre la diabolisation. }}

Commentaire du §5 – Et pourquoi donc devrait-on protéger une religion n’ayant aucun respect pour la dignité humaine ?!

{{§6 – De ce point de vue, je suis tout à fait à l’aise en écrivant ce qui va suivre.
Je l’ai écrit, dit et répété : Ayaan Hirsi Ali doit être soutenue. Et je la soutiens sincèrement et totalement. Et certainement pas comme Ségolène Royal qui a tenu à être présente à ses côtés le dimanche pour la photo avant de se démarquer habilement le lendemain, sur une radio nationale, du discours d’Ayaan Hirsi Ali. Je ne la soutiens pas non plus comme Libération qui durant des années a considéré que toute critique de l’islamisme était un « acte d’islamophobie » avant de s’afficher aux côtés de celle qui ne cache pas sa détestation pour l’islam. Je ne la soutiens pas enfin comme Rama Yade qui, tout en supportant un discours présidentiel inquiétant sur la question de la laïcité, voit dans la présence d’Ayaan Hirsi Ali à Paris le « coup de comm » qu’il ne faut surtout pas laisser passer. Je soutiens Ayaan Hirsi Ali et je ne veux ni me laisser photographier à ses côtés, ni faire un « coup de pub » à travers son action.}}

Commentaire du §6 – Rien à redire.

{{§7 – Parce que ce que je soutiens, ce n’est certainement pas son discours qui est, à ne pas en douter, le résultat de la trajectoire d’une jeune fille traumatisée par une histoire personnelle écrasée par le poids d’une série de dogmes et de cultures moyenâgeux et surtout par la folie des hommes. Ce que je soutiens, ce n’est certainement pas sa décision d’aller se mettre sous la coupe des néoconservateurs américains qui, au lieu de combattre l’islamisme, le nourrissent à travers des politiques hasardeuses et des idéologies suspectes. Ce que je soutiens, c’est le principe. Celui qui me pousse à dire que tout ce que dit cette femme à l’égard de l’islam est d’une niaiserie rare, les discours qu’elle ressasse sont le résultat d’une profonde méconnaissance de l’islam mais que cependant elle a le droit de continuer à répéter des contrevérités, elle a le droit d’exprimer sa détestation de l’islam, du Coran et du prophète sans risquer sa vie. N’en déplaise aux émules de Ben Laden et aux supporters de Tariq Ramadan ; n’en déplaise aux « autorités religieuses » musulmanes et aux derviches tourneurs du salafisme, la liberté de conscience, de parole de Ayaan Hirsi Ali ainsi que sa liberté de circuler normalement représentent, à mes yeux, des principes qu’il nous faut soutenir. }}

Commentaire du §7 – Savourez l’enchaînement : « série de dogmes et de cultures moyenâgeux et surtout par la folie des hommes » dont serait victime Ayaan Hirsi Ali. M. Sifaoui évite soigneusement, avec beaucoup d’intelligence, de nommer clairement la religion qui est intimement mêlée à cet enchaînement. Ce qu’il veut nous faire admettre ? Ce sont les déviants qui sont derrière le malheur d’Ayaan, mais pas l’islam.
Donnons lui raison pour l’évidente inefficacité de Bush. Mais il aurait pu être plus précis et écrire « Bush et les généraux, du Pakistan à l’Algérie en passant par l’Arabie ». De fait, Bush, comme l’Arabie et l’Algérie, pense que l’islam est religion de paix. Amen ! Nous croyons sur parole tout ce que nous disent les Bush et Cie pétro-gazière !
M. Sifaoui juge sévèrement ce que dit Ayaan sur l’islam, mais il ne nous avance pas d’un iota puisque rien de concret n’est précisé dans sa critique. Le soutien inconditionnel à la liberté d’expression est tout à fait respectable. Il honore M. Sifaoui et le distingue de ceux qui s’empressent d’ajouter des MAIS… Lui, il soutient aussi bien le principe de liberté pour les autres que son droit de critiquer Ayaan, ce qui est très saint comme conception de la démocratie.

{{§8 – En clair, je ne soutiens pas cette femme – comme certains – parce que je partagerais son point de vue (ce serait facile) mais je me dois de la soutenir parce que j’estime que bien qu’elle dise des choses avec lesquelles je suis en désaccord, aucune personne n’a le droit de menacer son intégrité physique et sa tranquillité. }}

Commentaire du §8 – Génial !

{{§9 – Bizarre d’ailleurs est cette attitude qui poussent plusieurs « amis » à soutenir, de facto, à la fois la personne menacée et son discours. C’est comme si je me disais que les caricatures de Mahomet dont j’ai soutenu la publication – pour le principe de la défense de la liberté d’expression – deviennent de fait des chefs d’œuvres. En fait, je trouve la plupart des dessins d’une nullité artistique totale, ce qui ne m’empêche pas de soutenir sans failles les caricaturistes danois. }}

Commentaire du §9 – Un journaliste sais qu’il n’y a rien de facto : il faut préciser où exactement cela a été proclamé.
Moi, je trouve beau le dessin Mahomet avec son turban explosif et, comme je l’ai écrit dans Charlie Hebdo, ce n’est même pas une caricature : c’est en deçà de la réalité historique de mon Prophète dont j’assume les exactions jihadiques pour mieux les exorciser.

{{§10 – Selon le site animé par Pierre Cassen, ce n’est pas cette brave Ayaan Hirsi Ali, cette femme si belle si intelligente cette désormais « voltaire africaine », cette exception « qui va parler d’une religion de paix pervertie par les méchants islamistes ». Certes, ce n’est pas elle. Ce sont certainement d’autres cons, d’autres salauds, d’autres fanatiques, d’autres illuminés, d’autres obscurantistes dont je fais partie. Beaucoup de musulmans attachés à la laïcité, aux principes des droits de l’Homme et à la démocratie apprécieront d’être renvoyés ainsi à leur « religion arriéré, totalitaire et violente ». Les choses ont le mérite d’être désormais très claires. }}

Commentaire du §10 – Puisqu’on n’a rien dit de méchant sur lui dans Riposte Laïque, M. Sifaoui nous montre ici qu’il est capable de s’insulter lui-même, tout seul sur son blog, et d’en déduire que les choses ont le mérite d’être désormais très claires. Il se peut qu’il ne nous dit pas tout et que bien des échanges directs ont pu avoir lieu entre M. Sifaoui et la rédaction de Riposte Laïque sans qu’il ne nous en souffle mot. Il est vrai que, comme M. Sifaoui, les journalistes professionnels ne révèlent pas toujours leurs sources et usent d’expressions du type « {de sources proches du lit, il paraît que x et y couchent ensemble ; mais ça ne nous regarde pas !} »

{{§11 – Merci de me renvoyer à ma « communauté » et à mon obscurantisme. Parce que je le rappelle, accessoirement : je suis musulman. Merci de rappeler aux démocrates algériens – musulmans pour beaucoup d’entre eux – que « le problème » c’est la religion à laquelle ils restent attachés et non pas les extrémistes qui tuent en son nom. Merci d’abreuver l’extrême droite tout en crachant sur les musulmanes qui se battent dans les pays arabes pour leur émancipation. Merci de servir cette formidable pensée qui alimente le « choc des civilisations ». Et merci enfin de m’ouvrir les yeux et me permettre de mesurer le niveau de ma naïveté. Merci de me démontrer que je m’étais engagé aux côtés de gens qui cherchent – non pas à rappeler leur attachement à des principes universels – mais à « bouffer » du musulman. }}

Commentaire du §11 – Encore du mélange allègre entre islam et musulmans. C’est comme si les médecins étaient encore incapables de faire la différence entre le malade et ses propres métastases qui le rendent malade. M. Sifaoui ne veut surtout pas devoir discerner entre croyants sous chappe d’une religion et cette même religion, à tout jamais incompatible avec les droits de l’homme et surtout de la femme. M. Sifaoui a donc du mal à digérer ce constat pourtant si simple à faire. A Riposte Laïque on ne bouffe pas du musulman on tente de le raisonner et de lui démontrer que l’islam est bel et bien malade, pas seulement depuis le wahhabisme, mais depuis l’an 1 de l’Hégire. Depuis que les premières razzias ont été lancées contre les caravanes qui sillonaient l’Arabie du Sud au Nord et dont les propriétaires étaient en bonne partie installés à la Mecque.

{{§12 – Les salafistes peuvent également vous remercier. Vous leur donnez les arguments qu’ils ne cessent de rechercher, vous les confortez dans leurs convictions, vous légitimez leur discours. Continuez la pièce de théâtre. Je ne jouerai désormais ni les premiers ni les seconds rôles. Je ne ferai même pas de la figuration. Je refuse. Le scénario ne convient pas à mes convictions et le dialogue « bien-pensant » ne sied pas au sens que j’ai donné à mon combat contre l’intégrisme. }}

Commentaire du §12 – Puisque les salafistes se disent musulmans, je ne vois pas au nom de quoi on devrait leur dénier cela. Mais qu’ils soient musulmans salafistes ou progressistes, l’islam classique est définitivement contraire à notre éthique : les neuf veuves que Mahomet nous a léguées et qui étaient interdites de remariage, comme c’était le cas pour les harems des califes, jusqu’aux Ottomans et, parait-il, jusqu’à Hassan II, marquent notre histoire d’une infamie qu’il nous faut avaler comme une grosse couleuvre pour la digérer puis s’en débarasser par là où je pense.

{{§13 – Je défends le droit au blasphème. Je suis, bien que croyant, moi-même à mes heures un blasphémateur invétéré. Mais je ne peux pas laisser l’hypocrisie s’installer sans réagir. Qui peut prétendre dans un même article d’un côté respecter « les croyants » dont, je présume, les musulmans et écrire plus loin que la religion de ces mêmes musulmans est « arriérée, totalitaire et violente ». Ecrire cela voudrait dire tout bêtement que Pierre Cassen et ses amis – qui ne sont pas catalogués comme des religieux fanatiques – respectent d’une certaine manière l’arriération, le totalitarisme et la violence auxquels croient les musulmans. On ne peut pas prétendre que l’islam, son Coran et son prophète sont un « problème » et respecter ceux qui se reconnaissent dans ce même problème. Pour ma part, je n’ai aucun respect pour les totalitarismes, je n’ai aucun respect pour les idéologues de la violence mais je respecte sincèrement les croyants qui rejettent la violence et le fanatisme qui ne sont pas contenus dans la religion musulmane, n’en déplaise à Pierre Cassen, à Ayaan Hirsi Ali et à leurs amis. }}

Commentaire du §13 – M. Sifaoui crée ici un semblant de paradoxe qu’il n’arrive pas à résoudre. Respecter les êtres est une chose, respecter les prescriptions d’une religion est autre chose. On respecte même le pire assassin parce que sa dignité humaine est respectable en toute circonstance. Vous l’avez bien dit à propos de la liberté d’expression d’Ayaan. Mais nous sommes sans pitié pour la religion ou l’idéologie qui a amené l’assassin à tuer. Oui, en privé, vous pouvez croire au satanisme si vous voulez, vous serez respectable. Pas votre croyance. Autrement dit : la dignité humaine est sacrée, pas les religions ; et surtout pas l’islam=Mahomet+Coran qui n’a que peu de respect pour les humains.

{{§14 – En réalité, ceux qui écrivent cela ont une lecture de la religion musulmane qui est strictement identique à l’interprétation du Coran qui est faîte par les salafistes. Les uns et les autres ont tout simplement une lecture littérale. Cette même lecture du texte coranique qui a donné naissance à la barbarie islamiste est préconisée aujourd’hui par certains défenseurs de la laïcité. Drôle d’époque. Espérons que l’erreur qu’ils commettent – je préfère penser par méconnaissance – ne va pas engendrer chez eux les conséquences qu’elle a engendré chez les intégristes musulmans. }}

Commentaire du §14 – Il est trop facile de dire que les islamistes et les intégristes n’ont rien compris au Coran. C’est une tromperie qui n’a que trop duré ayant comme but de dédouaner l’islam=Coran+Mahomet. Mahomet ordonnant et conduisant des razzias n’aurait-il rien compris non plus ? Mes preux ancêtres qui guerroyaient dans la voie d’Allah (fî sabîli l-lâhi) et qui sont arrivés jusqu’à Poitiers n’avaient rien compris ? Et l’hypocrisie ? Les Turcs ottomans, des steppes de leur Asie jusqu’aux portes de Vienne n’avaient rien compris ?!

J’ai le courage d’assumer mon histoire islamique toute entière et je ne condamne pas uniquement les jihadistes d’aujourd’hui, mais le jihad tout court, celui qui est bel et bien prescrit par le Coran et par Mahomet.

{{{La bonne foi, c’est aussi simple que cela M. Sifaoui ! J’ai hérité d’une foi archaïque mais je la soigne avec des pillules dures à avaler.}}}

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Visiblement, Leïla Babès manque de discernement

L’éditorial du magazine Riposte Laïque n° 26 traitait du moratoire sur la loi 1905. Ce moratoire a été demandé, comme on le sait, par Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris et président du CFCM. Cet éditorial abordait bien évidemment le sujet de la laïcité et, par la force des choses, la question islamique, devenue centrale dans l’œuvre visant le démantèlement de la laïcité.

A cette occasion, notre éditorialiste Cyrano a eu le malheur d’écrire la phrase suivante : « {Les ministres viennent le [Boubakeur] voir en plein ramadan, pratique obscurantiste s’il en est, pour rompre le jeûne avec lui} ». Et voilà que notre amie Leila Babès use de son clavier pour nous interroger à ce sujet.

Rappelons que Mme Babès est sociologue, intellectuelle et écrivain. Elle enseigne à l’Université catholique et à l’Institut d’histoire des Religions de Lille ( [pour plus de détails voir Wikipedia->http://fr.wikipedia.org/wiki/Le%C3%AFla_Babes]). Dès notre premier numéro, Rosa Valentini a rendu hommage à cette femme libre, courageuse et auteur, entre autres, du livre « [Le voile démystifié->http://www.ripostelaique.com/Le-voile-demystifie-Leila-Babes.html?] »

Comme Mme Babès m’a autorisé à reproduire l’échange que nous avons eu et que je lui ai promis de ne point trahir ses propos, il me semble que le mieux est de donner à lire ici l’intégralité de cet échange avant d’essayer d’en tirer quelques leçons.

——–
{{1 – Question de Mme Babès}}
Citation édito de Riposte Laïque n° 26 :

{« Les ministres viennent le voir en plein ramadan, pratique obscurantiste s’il en est »}

{{En quoi ?}}

——–
{{2 – Ma première réponse}}

Chère Laïla,

La réponse à votre question est simple comme bonjour :

Se goinfrer la nuit pour ne pas manger et surtout ne pas boire même pas de l’eau plate, de toute la journée, est une connerie des plus incroyables. Le premier médecin venu, en dehors de Dalil Boubakeur vous le dira.

J’ai suffisamment été réveillé en pleine nuit pour faire ripailles (السحور) aux aurores, pour savoir que le Ramadan est la plus grande bêtise qui existe dans la pratique humaine. Tout enfant de 12-13 ans arrive à inverser ses rythmes culinaires, mais tout enfant musulman y perd bien de sa raison.

Faire semblant de jeûner alors qu’il s’agit de faire la teuf pendant la nuit et de somnoler toute la journée est tout de même scandaleux

Obscurantisme, cela rappelle la nuit et le réveil en pleine nuit ; nuits de folie musulmane.

——–
{{3 – Premier commentaire de Mme Babès}}

Cher Pascal,

Je suis profondément et régulièrement choquée par les articles que vous publiez. Je ne parle pas de vous en particulier, mais de « Riposte laïque ».

Je vais vous dire le fond de ma pensée : je pense que votre combat n’a rien à voir avec la laïcité, que vous instrumentalisez (c’est un vous global), pour distiller de la haine et de l’intolérance à l’égard des musulmans.

Je ne me reconnais nullement dans vos analyses et vos positions que je trouve extrêmes, haineuses et outrancières. Vous menez un combat solitaire et vous desservez la cause de la laïcité.

Pour ce qui est de ma réaction sur votre jugement (le ramadan est obscurantiste) : soyons sérieux, je n’ai pas besoin de savoir comment ça se passe. Vous condamnez et vous jugez 1 milliard et demi de musulmans. De quel droit ? Au nom de la Laïcité ? Foutaises ! Les gens qui observent le ramadan le font volontairement (sauf dans des pays comme l’Arabie saoudite où ils n’ont guère le choix). En quoi cela vous concerne ? Vous utilisez des mots dont vous ne comprenez pas le sens, à seule fin d’exprimer votre haine.
Dalil Boubeker a pris une position inacceptable, tenez-vous en à ce sujet. Pourquoi déraper sur le ramadan ?

Je vous ai donné mon point de vue en toute amitié. La prochaine fois, je devrais réagir publiquement pour dénoncer vos dérapages.

Cordialement,
Leïla Babès

P.S : un certain Cyrano m’a répondu. Il ne semble manifestement pas savoir qui je suis, et croit que j’ignore tout du ramadan. Très drôle…

——–
{{4 – Ma deuxième réponse}}

Chère Laïla,

Je vous ai répondu sur le fond : la pratique même du ramadan que j’ai expérimenté au Maroc en toute « liberté ». Si vous ne discernez pas encore entre ma liberté à moi, homme musulman, de mettre un voile et de baisser les yeux pour raser les murs et la liberté d’une musulmane française de se voiler en se conformant aux prescriptions du Coran, c’est que vous êtes aussi loin que Mme Kintzler de comprendre comment fonctionnent les religieux et les prescriptions pauliniennes et coraniques.

Vous avez choisi le VOUS GLOBAL et donc amalgamant pour échapper à la question de détail et de fond que je vous ai mise sur la table. Vous pouvez mieux faire ! Je sais que vous en êtes capable.

Et pour être spirituel et terre à terre, je vous envoie ma photo :

Très drôle…, dites-vous. Notre Cyrano vous connaît très bien

{Pièce jointe : ma photo avec un voile islamique qui ne laisse apparaître que mon visage avec une moustache artificielle de Dali et une pancarte sur le buste proclamant « Homme = Femme et vice versa »}

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{{5 – Deuxième commentaire de Mme Babès}}

Je ne comprends pas bien ce que vous dites, et trouve assez désagréable ce basculement vers l’ironie et le sarcasme. De plus, je ne suis pas douée pour faire l’exégèse des phrases alambiquées.

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{{6 – Ma dernière réponse}}

Chère Laïla,

Il est vrai que je ne suis ni drôle ni très clair. C’est mon côté obscurantiste qui prend toujours le dessus ! Même avec ma moustache, je fais toujours un flop ! Ma formation arabe puis allemande font que mes écrits ressemblent plutôt à du deutscharabia.

Rien que pour vous, je vais faire quelque effort et essayer d’être clair :

Je vous rappelle de ce que vous venez d’écrire

{{Vous condamnez et vous jugez 1 milliard et demi de musulmans. De quel droit ? Au nom de la Laïcité ? Foutaises ! Les gens qui observent le ramadan le font volontairement (sauf dans des pays comme l’Arabie saoudite où ils n’ont guère le choix). En quoi cela vous concerne ? Vous utilisez des mots dont vous ne comprenez pas le sens, à seule fin d’exprimer votre haine. }}

Or, je vous avais expliqué en quoi {{le jeûne du ramadan}} est obscurantiste. Le jeûne (comme le port du voile ou l’inscription de la soumission dans le corps, l’espace et le temps) est une pratique religieuse et non pas un être humain. L’ayant pratiqué « librement » dès l’âge de 12 ans, j’use d’un mot dont je connais très bien le sens pratique et théorique. Ma mère est une voilée intégrale et ma grand-mère l’a été aussi.
C’est au nom de {{l’émancipation}} que je fais cela Leïla. Au procès de Michèle Vianès, j’ai juré de remuer ciel et terre s’il le fallait pour renvoyer ces horreurs de voiles à leur Moyen-âge et à leur désert arabique, où il n’y a âme qui vit.

Et vous, vous me parlez de {{MUSULMANS}}, d’être humains à propos desquels j’ai toujours rappelé ceci : « la dignité humaine est sacrée ; pas les religions ! » et surtout pas l’islam qui n’a que peu de respect pour les êtres. Vous êtes bien placée pour le savoir, Leïla.

Comme je l’ai recommandé à Mme Kintzler, active à Lille comme vous, il vous faut d’abord discerner entre « prescriptions d’une religion », dont la critique sans merci est nécessaire, et les êtres humains qu’il nous faut émanciper justement de ces prescriptions lorsqu’elles portent atteinte à leur dignité ou réservent, par exemple, ma sœur musulmane aux musulmans et convertis bien circoncis.

Comme MM. Sifaoui, Arkoun, Ghaleb, Malek et bien d’autres progressistes, vous croyez pouvoir épargner le noyau dur de l’islam =Coran+Mahomet pour continuer à ne vous occuper que de ses « mésusages », « lectures » et « instrumentalisations ». En somme, pour culpabiliser des pratiquants qui n’auraient rien compris ou compris de travers.

Allez Leïla, soyons sérieux et de bonne foi ! Discernons pour une fois, comme diraient nos voisins Belges.

Je ne crois pas que mon langage soit si difficile à décoder, mais c’est mon discours auquel vous n’êtes pas habituée, que vous n’arrivez pas à contredire. Soyez raisonnable, faites un petit effort et vous verrez que nous pouvons nous entendre. Et surtout ne vous braquez pas dans une attitude intenable. Je suis votre ami qui vous veux du bien !

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{{{2 – Quelles leçons en tirer ?}}}

Cet échange est une excellente illustration d’un combat d’idées que nous livrent des amis-contradicteurs. Les joutes intellectuelles que nous soutenons face à Mmes Fourest, Kintzler, Perret, Babès, MM. Kintzler, Teper etc. ont une réelle vertu : elles permettent de clarifier le débat en mettant à nu la logique profonde de chacun des deux camps.

La violence des termes et des anathèmes que nos amis-contradicteurs nous jettent à la figure prête non seulement à rire, mais elle participe aussi de la véhémence qui accompagne toute douloureuse prise de conscience chez nos bienveillants progressistes. Cette violence révèle la faiblesse de leur argumentation. Elle nous indique que nous touchons justement à des endroits où ça fait mal, là où leur mauvaise conscience est poussée dans ses derniers retranchements.

Nos autres amis-contradicteurs avaient explicité le sujet de notre discorde : l’affaire Truchelut où ils s’en tiennent à un légalisme derrière lequel ils se barricadent tout en répétant, à qui veut l’entendre, qu’ils abhorrent les voiles. Quant à Mme Babès, elle nous reproche très concrètement le fait d’avoir qualifié d’obscurantiste la pratique du ramadan. Elle entend mes griefs à ce sujet, les admet tacitement puisqu’elle évite de m’accuser personnellement. Mais c’est pour mieux nous accuser d’instrumentaliser la laïcité. Elle choisit un « VOUS » globalisant dont le flou lui permet de se dérober à la question qu’elle a posée et enfin NOUS reprocher de distiller la haine et l’intolérance à l’égard des musulmans, d’avoir des positions extrêmes, haineuses et outrancières, de desservir la laïcité, de mener un combat solitaire, de condamner et de juger un milliard et demi de musulmans, de nous mêler de ce qui ne nous concerne pas, d’user de mots que nous ne comprenons pas à seul fin d’exprimer notre haine et de déraper sur le ramadan au lieu de nous limiter aux déclarations de Boubakeur. S’en suit un avertissement avec l’autorité d’un professeur : « la prochaine fois, je devrais réagir publiquement pour dénoncer vos dérapages ». Si seulement elle savait que j’ai débuté ma carrière comme enseignant à l’Université de Mannheim !

{{2.1 – Les religions séparent avant même de faire lien}}

Il s’agit donc aujourd’hui d’une question de lucidité au sujet de l’islam et des religions. Leïla Babès et nos autres amis-contradicteurs ne le savent que trop : malgré toutes les incantations idéologiques, y compris celles de Régis Debray et de Sarkozy, les religions sont faites avant tout pour séparer le bon grain de l’ivraie. La racine latine (religere : relier) qui a [[il paraît que c'est une explication infondée donnée par les Pères de l'Eglise]] donné le mot religion ne peut nous faire oublier la compétition, les luttes et même les guerres et massacres auxquels les religions peuvent nous mener.

Au nom de l’émancipation et du vivre-ensemble (très différent du vivre à côté, à part ou à l’écart), il nous incombe de remettre en cause les pratiques islamiques foncièrement séparatistes, cloisonnantes et ségrégationnistes. C’est dans le respect et pour le respect des êtres et de leur dignité que nous devons nous atteler à cette entreprise. Faute de quoi nous contribuerons passivement à la consolidation des ghettos communautaires. Ils s’ajouteront ou se superposeront aux ghettos sociaux que notre système économique sécrète tout naturellement. Il nous faut à tout prix éviter que dans deux mille ans il n’y ait encore lieu de parler de diaspora musulmane en Europe. L’islam partage avec le judaïsme bien des mécanismes de socialisation qui s’immiscent dans plusieurs aspects de la vie quotidienne des individus et de la société. Ces mécanismes sont d’une terrible efficacité pour lier l’enfant à la famille, mais aussi au clan et à la communauté. En allant jusqu’à le marquer dans sa chair et en l’impliquant dès sa tendre enfance dans des pratiques sociales plus ou moins absurdes et anachroniques, il est fragilisé et rendu ainsi dépendant de la communauté, du clan et de la famille, dont la solidarité devient un élément essentiel pour sa survie, surtout dans un environnement étranger plus ou moins perçu comme hostile.

{{2.2 – En islam, la liberté individuelle ne pèse pas lourd}}

Contrairement à ce que Mme Babès veut nous faire croire, le milliard et demi de musulmans n’observent le ramadan que sous contrôle social : bien des Marocaines peu croyantes ne cuisinent rien pendant les journées du ramadan. Elle ne veulent surtout pas détonner dans la famille, dans le quartier ou dans la cité. Leurs enfants sont ainsi amenés, par la force de la loi religieuse et sociale, à observer « volontairement » les prescriptions islamiques. La nuit venue, tout le monde est de la fête. C’est pendant ce mois que la vente des produits riches et des sucreries est bien florissante. Le dernier repas de la nuit est pris juste avant l’aube pour tenir le coup durant la journée. Il y a même des préposés pour faire sonner une longue trompette à cette heure indue, réveillant ainsi toute la population : enfants, adultes, athées et pratiquants compris. En matière de respect des libertés individuelles, la pratique islamique au Maroc peut être nominée chaque année championne de l’humanité, tout autant que celle de l’Arabie Soudite, contre laquelle Mme Babès a visiblement une dent. Très certainement pour se présenter comme progressiste à si bon compte.

Tout sociologue qui se respecte, à part Mme Babès, vous dira que même dans nos sociétés plus ou moins libérales, nous agissons sous contraintes, lesquelles vont au-delà des lois promulguées.

{{2.3 – L’islam et les ghettos qu’il consolide}}

Nous savons comment le judaïsme a vécu ou plutôt vivoté au sein des sociétés européennes et nous ne pouvons que le déplorer. Mais il nous faut aussi comprendre que même l’attitude ouverte sur la gentilité païenne, gréco-romaine, a fini tout de même par un sérieux clash et à une explication entre l’héritage greco-romain et le judéo-christianisme. Cette lutte, plus que deux fois millénaire, entre les monothéismes, bel et bien orientaux, et l’Occident, n’en est pas à ses derniers flux et ressacs. Derrière l’offensive islamique d’aujourd’hui, il se peut qu’il y ait des chanoines enclins à reprendre la main afin de promouvoir les communautés dans leurs cités et quartiers, beaucoup plus que dans la Cité.

N’en déplaise à Mme Babès et à nos autres amis, il est patent que, par le biais de ses prescriptions les plus fondamentales, l’islam est programmé pour me maintenir dans mes multiples ghettos :

- { {{Culinaire}} }, en m’empêchant de goûter à tous les produits du terroir pour ne pas m’y enraciner par les papilles ; alors que « le cochon est bon, aussi bien pour l’intégration que pour l’assimilation ». J’ai forgé ce slogan aussi bien pour les rabbins que pour les muftis révolutionnaires, de Marseille ou d’ailleurs, qui seraient prêts à déclarer caducs certaines prescriptions judéo-islamiques devenues, grâce à notre hygiène moderne, complètement anachroniques.

- { {{Linguistique}} }, en me faisant croire que le coran ne peut être enseigné ou psalmodié qu’en arabe du VIIe siècle ; que les prêches ne peuvent être bien formulés que dans cette langue complètement étrangère à nos banlieues. Ceci afin de nous maintenir prisonnier d’un ailleurs spatio-temporel mythique. L’arabe classique, l’hébreu ancien et le latin prêtent un pouvoir exorbitant aux ancêtres, aux détriment des vivants.

- { {{Sépulcral}} }, en recommandant que ma dépouille soit rapatriée au pays d’origine (comme si l’Europe ne pouvait être ma patrie) ou bien mise en terre dans des carrés à part ou à l’écart, alors qu’il est si simple d’être enterré en rang à côté de mes voisins et concitoyens du cimetière communal, qui n’est pas confessionnel. En voici un autre slogan à l’intention des rabbins et des muftis révolutionnaires : « réintégrons les morts pour intégrer les vivants ! »

- { {{Matrimonial}} }, le voile de ma sœur musulmane crie à ceux qui voudraient bien l’entendre qu’elle ne se bécote pas sur les bancs publics ; surtout pas avec un juif portant kippa. Il nous indique qu’elle ne se reproduira qu’au sein de la communauté musulmane. Quant à moi, le musulman, j’ai le droit d’épouser une non-musulmane puisque, en tant qu’homme, je suis censé imposer ma foi à notre progéniture commune.

- { {{Esthétique}} }, pour m’empêcher d’estimer la beauté du nu divin, d’adorer les Vénus et Apollon, de chérir les odalisques et de dépasser mes arabesques aussi abstraites et alambiquées que la pensée du Moyen-âge. Il nous faut à tout prix envoyer nos enfants aux Beaux-Arts et les inciter à donner libre cours à leur expression.

{{2.4 – Entre le Moyen-Orient et l’Occident, il nous faudra bien choisir}}

Par la grâce de la religion, il est tout à fait probable que je sois maintenu dans mon étrangeté diasporique qui me rattache beaucoup plus à la légitimité et à l’héritage historique de la Mecque, de Médine et de Jérusalem qu’à ceux de Rome, d’Athènes et de Paris.

Nous ne le savons que trop bien : il y a une incompatibilité intrinsèque entre l’islam et la légitimité européenne qui est loin d’être uniquement judéo-chrétienne. Elle est avant tout gréco-romaine et humaniste. Malgré l’incantation de Sarkozy et de la gauche prompte à retourner sa verste pour profiter du marché florissant des religions et de ses clientèles, ce sont les humanités et la renaissance de l’héritage païen, gréco-romain qui constituent le fondement de l’Europe moderne et actuelle. Cette Europe ne peut ingérer l’islam que s’il est mis à nu (dans tous les sens du termes), élagué et repoussé dans son lit naturel : le cœur. Il est donc nécessaire d’amener l’islam à devenir une simple foi, ce qu’il n’a jamais été vu sa structure interne ayant le pouvoir de transformer la vie sociale en vie monacale. Il faut le faire renoncer à submerger quotidiennement bien des pans de la vie sociale, donc politique.

Mais nos amis-contradicteurs font mine de ne rien entendre, de ne rien voir et de ne rien comprendre à mon « charabia ». Leur aveuglement n’a d’équivalent que leurs dérobades qui confirment leur évidente mauvaise foi.

{{{3 – Il n’y a pas que la laïcité dans la vie}}}

A l’instar de nos autres amis-contradicteurs, Mme Babès aimerait tant nous emmailloter dans une sorte de camisole nommée « laïcité ». Pourtant, comme Mme Kintzler, elle sait que, par bien des aspects, notre « combat n’a rien à voir avec la laïcité ». Elle ne s’empare de ce bouclier que pour mieux nous accuser de l’instrumentaliser ! Combien de temps devrions nous expliquer que les républicains qui se respectent doivent aussi défendre vigoureusement, et sur le terrain, d’autres principes comme l’égalité homme-femme qui passe par l’émancipation des prescriptions religieuses, peu importe qu’elles soient bibliques, coraniques, pauliniennes ou édictées par des hommes parlant au nom d’Allah. L’émancipation des musulmans de prescriptions moyenâgeuses est un autre combat citoyen. Il dépasse le cadre étroit de la laïcité où nos amis se barricadent ; la transformant ainsi en ligne Maginot.

Mme Babès en est encore à estimer que qualifier le ramadan de pratique obscurantiste équivaut à juger et à condamner un milliard et demi de musulmans. Manque évident de discernement entre pratiques dignes de critique et pratiquants dignes d’émancipation.

Mme Babès est visiblement encore loin de comprendre qu’une critique sans merci de la religion musulmane est LE signe tangible de son acceptation comme religion d’Europe pour laquelle nous prescrivons le même traitement (y compris caricatural) que celui qu’on administre depuis quelques siècles au judéo-christianisme, avec des piqûres de rappel hebdomadaires dans Charlie Hebdo. Les Danois ont osé nous intégrer au concert des nations libres qui rient de toutes nos bêtises monothéistes. Moi, un spécimen du troisième larron musulman, je les remercie du fond du cœur ! Charlie Hebdo m’a même permis de l’exprimer publiquement dans son édition de la semaine qui coïncidait avec son procès.

Mais on dirait que notre sociologue ne sait pas que les Français ont, soi-disant, très longtemps toléré et ménagé les prescriptions islamiques en Algérie pour maintenir la musulmane et sa progéniture dans un statut de mineures à vie !! Elle en est encore à se demander de « quel droit », nous autres Français de Riposte Laïque, musulmans ou pas, nous pourrions qualifier d’obscurantistes certaines pratiques musulmanes. Dans son esprit, les musulmans nous seraient-ils encore étrangers ?! Ne sont-ils pas des concitoyens adultes, libérés de la couveuse coloniale et paternaliste (ou maternaliste) qui les étouffait ?! Ne sont-ils pas aujourd’hui des concitoyens capables de soutenir un regard critique sur leurs pratiques religieuses ou tout simplement sociales ?! Pourquoi est-ce que Mme Babès jette un milliard et demi de musulmans dans la balance en rappelant que nous menons un combat solitaire ?! Le poids spécifique des ses arguments serait-il si léger que cela ?!

Jusqu’à ce qu’elle nous explique précisément ce qu’elle nous reproche, la violence des propos de notre amie Babès nous paraît aujourd’hui gratuite.

{{{4 – Conclusion – Nos profondes divergences}}}

Il me semble qu’à Riposte Laïque, nous pensons que c’est aux religions, à leurs prescriptions et à leurs pratiques qu’il faut aussi s’attaquer. Nous le faisons théoriquement et dans la pratique en soutenant Fanny Truchelut et en demandant l’interdiction des voiles dégradants.

Dans leur bienveillance, pleine de « tolérance », nos amis-contradicteurs se satisfont de vilipender les déviants parmi les croyants, c’est à dire les intégristes et les islamistes. Ils ne s’aventurent pas à dire que, dans bien des cas, c’est l’islam=Coran+Mahomet qui est l’origine de ces pratiques et prescriptions séparatistes, cloisonnantes, ségrégationnistes et autoritaires.

Il me semble qu’il est trop facile de culpabiliser les êtres qui, soi-disant, n’auraient rien compris ou compris de travers. Pour hâter et garantir la guérison, il ne suffit pas de procéder à l’ablation d’un membre malade. Il faut aussi avoir le courage de nommer et de traiter directement la souche pathogène. Il y a longtemps que j’ai osé prononcer le diagnostic que d’aucuns aimeraient taire : c’est bien l’islam très classique qui entrave, handicape et rend malades ses pratiquants. Il nous rend tous malades par la même occasion.

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Addendum du 29 février 2008

Mme Babès vient de pulier une réponse à ce texte. sous le titre

[« Riposte laïque », ou les nouveaux pourfendeurs de l'islam->http://leilababes.canalblog.com/archives/coups_de_gueule/index.html]

Même si elle n’a pas fourni de lien vers mon texte et fait une compilation de citations approximatives, je fais mention de sa réponse afin que le lecteur puisse juger par lui-même.

Son accueil avec des roses vaut le coup de chapeau.

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Voile islamique dans les lieux publics. Où en est le débat ?

La laïcité face au communautarisme et à l’ultra-laïcisme

http://www.gaucherepublicaine.org/2,article,1711,,,,,_La-laicite-face-au-communautarisme-et-a-lrultra-laicisme.htm

Nous disons non à la politique du soupçon

http://www.gaucherepublicaine.org/,article,1785,,,,,_A-propos-de-l-affaire-Truchelut-nous-disons-non-a-la-politique-du-soupcon.htm

Le traquenard tendu par l’extrême-droite chrétienne

http://www.gaucherepublicaine.org/2,article,1744,,,,,_Le-traquenard-tendu-par-l-extreme-droite-chretienne.htm

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Des accommodements déraisonnables au Canada ?

Le 8 décembre 2007, j’ai eu grand plaisir à écouter le Québécois Daniel Weinstock qui nous a fait un exposé intitulé « {Identités et sociétés multiculturelles} ». C’était à Paris, dans le prestigieux siège de l’UNESCO. L’enregistrement audio de son intervention est disponible sous le site [Islam & Laïcité->http://www.islamlaicite.org/IMG/mp3/weinstock.mp3], association qui avait organisé une conférence portant justement sur les « {Identités, appartenances, diversités – Islam et identité nationale.} »

Je ne m’attarderai pas sur les détails de cette séance pour m’intéresser à l’idée de laïcité ouverte dont M. Weinstock se considère, en quelque sorte, comme un « co-géniteur » (cf. son intervention à partir de la 28ème minute).

Voilà comment ce thème est introduit par notre conférencier : « {S’il est possible d’entamer maintenant une réflexion philosophiquement sérieuse sur la manière de gérer les accommodements raisonnables, notamment pour des motifs religieux, je crois que la Commission Bouchard Taylor serait bien avisée d’entamer une réflexion sur la laïcité.} »

Avant d’esquisser les contours de sa propre conception de la laïcité, M. Weinstock précise que le Canada est un pays qui n’est actuellement ni théocratique ni laïque : « {… Ce n’est qu’en 2008 que le Québec n’aura plus d’éducation religieuse professionnelle à l’école} ». Il pense qu’aujourd’hui, au Canada, « {la notion de laïcité est utilisée notamment dans un contexte anti-islamiste, islamophobe : tout d’un coup on se découvre laïque au Québec parce que, essentiellement, on n’aime pas trop les femmes voilées, parce que, essentiellement, on aime pas trop … (silence – complément d’objet non explicité), la laïcité est devenue une manière politiquement correcte de dire des choses méchantes, notamment à l’endroit de la communauté musulmane…} »
« {La laïcité pour moi est essentiellement comme le principe de neutralité. Sur les affaires de religion, sur les affaires de différences culturelles, l’Etat doit être scrupuleusement neutre. On peut voir cette exigence de deux manières : une manière française, une manière qu’on caricature souvent comme étant la manière française,… c’est comme un principe catégorique : quand vous occupez une position officielle, dans un espace officiel, pas de croix, pas de kippa, pas de voile, pas de quoi que ce soit…. Moi je verrais plutôt une laïcité ouverte qui pousserait pour une neutralité que je verrais comme étant un essaim institutionnel. Alors on peut se poser la question suivante : qu’est ce qui produit l’effet de neutralité le plus important ? Une société dans laquelle la neutralité de principe telle que je viens de la décrire est pratiquée, mais qui exclue potentiellement de postes officiels des individus dont les obligations religieuses les forcent à porter le voile, la kippa, la croix ou tout ce que vous voulez ? Ou bien une société qui dit « écoutez, dans la mesure où vous faites votre travail de manière neutre, dans la mesure où rien dans ce que vous faites ne trahit une obédience particulière, portez ce que vous voulez » ?
Ce qui fait que, par exemple, notre fonction publique pourrait être plus représentative de ce qui est véritablement la société, que ne le serait une société laïque plutôt sur le mode « principiel », qui bloquerait à l’entrée des individus dont les obligations religieuses, encore une fois, les obligeraient à porter tel ou tel signe religieux. Je crois que pour des raisons aussi bien philosophiques que pratiques, il est peut être de mise, d’étudier au moins la possibilité d’instituer une forme de laïcité donc plus ouverte…} »

Reconnaissons d’abord à M. Weinstock le mérite d’être absolument clair dans l’exposé de ses idées : s’il opte pour une « laïcité ouverte », c’est parce qu’il considère qu’une laïcité à la française « bloquerait à l’entrée des individus … », autrement dit, il considère que la laïcité française est fermée. Mais sait-il qu’en France un débat contradictoire a déjà eu lieu sur le même sujet ?

Même Jean Baubérot[[Jean Baubérot est professeur à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes à Paris. Il a été le seul membre de la Commission Stasi à refuser une législation interdisant l'affichage ostentatoire de signes religieux à l'école publique française]] , historien français de la laïcité, soupçonné d’être adepte d’une laïcité ouverte, nous met en garde : « {{ {une laïcité ouverte peut se trouver happée par les religions (ou tout autre doctrine) auxquelles elle s’ouvre} }} »[[Voir son article du 15 janvier 2005, consacré, justement, au sujet qui nous préoccupe : « [Laïcité ouverte ?->http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2005/01/15/laicite_ouverte.html] »]] .

Il me semble que M. Weinstock serait bien avisé de considérer que les religions sont intimement liées à une certaine conception de la communauté qu’elles ont vite fait de transformer en peuple. On ne peut oublier que les religions ont aussi été fondatrices de nations, donc de « légitimités » et d’autorités, non seulement spirituelles et célestes, mais aussi platement terrestres. En tant que Français musulman, je suis toujours atterré de constater que beaucoup de mes coreligionnaires établis en Europe (certains depuis des générations) se définissent avant tout comme musulmans, se rattachant beaucoup plus à la oumma (nation) musulmane qu’aux pays d’asile politique ou d’émigration économique, dont ils devraient se considérer comme citoyens[[Un sondage du Pew Global Attitudes Project révélait en juin 2006 que 81% des musulmans sondés se considéraient « avant tout comme musulmans » et seulement 7% « avant tout comme citoyens d'Angleterre ». (69% resp. 3% en Espagne, 66% resp. 13% en Allemagne et 46% resp. 42% en France). Heureusement que c'est au pays de la LAÏCITE que les musulmans se considèrent à 42% comme citoyens français. Malgré cela, l'identification à l'Europe pose donc de sérieux problèmes à mes coreligionnaires]].

En tant que citoyen canadien et membre de la communauté juive, M. Weinstock sait très bien combien il a été problématique pour le ²peuple juif² de toujours se considérer en diaspora ou d’être relégué à ce statut peu enviable. Je crois que les religions ont toujours eu comme objectif déclaré de « séparer le bon grain de l’ivraie ». Nous devons nous avouer que le judaïsme, dont M. Weinstock a hérité, et que l’islam, dont j’ai hérité, ont la fâcheuse capacité de bien ficeler les individus dans un solide cocon de soie clanique et communautaire, fait de prescriptions contraignantes, d’interdits divers et variés, s’immisçant dans ce que contient mon sandwich ou mon assiette, y compris à la cantine scolaire et dans les réceptions où je suis invité, dans ce que contient mon verre, dans mes relations matrimoniales, dans mes carrés sépulcraux qu’il me faut choisir à part ou à l’écart, dans mes signes voyants et particuliers d’appartenance, le marquage dans ma chair qui me lie à tout jamais à la confrérie des circoncis… tout cela dans une belle chaleur filiale, festive et liturgique faite d’attachement maladif à la langue des patriarches aussi étrangers pour nous autres que Mathusalem. En somme , il s’agit là de mécanismes religieux qui s’inscrivent dans le corps, l’espace et le temps pour nous enraciner dans un ailleurs spatio-temporel mythique : à Jérusalem d’avant les Romains et à la Mecque et Médine du VIIe siècle. En un mot, à force d’être attachantes, les religions juive et musulmane finissent par être collantes et handicapantes pour les individus que nous sommes.

Comme je l’ai expliqué à M. Weinstock et à son audience de l’UNESCO, le voile de ma sœur musulmane crie à tous ceux qui ont un peu de cœur pour l’entendre, qu’elle est réservée aux musulmans et aux convertis bien circoncis. Les voiles sont, à n’en pas douter, des cloisons ambulantes, si elles ne sont pas carrément hideuses et dégradantes (voiles intégraux). Le vivre-ensemble (j’insiste sur ensemble) dans ce cas est forcément très difficile, si ce n’est impossible. A moins que M. Weinstock ne se voile la face, son concept de « laïcité ouverte » risque de se révéler résolument promoteur d’un laisser aller, d’un laisser vivre à côté, à part ou carrément à l’écart. Ceci n’est pas un projet d’avenir, nullement souhaitable pour un Canada ou pour tout autre pays libre, accueillant et ouvert. En émigrant au Canada, beaucoup de musulmans, et surtout de musulmanes, espéraient pouvoir ainsi échapper à l’emprise religieuse de leurs sociétés d’origine. Leurs espoirs risquent d’être trahis par l’attitude faussement libérale de M. Weinstock qui conférerait une légitimité, une visibilité et donc un poids prépondérant aux tenants des ficelles à soie dont se drapent certaines minorités visibles et très actives.

Pour initier une réelle fusion humaniste au sein de nouvelles nations faites, non seulement de liberté, mais aussi d’une réelle ouverture sur les autres, nous autres juifs et musulmans, nous devons remettre en question et renoncer à ce qui est séparatiste, clanique et communautariste dans les prescriptions de nos deux religions sœurs puisées aux mêmes sources de nos patriarches communs. Nous devons tous œuvrer, main dans la main, pour abattre définitivement les cloisons et les murs de nos propres ghettos ancestraux ! Je n’ai pas honte à dire qu’il y a deux mille ans, deux cousins très célèbres nous ont un peu donné l’exemple : Jésus et Saül (alias St Paul).

Cet article m’a été commandé par [{{Point de Bascule}}->http://pointdebasculecanada.ca/], site Canadien à consulter avec beaucoup d’intérêt.

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Echange pas très courtois avec un laïque : M. Raphaël Lellouche

{{{De : Raphael Lellouche}}}

Lundi 10 décembre 2007

À : ripostelaique@orange.fr

Objet : Riposte Laique 17

Cher Cyrano,

Je partage dans ce combat, vous le savez sans doute, maints motifs et maintes causes avec vous.

Malheureusement, je dois vous dire que j’ai été mis mal à l’aise par ce que vous dites des juifs. Je comprends
bien que, soucieux de ne pas apparaître unilatéralement « islamophobes » pour ne pas prêter le flanc à la machine de guerre Tubiana-Aounit, vous veilliez à établir une égale mesure vis-à-vis des fanatiques de tous les bords monothéistes (il y a aussi, soit dit en passant, des fanatismes polythéistes voire athéistes), et qu’une pointe bien sentie, ici où là, à l’encontre des intégristes juifs et catholiques puisse quelque fois faire bonne mesure et être bienvenue. Mais vous savez parfaitement que le péril intégriste qui met notre culture profane et laïque en danger est bien unilatéral: c’est l’islamisme. Une petite minorité de juifs ultra-pieux, et même de catholiques intégristes, ne menace nullement (et n’a aucunement L’INTENTION de menacer ou de détruire) les valeurs de notre société laïque (c’est-à-dire profane et ouverte, bref libre). Seul l’islamisme est une menace réelle, massive, consciente et intentionnellement destructrice pour nos sociétés. Et à vrai dire, vous savez bien qu’il les a déjà en partie vaincues.

C’est pourquoi je trouve votre « symétrie » artificielle et désastreuse. Malhonnête et suspecte.

Inutile de vous dire aussi que les acrobaties sémantiques d’Empédoclatès sur la manipulation langagière selon lesquelles le mot « antisémitisme » aurait été détourné de son sens par les juifs, qui l’auraient réquisitionné à leur profit, argumentation qui, sous prétexte d’étymologie, voudrait lui attribuer un sens en réalité tout à fait inédit, celui d’hostilité à tous les « sémites », ces contorsions pseudo-sémantiques, dis-je, sont ridicules et scandaleuses. {{Quel que soit ici le verdict de l’étymologie, le mot « antisémitisme » ne désigne en aucun cas, sachez-le, l’hostilité à l’égard des « sémites », mais bien la haine des juifs. Je trouve d’ailleurs que le recours à cet argument (dont je retrouve les traces en tête de l’article de Pascal Hilout – que je connais et qui, ici, me déçoit gravement) dégage un fumet quelque peu méphitique, qui m’a étonné de votre part. Remarquant sa reprise par Hilout, je subodore ici quelque « ligne » éditoriale assez suspecte}}.

L’étymologie n’est pas la seule détermination du sens des mots. Il se trouve que je suis, par profession, spécialiste de sémantique, et vous pouvez me croire.

Je voulais vous faire part de ce malaise et de cette déception. Elle vient à la suite de la déclaration surréaliste de M. Bercoff selon laquelle le Liban serait la SEULE société pluraliste du Proche-Orient. Cela me conforte dans l’idée que je n’ai sans doute pas eu tout à fait tort de retirer ma signature de votre pétition contre le voile (dont je partage par ailleurs entièrement le contenu déclaratif), car il me semble se confirmer que vous n’êtes sans doute pas ce que j’avais pu croire dans un premier temps.

Notez encore que M. André Bercoff n’a pas répondu à mon mot. Si c’est ainsi que votre billettiste traite ses lecteurs dites-lui directement mes sentiments au sujet de la confusion de sa pensée, qui est de plus en plus évidente à la lecture de son dernier billet, justement, aussi rhétoriquement bulbeux qu’il est mince en teneur intellectuelle.

Avec tous mes respects.
Raphaël Lellouche

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{{{De Pascal Hilout}}}

Mardi 11 décembre 2007

Monsieur Lelouche,

Discernons, discernons !

Vous traitez de plusieurs personnes en même temps pour ne pas allez au fond de la chose religieuse.

Je, Mohamed Pascal Hilout, écris en mon nom propre et vous n’avez qu’à démonter mes arguments si vous aimez la sémantique et ses clarifications. Tout sémanticien que vous êtes.

Je ne fais pas comme vous : je ne rajoute pas de « isme » là où il est tout à fait inutile. Je parle des cloisons judéo-islamiques et des religions qui prétendent séparer le bon grain de l’ivraie, qui cloisonnent la sœur chrétienne de la moitié de l’humanité, qui séparent ma sœur musulmane dans son ghetto culinaire, linguistique, matrimoniale, sépulcral, en somme communautaire, sans « iste ».

Osons parler vrai pour clarifier le débat et ne le translatons pas au Moyen-Orient pour ne pas parler des choses qui fâchent, ici et maintenant !

Avec tous mes respects
Mohamed Pascal Hilout
Initiateur du nouvel islam en France

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{{{De Raphaël Lellouche}}}

Mercredi 13 décembre 2007

Monsieur Hilout, « Initiateur du nouvel Islam » (!!)

Votre propos est obscur. Je ne comprends rien à ce que vous dites: quelle « chose religieuse », quelle « choses qui fâchent »? De quoi parlez-vous? Craignant de m’embourber dans une discussion vaseuse parce que votre prose est inintelligible, je ne m’engagerais pas dans un débat de « clarification » avec vous. Exprimez vous d’abord en français compréhensible, nous débattrons ensuite.

Bonne « initiation » et bien à vous
Raphaël Lellouche

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{{{Pascal Hilout}}}

Mercredi 13 décembre 2007

A d’autres, Monsieur Lellouche !

C’est vous qui m’aviez critiqué sans rien préciser.

La charge de la preuve et le devoir de clarification sont toujours dans votre camps.

Développez !

Mais je dois avouez que, déjà, vous n’ajoutez plus d’ismes à tort et à travers. C’est un bon début et je crois que le débat nous fait avancer. De plus, vous ne critiquez plus d’autres personnes dans la foulée pour m’y amalgamer.

Nous pouvons donc parler du pouvoir séparatiste, ségrégationniste et cloisonnant des prescriptions religieuses des trois monothéismes sans nous préoccuper des feux de diversion du Moyen-Orient et des « istes » que vous accusiez de tous les maux.

En un mot, nous discernons mieux.

Les ghettos culinaires, matrimoniaux, linguistiques, sépulcraux des religions juive et islamique ne vous interpellent pas. Vous avez raison, c’est de ma faute : mon expression était si brumeuse !

Avec tous mes respects
Vous voyez que ces respects ne sont pas feints : je n’évite pas la question centrale en m’attaquant à votre personne. Faites en autant Monsieur Lellouche.

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A suivre …

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M. Sarkozy et son honteux abus de langage

Je suis d’origine sémitique mais je ne suis pas juif. Toute ségrégation à mon égard ne sera pas qualifiée d’antisémitisme.

Je suis musulman de confession et je critique l’islam classique afin de le faire évoluer : lui faire admettre l’égalité entre les hommes et les femmes, entre les croyants et les non-croyants, entre les musulmans et les autres croyants.

Mais aujourd’hui, avec les nouveaux amalgames de M. Sarkozy, je crains que ce militantisme utile et nécessaire pour l’émancipation des musulmanes et des musulmans, en France et en Europe, ne sera plus reconnu comme tel ?

Le discours de M. Sarkozy, qui use aujourd’hui de façon inconsidérée d’« islamophobie » rejoint tout simplement celui du MRAP et acolytes malveillants.

{{De qui se moque-t-on ?}}

Au lieu de désigner clairement les choses par leurs noms, de dénoncer les discriminations des juifs, des musulmans, des étrangers (xénophobie), mais aussi les intimidations verbales et les agressions physiques que subissent les Français bien blancs…, au lieu de cela, Monsieur Sarkozy a choisi d’en rajouter du désordre au bazar des Ramadan, CFCM & Confréries.

Monsieur Sakozy n’avait pourtant qu’à dénoncer directement les propos insupportables tenus par Mohamed Cherif Abbès, ministre algérien des Anciens combattants, nullement désavoué par sa hiérarchie et qui considérait que notre président a été élu grâce au lobby juif.

On ne répond pas a de tels propos clairement injurieux envers les Français, toutes convictions et confessions confondues, en faisant appel à un mot ambiguë tel l’« islamophobie » qui n’a rien d’une discrimination.

J’ose affirmer que l’islamophobie est une peur qui a plutôt ses raisons d’être. A ceux qui pouvaient encore en douter, les propos du ministre algérien sont venus nous le confirmer, une fois de plus. L’islam archaïque et ses adeptes, sont porteurs de discriminations flagrantes. En avoir la phobie est une chose salutaire. Face à ce fléau qui ne s’est jamais encombré de précautions langagières, se voiler la face est totalement irresponsable.

Monsieur Sarkozy a eu donc recours à une sorte de compensation qui sonne comme une récompense, une gratification surérogatoire offerte à un racisme de la pire espèce.

A la clarté dans l’expression de son idéologie abjecte, M. Sarkozy a choisi une réponse faite d’imprécision dans sa prétendue dénonciation. Je crois qu’aujourd’hui, la République a perdu sur tous les tableaux, même si le montant des contrats signés pourraient faire oublier cela à une bonne partie de nos compatriotes.

Face au racisme, à la haine du juif et aux ségrégations hideuses, il n’y a pas de compromis possible. Leurs tenants ne peuvent se racheter à coup de milliards de pétrodollars.

Tant que les musulmans ne dénoncent pas clairement les ségrégations inhérentes à l’islam classique et à leur expression par les musulmans au quotidien, y compris par écrit dans leurs quotidiens, il n’y a rien à espérer de cette forme archaïque de la religion ni de ses adeptes. Contrairement au président, j’espère avoir été assez clair dans mon expression.

Que le Président de la République me dénonce enfin en tant qu’islamophobe et que la justice française se charge de trancher à propos de ce délit décrété unilatéralement par M. Sarkozy lors de son voyage en Algérie, sans en référer au parlement. Je m’y plierais de bon gré

Avec tous mes respects, Monsieur le Président

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