Riposte Laïque : une nouvelle aventure

[Voiles, burkas et tchadors, je vous hais->http://www.ripostelaique.com/spip.php?article35]

30 août 2007

[Ces musulmans qui ne disent pas tout sur le Coran->http://www.ripostelaique.com/spip.php?article65]

8 septembre 2007

[Impérialistes, nationalistes et kamikazes, restez groupés ! -> http://www.ripostelaique.com/spip.php?article82]

15 septembre 2007

[Islam de France : concitoyen Fillon, parlez-nous simplement vrai ! -> http://www.ripostelaique.com/spip.php?article95]

21 septembre 2007

[Nous étions au procès de Fanny-> http://www.ripostelaique.com/spip.php?article144]

5 octobre 2007, par Anne Zelensky, Annie Sugier, Pascal Hilout, Pierre Cassen

[Réponse à Caroline Fourest : à Fanny, nous devons soutien et respect-> http://www.ripostelaique.com/spip.php?article149]

11 octobre 2007

[Réponse à Madame Kintzler-> http://www.ripostelaique.com/spip.php?article186]

21 octobre 2007

[Le jeu de cache-cache entre l'islam et la République-> http://www.ripostelaique.com/spip.php?article210]

27 octobre 2007

[Les lois officielles et les lois du ciel-> http://www.ripostelaique.com/spip.php?article238]

5 novembre 2007

[Questions à Marie Perret et à nos autres amis contradicteurs -> http://www.ripostelaique.com/spip.php?article283]

17 novembre 2007

[Algéries mes fantômes-> http://www.ripostelaique.com/spip.php?article306]

24 novembre 2007

{{{Et une pétition}}}

Par ailleurs, Riposte Laïque, Regards de femmes, la Ligue des droits des femmes et la Ligue internationale des droits des femmes n’ont pas seulement soutenu Fanny lors de son procès, mais aussi lancé une pétition : {{[HalteAuVoile->http://www.halteauvoile.fr/]}}

En date du 28 novembre 2007, elle avait recueilli 3400 signatures.

La lutte contre les prescriptions ségrégationnistes et cloisonnantes de l’islam classique, matérialisées par les voiles, les burqas et les tchadors continue.

{{Le but en est l’émancipation des musulmanes et notre ouverture matrimoniale sur les non-convertis et les non-circoncis. En d’autres termes : l’abrogation dans les faits des prescriptions caduques de l’islam classique afin que le brassage, que la France a toujours réussi, puisse aussi continuer avec nous autres musulmans et pour que nous ne consolidions pas les ghettos au sein desquels notre islam classique voudrait bien nous cantonner.}}

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Voiles, burqas et tchadors, je vous hais !

A l’occasion du procès Fanny, j’ai distribué un tract dont le titre était justement « {{Voiles, burqas et tchadors, je vous hais !}} ».

Ce texte avait déjà fait l’objet de publication dans le premier n° de [{{Riposte Laïque}}->http://www.ripostelaique.com/spip.php?article35].

En tête de ce tract, il y avait l’illustration ci-jointe et qui pose la question des deux poids deux mesures que nous avons l’habitude d’adopter ici en France et en Europe.

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Un défilé de mode, c’est tout même beau !

[La collection d'automne 2007->http://www.dailymotion.com/video/x3g81z_le-burka-show-defile-de-mode]

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LibertyVox : après la dissimulation, la récupération

Message envoyé via LibertyVox à l’attention de M. André Dufour

Copie à :
- La rédaction de LibertyVox
- Mme Anne-Marie Delcambre
- Elisseievna
- FFL
- France Echos
- Pavel
- Simon Pilczer

{{Objet : nous n’avons pas les mêmes valeurs !}}

Heureux de forcer votre respect Monsieur Dufour !
Je vous cite à partir de ce que vous avez écrit ici-même sur LibertyVox (http://www.libertyvox.com/article.php?id=276) :

{« {{Les dégueulasses, les collabos, les Ponce Pilate et les infra-laïcistes}}

En raison de problèmes d’ordre privé, je n’ai pas eu la possibilité de m’exprimer depuis la condamnation de Fanny Truchelut par le tribunal d’Epinal, mais Riposte laïque, notre excellent confrère, est courageusement monté au créneau et lui a apporté un soutien sans faille http://www.ripostelaique.com . Nos internautes liront avec profit, si ce n’est déjà fait, les comptes-rendus de l’infâme procès du 5 octobre :
Anne Zelensky http://www.ripostelaique.com/spip.php?auteur22781 , Annie Sugier http://www.ripostelaique.com/spip.php?auteur22761 , Pascal Hilout http://www.ripostelaique.com/spip.php?auteur25 , Pierre Cassen http://www.ripostelaique.com/spip.php?auteur2″}

Pas plus loin que l’été qui vient de s’écouler (2007), les contributeurs de votre site tiraient à boulets rouges sur votre serviteur, avant que je ne sois interdit de me défendre publiquement sur votre honorable forum. Oui, j’ai été au procès de Fanny, je lui ai proposé d’être son témoin moral et j’ai rendu compte de son procès. Je suis un contributeur de Riposte Laïque que vous qualifiez de « notre excellent confrère ».

Cela me flatte, mais le problème avec vous reste entier :
-Ni vous, ni Mme Delcambre, ni tous vos amis de LibertyVox
-Ni Caroline Fourest, ni l’UFAL, ni mes amis progressistes de ResPUBLICA

vous ne daignez répondre publiquement à mes critiques précises et circonstanciées.

Alors Monsieur Dufour, à vous aussi et à vos amis de LibertyVox, je vous le redis clairement et je le publie sur mon site : {{un peu de bonne foi ne peut que vous faire du bien !}}

Vous n’avez nullement besoin d’avoir de respect pour l’islam = Coran+Mahomet mais vous en devez aux concitoyens musulmans car, comme je vous l’ai écrit, la dignité humaine est sacrée, pas les religions et surtout pas l’islam. Seulement, votre site mélange allègrement êtres humains et religion pour des raisons que la raison ne pourrait feindre d’ignorer.

Même si nous avons le même amour pour la France et pour la République, nous n’avons pas gardé les vaches ensemble et nous n’avons pas les mêmes valeurs. Je suis corédacteur de Riposte Laïque et je ne suis en aucun cas votre « excellent confrère », car vous le savez bien, je n’aime pas les confréries qui, comme la votre, finissent toujours par avoir des imams cachés qui se dérobent aux questions qui fâchent.

Je me pose et je vous pose toujours la question suivante : à part M. Fançois Eiffel qui était à peine concerné, pourquoi aucun de vous n’a jamais estimé nécessaire de répondre à mes multiples critiques et mails que je vous ai postés via la messagerie de LibertyVox ?

{{{La dissimulation organisée, Mesdames et Messieurs de LibertyVox, ne serait-elle plus le monopole des Frères Musulmans et de leurs imams ?}}}

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Laïcité ou plutôt émancipation ?

Catherine Kintzler, professeur émérite de philosophie et militante laïque de premier plan ([Mezetulle->http://www.mezetulle.net/]) a publié un article fort intéressant diffusé à grande échelle par l’UFAL (Flash n° 30). Le titre de cet article [La laïcité face au communautarisme et à l'ultra-laïcisme->http://www.mezetulle.net/article-13078343.html], n’y va pas par quatre chemins. Son contenu non plus. Sauf que le problème avec l’islam n’est pas là où Mme Kintzler et bien d’autres militants le situent. Et il ne suffit pas d’accoler un isme à une réelle question islamique en France et en Europe pour la résoudre. Dans ce cas si commun chez tous nos intellectuels, tout le monde mène un combat à l’extrême périphérie pour ne pas s’approcher du buisson ardent, coeur du réacteur.

Comme je fais partie de l’équipe rédactionnelle de Riposte Laïque, visée par le qualificatif d’ultra-laïcisme, je ne pouvais que réagir et prendre position, en mon nom personnel, par rapport à cette accusation.

C’est dans le respect le plus total que cet échange a commencé et j’espère qu’il se prolongera afin de clarifier ce débat essentiel. En parlant de clarification, Caroline Fourest a elle aussi publié un texte portant sur le sujet qui nous préoccupe ici. Le clivage est apparu au grand jour autour de l’affaire dont j’ai donné ici-même quelques détails (voir : [Procès Fanny : elle n'est pas contre les musulmans, elle est contre le voile->http://nouvel-islam.org/article.php3?id_article=110]).

La lecture du texte de Caroline Fourest est aussi fortement recommandée : [Laïcité : la clarification est un combat (à propos de l'affaire d'Epinal)->http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/10/06/1759-laicite-la-clarification-est-un-combat-a-propos-de-l-affaire-d-epinal]
C’est dans Riposte Laïque que j’ai formulé une réponse circonstanciée à Caroline Fourest que je respecte : [À Fanny, nous devons soutien et respect->http://www.ripostelaique.com/spip.php?article149]

Bernard Teper, président de l’UFAL a aussi contribué à ce débat en prenant la plume dans le Flash n° 31 : [1 - Qu'est-ce que la laïcité ?->http://www.ufal.info/media_flash/lettres/31.htm#goArticle1]

La présente page est donc le reflet d’un débat sans concession avec des amis laïques et progressistes et j’espère qu’elle contribuera à le faire avancer tout en allant au fond de nos divergences. Je vais y user de mon arme préférée : l’humour qui permet de disserter dans la joie et la bonne humeur et d’explorer les voies que notre bienveillance contourne souvent pour ne pas déranger notre mauvaise conscience. En somme, j’userai de mon habituelle arme spirituelle. J’aimerais tant que Dieu rit un jour de nos misères humaines et fasse rire puis vibrer tout le vaste univers au diapason de son diaphragme. « Dieu le très Miséricordieux, Rigolo et très Joyeux » pourrait bien être la révélation du nom divin que tous les monothéistes attendaient !

Redevenons sérieux, à l’image actuelle des Dieux !

Voici le premier texte que j’ai envoyé à Mme Kintzler :
———

Madame Kintzler,

Je suis musulman, fils de voilée intégrale et je soutiens Fanny. J’ai été à son procès et j’ai affiché, devant et dans le tribunal, une pancarte où j’avais inscrit ceci : « Femmes, je vous aime ! Et vous méritez mieux que les voiles ! » (voir dessin ici : http://www.nouvel-islam.org/article.php3?id_article=110 ).

Cela ne fait pas de moi un ultra-laïciste et je vais essayer de vous expliquer pourquoi. Ce qui m’en préserve, me semble-t-il, c’est le discernement. Ma devise première est : « La dignité humaine est sacrée, pas les religions » et encore moins l’islam classique qui a peu de respect pour ma douce moitié. Ce qui m’en préserve aussi, c’est que je ne peux en aucun cas mettre la croix ou le coran sous forme de médaillon suspendus au cou d’une jeune fille sur un même pied d’égalité que le voile, la burka ou le tchador. L’honnêteté intellectuelle m’interdit aussi de ranger la kippa, le turban sikh et la soutane dans le même tiroir que les voiles islamiques.

Je me demande comment on pourrait aligner tous ces signes et symboles plus ou moins occultants, plus ou moins symboliques, dans une seule et même phrase, alors que la seule chose qu’ils ont en commun, d’après moi, est l’adjectif qualificatif relatif à des religions bien différentes, si ce n’est opposées (sikhisme versus islam par exemple).

Dans l’éditorial que vous avez écrit pour le flash UFAL n° 30, il me semble que vous vous êtes engagée sur une piste que vous maîtrisez à fond alors qu’il fallait prendre la piste juste à côté. Ainsi, toute votre analyse s’en est trouvée dévoyée. Ce n’est pas une méprise qui vous serait propre, mais c’est aussi l’erreur de pas mal de nos intellectuels et militants progressistes qui invoquent la laïcité à toute occasion, alors que la laïcité n’est que le préalable à d’autres combats, d’une tout autre nature. La lutte pour l’émancipation des femmes connaît son apogée bien après 1905. La militance pour l’émancipation de mes coreligionnaires musulmanes n’a que peu de choses à voir avec la laïcité et elle ne passera jamais par une absurde interdiction -dans la même foulée- de la kippa, de la croix ou du turban sikh dans l’espace public.

Un de mes témoignages moraux a été lu au procès de Michèle Vianès contre la voilée Mme Kadda. J’y avais déjà déclaré la guerre (des mots, du verbe, des signes) aux voiles, aux burkas et aux tchadors. J’ai récidivé au procès de Fanny et j’ai distribué un tract qui proclamait : « [Voiles, burkas et tchadors, je vous hais ! Vous avez étouffé ma grand-mère et ma mère en Afrique du Nord et vous voulez brimer ma petite fille en France et en Europe->http://www.ripostelaique.com/spip.php?article35] ».

Cela, Madame Kintzler, n’a rien à voir avec la laïcité. Cela touche à l’injustice faite aux femmes dans l’islam classique dont je suis héritier et cela est incompatible, avant tout, avec la déclaration des droits humains, bien placés au-dessus de la loi 1905 et dans nos principes universels.

Les signes religieux ne se valent pas. Vous le savez, vous l’observez, vous le comprenez et vous ne pouvez pas user de l’analogie à leur égard pour les aligner, à la légère, dans une seule et même phrase.

Il me semble que nous ne sommes pas du tout sur la même piste. Toutes vos analyses, très fines et très justes au sujet de la laïcité ne sont pas pertinentes dans le domaine de l’émancipation des musulmanes. Le combat de fond que nous devons mener ne se règle pas à coups de lois magiques. C’est toute la société civile qui doit le mener pour que le regard malsain, porté sur le corps de ma douce moitié, soit renvoyé à son Moyen-âge. Cela se règle à coups de lois sociales tacites que vous ne trouverez pas réunies dans un Code édité par Dalloz.

Avec tous mes respects

Mohamed Pascal Hilout

Initiateur du nouvel islam en France

Et corédacteur de Riposte Laïque.

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Madame Kintzler a très vite répondu à ce texte que j’ai posté sur le site de l’UFAL mais qui, malheureusement, n’est pas versé au forum public qui aurait pu, tout de même, accompagner les articles que cette organisation publie. C’est après cela que j’ai obtenu l’adresse du blog de Mme Kintzler qui avait déjà répondu à d’autres internautes et qui a aussi réagi à mes remarques. Voici ce qu’elle écrit :

Cher Mohamed Pascal Hilout,

Nous nous sommes rencontrés lors du combat mené en commun pour sortir le voile – avec les autres signes religieux – de l’école publique.

Tout ce que vous dites sur la nature infamante de ce voile, j’en suis convaincue. Je suis bien d’accord avec vous sur ce point : derrière ce voile se cache un programme moral et politique. Ceux qui doutent aujourd’hui de mon opposition idéologique et politique à l’islamisme intégriste ne se rappellent peut-être pas ma position dans l’affaire Redeker et dans l’affaire des caricatures : on peut en prendre connaissance sur ce blog ([Redeker mort ou vivant ?->http://www.mezetulle.net/article-4084819.html]). Or je n’ai pas changé.

Vous situez vous-même très bien la difficulté sur laquelle je veux attirer l’attention des républicains et des laïques, je cite :

« Le problème est que celles qui le [le voile] portent ne disent jamais ce qu’il donne à voir « .

Effectivement en France ce n’est pas dit. Car si c’était dit, cela tomberait immédiatement sous le coup de la loi, et nous n’aurions pas d’autre problème que de la faire appliquer dans toute sa rigueur (je vous signale que c’est le cas pour le voile intégral qui fait obstacle à l’identification physique de la personne). Et il faut sans relâche dénoncer les délits commis : mariages forcés, « crimes d’honneur », séquestrations, etc.

Mais la loi ne peut pas décider qu’il y a délit en attribuant un sens à quelque chose qui n’est pas déclaré : le délit doit être constitué. Et si elle pouvait le faire, si elle pouvait décréter qu’il y a des crimes et des délits sur simple interprétation, sur le « sens » qu’on attribue à tel ou tel geste, telle ou telle attitude, alors ce serait la porte ouverte à une législation d’inquisition, qui peut condamner n’importe qui pour avoir pensé ou suggéré un délit. La loi deviendrait comme ces gamins qui vous agressent pour les avoir regardés. Ce que je défends, c’est la liberté républicaine : c’est la forme de la liberté.

Je ne renoncerai pas à cette conception de la liberté.

C’est ça, le sillon que je creuse.

C’est précisément l’usage de cette liberté qui me permet de mener le combat idéologique et politique contre les intégrismes de tout poil.

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Et voici ma deuxième réponse :

Madame Kintzler,

Il me semble qu’avec mon islam classique, la France et ses intellectuels ont un réel problème, jamais mis à nu ni clairement exposé. Et ce n’est pas en restant voilés que les vrais mariages se consomment. Je ne veux pas de mariages qui ne permettent que d’obtenir des papiers. Entre nous, il me semble qu’il y a toujours une sorte d’épisode raté et vite bâclé que nos intellectuels progressistes ne veulent nullement revisiter au ralenti, afin de ne jamais s’y investir avec passion. Je voudrais donc tenter de vous y contraindre quand même, Mme Kintzler, afin qu’après une belle scène de ménage, l’islam et la France clarifient le contrat de mariage qui est sensé nous unir dorénavant à la vie et à la mort. Et si ça rate complètement, qu’on divorce enfin à l’amiable ![[ Pour la petite histoire : Le président Sarkozy et Cécilia viennent d'officialiser justement leur divorce]]

Autant l’héritage judéo-chrétien a fait l’objet d’une critique radicale (de belles scènes de ménage) sur la base de laquelle l’Europe tout entière a construit son humanisme et sa modernité, autant l’islam, faisant partie ‘intégrante’ de la France depuis au moins 1830, a toujours été un lieu de mauvaise conscience et de tolérance de l’intolérable. Je vous le dis clairement à vous, à Caroline Fourest et à tous mes amis progressistes : la tolérance m’est aujourd’hui de plus en plus insupportable !

Regardons d’abord le film muet de nos fiançailles. La loi 1905 commence enfin à s’appliquer à l’islam en métropole alors qu’elle l’avait complètement ignoré en son temps. C’est même en 1926 que les finances publiques ont été sollicitées (détournées diraient les ultras ou strictes laïcistes) afin de construire la Grande Mosquée de Paris. En reconnaissance pour les musulmans morts pendant la Grande Guerre, dira-t-on, pour oublier qu’il s’agissait bien d’autres raisons stratégiques qui n’appliquaient jamais les mêmes poids et les mêmes mesures à l’islam et au judéo-christianisme.

En 1865, Gaston Crémieux décrète d’un trait de plume qu’à tous les juifs algériens (polygames tout autant que les musulmans) sera appliqué le statut personnel de la République et la citoyenneté entière, alors qu’il laisse les mêmes musulmanes régies par les lois de la discrimination inique et de la répudiation unilatérale.

Mais ça c’est de la vieille histoire, me diriez vous avec raison. Revenons aux données du temps présent.

J’aimerais bien lire de vraies critiques citoyennes et radicales qui renvoie tout simplement mon islam classique à son Moyen-âge. Je n’en peux plus de voir mes amis progressistes continuer à voiler cet islam classique de multiples couches d’ « ismes » et d’ « istes ». Seule la droite extrêmiste ose cette vérité mais, elle la fonde sur d’autres considérations que l’émancipation des musulmanes et des musulmans.

Sachez une fois pour toute que ce n’étaient pas du tout les islamistes qui avaient prescrit le djihad, le droit de battre sa femme dès qu’on craint sa résistance, le voile, l’endogamie pour nos musulmanes…

Arrêtez donc définitivement d’en rajouter des ismes et des istes (comme dans votre présent article) là où ils sont tout à fait mal placés et, je dirais même, déplacés si ce n’est hypocrites ! Dorénavant, vous ne pourrez plus me dire que vous ne le saviez pas.

C’est bien cela qui fait qu’il y a un hiatus, un décalage entre notre critique acerbe et un traitement sans concession dans Charlie Hebdo et tous les journaux de ce qui a trait au christianisme et une discrétion frisant l’hypocrisie dès qu’il est question de l’islam.

Y en a marre : il n’y en a que pour critiquer l’Eglise, le christianisme et rien pour mon Prophète ! C’est une discrimination intolérable. « Mais c’est un scaaandale Monsieur El-Kabach ! » aurait crié feu Georges Marchais !

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Après publication par Bernard Teper de son article cité ci-dessus dans le Flash UFAL n° 31, je lui ai envoyé ainsi qu’à Mme Kintzler, les remarques suivantes :

Mais qui vous a dit le contraire cher Bernard et chère Catherine ??

Vous tranchez d’avance le débat à peine engagé en écrivant par exemple : « L’affaire du gîte des Vosges est l’occasion, pour certains, de réclamer « l’extension de la loi du 15 mars 2004″ à la sphère privée » ; alors que, comme je l’ai déjà écrit à Catherine, il s’agit beaucoup plus d’émancipation des citoyennes musulmanes que de laïcité. Ne nous engagez pas tous sur une évidente fausse piste en faisant une analogie à la va vite avec le 15-03-04, pour mieux ridiculiser notre combat bel et bien commun malgré les différences tout à fait légitimes qu’il nous faut tous respecter.

N’attendez surtout pas de moi que je dise du mal de vous alors que je suis persuadé que vous nous serez d’une grande utilité. Au moins comme gardes-fous (c’est moi le fou de d’Allah ultra-laïciste) pour nous éviter des bêtises et des errements. Mais, comme j’ai de la considération pour vous, je ne vous ferais aucun cadeau dans ce débat !

Je suis tout à fait conscient que Fanny enfreint la loi. D’ailleurs elle aussi, elle s’assume et nous ne pouvons que l’assumer avec elle, mais elle a le courage de dire NON à cette tenue de fermeture et ose exiger une tenue d’ouverture dans les parties communes de son gîte. Elle veut énoncer clairement la loi sociale qui, en France, régit tacitement notre vivre-ensemble et non pas à côté ou à l’écart ; loi sociale tacite qui permet nos appéritifs communs, facilite l’exogamie, le melting-pot mon pote et me permet d’épouser une non musulmane. Fanny ose dénoncer cette autre loi céleste matérialisée par les voiles qui ne te permet point, cher Bernard, d’épouser ma soeur musulmane et voilée, la Houria Demiati qui entre dans son gîte, tant que que tu ne t’es pas converti et raccourci le bout du zizi !

C’est cela, entre autres, que te dis publiquement le voile de ma soeur, mais que seule Fanny voit venir sans baisser le regard. Adieu le baiser-ensemble et l’appéritif ! Elle perdra certainement le procès, mais nous gagnerons la bataille d’une communauté humaine et nationale ouverte et élargie si toute la société civile ne croit pas encore une foi à l’effet d’une loi magique qui amalgamerait tous les signes religieux pour ne pas affronter l’horreur ambulante de la réclusion, du cloisonnement, édictée par la loi céleste et oppressante, Ici et Maintenant; parmi nous en France et en Europe du XXIe siècle.

Vous pouvez tortiller comme vous voulez, vous n’y échapperez pas, vous finirez par appeler une chatte une chatte et vous ne vous voilerez plus la face derrière des ismes et des istes complètement inutiles. Osez m’affronter moi, votre islam de France qui vous nargue depuis 1830 : soyez de bonne foi et ayez l’obligeance de me parler vrai !

Il y va de ne pas accepter l’édification de ghettos matrimoniaux, sépulcraux, linguistico-liturgiques qui, sinon, dans deux mille ans, nous garderons dans notre réserve de diaspora, de père en fils. C’est en cela que la droite, certes pour des raisons xénophobes, a tout de même quelques longueurs d’avance que mes amis bien pensants de gauche qui n’ont pas affronté le voile à l’école mais uniquement « les signes religieux à l’école publique », comme si on formait nos enfants uniquement à l’école publique.

Ta première phrase, qui est la pierre angulaire de ton édifice, n’est pas valide et j’espère que tu oseras réviser tes positions.

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Aujourd’hui, dimance 28/10/2007, ni Bernard Teper ni Catherine Kintzler n’ont répondu à ce dernier message. La balle est donc dans le camp des bienveillants.

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Affaire et débat à suivre…

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Procès Fanny : elle n’est pas contre les musulmans, elle est contre le voile

Je ne connaissais pas l’accusée, Madame Truchelut (Fanny) et je ne connaissais pas son avocat, Me Varaut. La plaignante, Madame Houria Demiati, Française de la région parisienne, je ne la connaissais pas non plus. Mais mardi 2 octobre 2007, j’ai eu l’occasion de participer à l’audience qui les a opposées au Tribunal de grande instance d’Epinal. Dans cette affaire, Mme Demiati est soutenue non seulement par le MRAP local et national qui a délégué un avocat, mais aussi par la LICRA et la LDH.

Bien des organes de presse, aussi bien locale que nationale, et plusieurs médias radiophoniques et télévisuels ne s’y sont pas trompé : ils étaient bien représentés dans ce tribunal non loin des bords de la Moselle. En effet, il ne s’agissait pas d’un banal différend entre deux dames ayant tout simplement deux visions opposées sur les foulard et l’émancipation des femmes, mais bel et bien d’une affaire qui dessine et précise les contours de notre société de demain, celle que nous lèguerons à nos petites filles, en France et en Europe. Une partie de nos citoyennes, représentent déjà aujourd’hui la Marianne re-voilée, non pas d’un bonnet phrygien ou d’un foulard noué sous le menton, comme pour aller à la messe, mais d’un voile islamique, aussi hermétique que les côtes de mailles que Jeanne d’Arc aurait mis sous le heaume, autour du cou et sur les épaules afin que tout interstice soit protégé des agressions de l’ennemi : l’homme et son réel ou supposé excès de testostérone.

{{{1 – Les faits}}}
Les deux protagonistes sont d’accord sur l’essentiel : Madame Houria Demiati a réservé sous son nom, dont la consonance ne laisse aucun doute sur son origine sud-méditerranéenne. Elle a même envoyé un chèque (pour les arrhes) et eu confirmation de la réservation. Le cas de racisme ne peut être sérieusement invoqué. Mme Demiati a même redit que Mme Truchelut a bien été correcte avec elle lors des deux échanges téléphoniques qu’elles ont eus. La divergence ne concerne que quelques petits détails, mais surtout les raisons du refus :
- L’accusée dit avoir demandé à Mme Demiati et à sa mère de bien vouloir ne pas arborer leurs voiles dans les parties communes, afin de ne pas indisposer les autres occupants du gîte et de garder au lieu son cachet de convivialité où les familles ont l’habitude de partager plus que les produits du terroir et les apéritifs. Même si Mme Demiati n’était pas d’accord, son hôte ne l’a pas renvoyée dès le couloir de réception : elle a eu la politesse de la faire entrer plus avant et de l’accompagner jusqu’à l’entrée de l’appartement que la famille devait occuper.
- Mme Demiati affirme que le refus qui lui était opposé était général et ne s’étendait pas uniquement aux parties communes ; comme si ce que faisaient Mme Demiati et sa mère dans l’intimité, ou loin du gîte, pouvait incommoder un quelconque co-gîtant.
En tout état de cause, l’accueil était frais et les parties n’étant pas tombées d’accord, Mme Truchelut a remis le chèque d’arrhes et l’affaire s’est terminée par une plainte.

{{{2 – Les questions des avocats}}}
Questionnée sur les raisons qui l’ont poussée à refuser la location du gîte à des voilées Mme Truchelut a expliqué que pour elle le voile est symbole de domination du mâle, chose qu’elle a vécue dans sa chair puisqu’à quatorze ans son père l’avais mise au travail et empochait son salaire. Ayant vu naître les mouvements féministes et la libération des femmes, acquise de haute lutte, elle ne veut se résigner à accepter cette régression introduite par les femmes voilées et leurs filles re-voilées.

Me Tubiana, ancien président de la Ligue des droits de l’homme (LDH) demande à Mme Truchelut si une sœur chrétienne aurait essuyé le même refus que les Démiati. Dans une spontanéité toute naturelle et sans mesurer la portée des termes qu’elle utilise, l’accusé répond que ce n’était pas pareil, car pour les sœurs chrétiennes c’est un métier. Et l’avocat d’enfoncer le clou en demandant si une kippa aurait trouvé grâce à ses yeux. La réponse fut brève : la kippa c’est pas pareil et de toute façon ces signes appartiennent à la sphère privée.

L’avocat de la défense, Maître Varaut, voulait savoir pourquoi Mme Demiati portait le voile. Cette dernière a expliqué que c’était l’aboutissement d’un cheminement spirituel qu’elle aurait entrepris. Mais lorsqu’elle est interrogée sur ce que le voile signifie pour elle, l’avocat n’aura pas de réponse même s’il insiste plusieurs fois. Ce que le voile donne à voir restera donc dissimulé.

{{{3 – Le procureur de la République}}}
Commençons par la fin : l’accusation de discrimination est retenue par le procureur de la République qui demande une condamnation à six mois de prison avec sursis et 1500 € d’amende. Le motif invoqué n’est pas seulement le fait avéré et assumé par l’accusée à savoir le refus de louer un gîte à des musulmanes voilées et des musulmans dont les convictions restent intimes, mais surtout pour l’exemple. Le procureur invoque l’environnement général qui laisse craindre le retours de temps très durs et il cite même des extraits d’injures tirées de la toile et une lettre anonyme qui n’avait pas de rapport direct avec le procès, mais qui exprimait un racisme contre une magistrate, d’origine visiblement nord-africaine, dont les termes sont ignobles.

{{{4 – Plaidoyer de la défense}}}
C’est en fin de séance que la parole est enfin donnée à Me Varaut. Ce fut pour moi et je crois aussi pour toute la salle, une leçon magistrale. Oui, je l’avoue volontiers : nous autres militants de gauche et pour la laïcité, nous pouvons nous instruire en écoutant attentivement l’avocat du Mouvement pour la France. Je ne comprenais pas pourquoi Me Varaut ne voulait pas entendre parler des laïques, dont je fais partie, qui venaient soutenir Mme Truchelut. Grâce à la brillante plaidoirie de Me Varaut, je sais que je me suis trompé. L’avocat a su forcer le respect de la salle tout au long de l’exposé détaillé et bien étayé qu’il nous a livré. Le calme le plus total était revenu dans la salle et il n’y avait pas un seul mot déplacé ou de mobilisation de sentiments de bas étages pour nous apitoyer ou faire appel à notre indignation, mais une démonstration simple.

La question posée, qui est restée sans réponse, n’était nullement une question de laïcité, mais bien la signification du voile et son atteinte à la dignité des femmes. Oui, comme Me Varaut l’a si bien dit, nos plus hautes autorités et nos parlementaires ont eu besoin de deux commissions et de mois et des mois d’enquêtes pour démêler la question du voile à l’école publique, alors que sa cliente n’avait que quelques secondes pour décider si ces voiles ne risquaient pas de transformer l’espace commun et de convivialité de son gîte en un lieu de fermeture aux autres. Dans notre cas, à l’ennemi qu’est l’homme.

L’avocat a très bien expliqué que notre législateur a évité de prendre ses réelles responsabilités : tout le monde savait qu’il s’agissait du problème des voiles à l’école, mais on a transformé tout cela en principe de laïcité qui a débouché sur une loi contre les signes religieux à l’école.

La question reste donc posée, aussi bien à nos députés, à la société qu’au pauvre juge d’Epinal qui se retrouve dans la situation des chefs d’établissements de 1989 à la rentrée 2005 : quelle est la signification du voile ? Me Varaut a bien expliqué qu’il ne peut être invoqué comme signe religieux puisque des responsables musulmans comme le président Bourguiba et le roi Mohamed V, grand-père de l’actuel roi du Maroc, ont invité les musulmanes à ôter leur voile pour s’émanciper. Les Marocaines, les Tunisiennes et les Turques qui ne portent pas le voile, n’en sont pas pour autant moins musulmanes.

Il est donc temps de comprendre que la laïcité est un préalable pour un autre combat : celui des droits de la femme. Ce n’est pas le même combat. Les voilées et leurs supporters usent à merveille de ce leurre alors qu’il nous faut combattre ce retardateur de l’émancipation qui occupe et pervertit l’espace visuel et esthétique pour nous signifier que la femme est un sexe, des orteils à la dernière mèche de cheveux. Le voile veut mettre sa chape sur nos filles, il sépare les êtres et, si on n’y prend pas garde, il constituera le signe le plus tangible de notre ghetto intérieur et l’interdiction à nos filles musulmanes d’épouser des non musulmans y compris des ex-musulmans.

Je dois avouer que j’ai été ravi de faire la connaissance de Fanny, fille d’une gentillesse et d’une simplicité désarmantes. Elle ne calcule pas la porté de ce qu’elle dit alors que Houria Démiati savait très bien soigner son image : elle était flanquée d’une belle jeune fille en cheveux et de la militante du MRAP aux yeux bien bleus. Je ne sais pas si elle l’a fait exprès, mais elle n’était pas accompagnée de sa maman marocaine qui porte certainement toujours une djellaba, telle que Fanny l’avait vu arriver dans son gîte.

Comme j’avais distribué des tracts où je réaffirmais ma guerre déclarée aux voiles-burkas-et-tchadors et affiché une plaquette à l’entrée du tribunal qui disait « { {{Femmes je vous aime ! Et vous méritez mieux que les voiles}} } », j’ai tenté d’avoir le sentiment de Mme Demiati au sein de tribunal. Mais rien à faire, on sentait que tout le monde avait reçu les consignes avisées des avocats et ne répondait à aucune question. Et c’est finalement moi qui était interrogé sur la signification que je donnais au voile. Et lorsque j’ai expliqué que nos filles devaient s’en émanciper, Mme Démiati m’a demandé si je la considérais comme non émancipée ? Eh bien oui, lui ai-je expliqué : « {Cela m’étonnerais beaucoup qu’avec votre voile, vous puissiez sortir comme vous l’entendez et puis rentrer en plein milieu de la nuit chez vos parents. Mais votre frère, que voici, lui, il peut le faire} ». Et c’est la militante du MRAP qui m’a demandé de bien vouloir les laisser tranquilles.
{{{La vérité toute nue, il faut la voiler ou, mieux que ça, la faire taire !}}}

Pour plus de détails sur le procès, consultez aussi [Riposte Laïque->http://www.ripostelaique.com]

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Combattre le terrorisme islamiste

Entre amis on peut tout se dire, on se doit toute la vérité, sinon l’amitié et la fidélité n’ont pas beaucoup de sens. C’est pendant les vacances d’été que j’ai eu le plaisir de lire le dernier livre de notre ami Mohamed Sifaou. Et comme je lis toujours les essais avec un crayon à la main, je n’avais qu’à relire ce que j’ai noté à la marge pour vous livrer cette critique, sans détours ni concession. Qui aime bien châtie bien, dit-on. De plus, il y va de notre sujet de préoccupation à tous et non pas seulement à M. Sifaoui.

Dès l’introduction, l’auteur fait le choix d’une mauvaise piste qui l’éloignera inexorablement du cœur de cible : « {…le terrorisme islamiste, de Groznyï à Bagdad, en passant par Tel-Aviv, Alger, New York ou Madrid, est nourri par la même idéologie : le salafisme, une vision extrémiste, totalitaire et déformée de l’islam dont les spécificités n’ont rien à envier aux fascismes qui ont traversé le continent européen au cours du XXe siècle.} » (p. 15). Tout le diagnostic de M. Sifaoui, qu’il partage d’ailleurs avec beaucoup de journalistes anti-islamistes, repose donc sur la définition qu’il donne du salafisme. Il relègue cette notion clé à une simple note de bas de page, alors qu’elle méritait d’être placée au centre de son livre. Voici donc cette note essentielle qu’il ne faut surtout pas éluder : « [Salafisme] en référence au salaf, c’est-à-dire les prédécesseurs, en d’autres termes les compagnons du Prophète ».

Nous voilà donc devant la cible, mais dénoyautée par M. Sifaoui. Alors que les salafistes sont des intégristes qui se réclament du Coran, de la tradition du Prophète et de ses compagnons, M. Sifaoui s’auto illusionne, comme tant d’autres avant lui, pour mettre à l’abri le Coran et Mahomet et éviter ainsi le buisson ardent, le cœur du réacteur. Il contourne d’emblée LE sujet qui agacerait drôlement nos islamistes aussi bien dormants que déclarés, mais aussi ceux qui leur donneraient la majorité et aux législatives et aux cantonales ; si tant est ils étaient démocratiquement consultés !

A partir de là M. Sifaoui peut tirer à boulets rouges sur tous les cercles concentriques, mais sans cœur de cible, il ne risque pas de perturber, le moins du monde, les islamistes qui ont conquis pas mal de cœurs et de territoires à la barbe des progressistes qui ont opté, depuis belle lurette, pour cette même stratégie de camouflage de la vérité et d’auto illusion.

S’il est vrai que « {l’islamisme enseigne à ses adeptes que seul l’islam doit régner partout} », M. Sifaoui considère (p. 21) qu’il s’agit là d’une «{ version instrumentalisée, totalement pervertie de la religion musulmane que les idéologues tentent d’imposer à l’ensemble de la planète.} ». Le problème est que les islamistes sont absolument transparents et n’instrumentalisent aucunement l’islam : ce qu’ils répètent là est l’enseignement même du Coran confirmé par l’interprétation pratique du Prophète. Mahomet, après avoir détruit toutes les idoles et statues d’Arabie (il était encore loin de Bamiane), conquise par le sabre, a écrit aux empereurs de son époque pour les appeler à se convertir. C’est bien cet exemple-là que Ben Laden nous donne à voir et à entendre aujourd’hui lorsqu’il appelle l’Empire américain à se convertir et lorsque d’autres musulmans envoyaient des missives au président Chirac pour qu’il en fasse de même. C’est en ayant le courage d’aller au fond de la mentalité et du mythe fondateur de l’islam qu’on peut livrer la clé du bon décryptage à nos concitoyens.

Sous le titre « { {{Pas d’amalgame !}} } », M. Sifaoui en commet un que vous tenterez de déceler dans sa phrase (p. 27) avant de lire mon analyse : « {Mais défions-nous des amalgames : la lutte à mener contre l’islamisme n’est pas une guerre déclarée à l’islam. Les musulmans, statistiquement et historiquement premières victimes du terrorisme islamiste, connaissent mieux que quiconque la nature de ce phénomène.} ». Avez-vous trouvé ?

On passe du singulier au pluriel, d’une religion à des êtres. C’est un amalgame si courant que bien des essayistes et des lecteurs y tombent pieds et mains liés. Comme j’aime à le répéter, la dignité des musulmans est sacrée, pas la religion. Je ne vois pas au nom de quoi M. Sifaoui voudrait que je m’interdise de déclarer la guerre aux dogmes de ma religion qui inscrit la soumission dans le corps l’espace et le temps et m’appelle à prendre l’épée contre tout mécréant qui oserait critiquer ouvertement le Coran et/ou Mahomet ?

Je m’arrête là pour ne pas alourdir cette page et vous promets une analyse en règle dans un livre que je préparerai pour la fin de cette année.

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L’islam est-il compatible avec la laïcité ?

[Pour lire l'article de Libération cliquez ici->http://www.liberation.fr/actualite/politiques/vive_la_politique/debats_vendredi/278299.FR.php]

Dans cet article, Monsieur Charfi, pour lequel j’ai [une grande estime->http://www.nouvel-islam.org/article.php3?id_article=3], évite de parler vrai. Il use de mots qui ne permettent absolument pas de clarifier le débat. Il est temps pour nous autres intellectuels musulmans, de ne plus déambuler autour du pot sacré.

En se limitant à dire que l’islam « {C’est une religion, une spiritualité. Le Coran ne mentionne pas l’Etat et ne contient aucune indication constitutionnelle} », Monsieur Charfi n’affronte pas notre mal congénital qu’il nous faut soigner. L’islam (=Coran+Mahomet) n’est pas une simple religion comme celles qu’on peut avoir à l’esprit : il réglemente l’étal du boucher, interdit les débits d’alcool, le prêt à intérêt des banques, le bikini de ma femme, la sculpture des nus divins aux Beaux-Arts et surtout m’invite à déclarer la guerre à tous mes voisins et concitoyens non-croyants. L’islam a un sacré problème avec l’athéisme et la variété des convictions, socle incontournable de toute laïcité. Non, tout honnête homme peut constater que l’islam (=Coran+Mahomet) est incompatible avec la laïcité. Les musulmans (je dis bien les musulmans), par contre, sont prêts à sacrifier une partie de leurs dogmes au profit de ce bel acquis de la modernité. Mais de là à penser que les chrétiens et les athées seront admis demain à visiter la tombe de Mahomet, il y a toute une révolution mentale qu’il faut faire faire à ces mêmes musulmans.

Non, je ne suis pas d’accord ! Il nous faut d’abord user de mots justes et clairs, ne pas parler d’islam alors qu’il s’agit de musulmans, établir un diagnostic honnête et sincère : notre maladie de l’islam réside dans les préceptes du Coran et dans la tradition de Mahomet qui a combattu, par l’épée, la diversité polythéiste et tolérante à la Mecque. Cette maladie n’est pas une invention des wahhabites saoudiens ou des mollahs iraniens, comme nos progressistes à bon compte le prétendent.

Arrêtons donc d’éteindre les feux de diversion qu’allument nos frères et sœurs musulmans archaïques pour nous éloigner justement du noyau dur autour duquel nous continuons, tous ensemble, à tourner en rond tout en amusant la galerie, en mondovision.

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Ces musulmans qui disent non à l’islamisme

1 – 20h45 Un homme en colère (portrait de Mohamed Sifaoui). Réalisateurs : Fabrice Gardel, Antoine Vitkine

2 – 21h30 Le prophète Mahomet et les femmes. Réalisateurs : Lila Salmi, Malek Chebel.

3 – 22h15 Débat (France, 2007, 27mn), Animé par Daniel Leconte

Les invités :

Lale AKGÜN Deputée SPD, spécialiste des questions sur l’Europe, Migration/l’Intégration. Née en 1953 à Istanbul, Turquie ; immigrée en Allemagne à l’âge de 9 ans.

Abdennour BIDAR Né en 1971 en Auvergne, fils d’une mère convertie à l’Islam. Philosophe et écrivain, professeur de philosophie à l’université de Nice. Il est l’auteur de « Un Islam pour notre Temps » (2004) et « Self Islam » (2006).

Saïd SADI Né en 1947, Saïd Sadi est un homme politique algérien kabyle, secrétaire général du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Il fut candidat aux présidentielles de 1995 et 2004.

———–

J’étais pressenti et j’ai été contacté par Mme Armanet pour participer à cette émission mais, finalement, je n’ai pas été retenu.

Après l’avoir regardé attentivement, voici le message que j’ai envoyé à Arte :

{{ {Mme Armanet,

Merci pour tout.

J’ai bien évidemment regardé Arté et je vous félicite pour les trois intervenants que vous avez choisis. J’étais heureux d’entendre M. Bidar dire, à sa façon bien sûr, exactement ce je pense et écris : « Le coran contient bel et bien des feuillets caducs et des feuillets persistants ». Il nous faut tout simplement l’assumer pour le dépasser.

De ce point de vue, transmettez donc mes encouragements les plus sincères à M. Daniel Leconte.

Par contre, l’épopée Sifaoui, que j’admire et respecte par ailleurs, est une construction télévisuelle digne des mythes fondateurs qui fabriquent des héros, en réserve pour des lendemains qui chantent mais qui vont certainement vite déchanter. Soyons francs et honnêtes : on ne combat pas l’islamisme en épargnant copieusement ses fondations les plus sûres : l’islam classique.
A quatorze siècles d’intervalle, le drapeau saoudien avec sabre dégainé relate exactement de quelle manière le prophète Mahomet et la famille Saoud ont conquit l’Arabie. Il faudra que le révolté Sifaoui avale et assimile cela et ne s’administre pas des somnifères devant tout le monde alors qu’il se sait atteint de cancer et que tout le corps islamique en est gangrené.

Décidément, mes coreligionnaires les plus progressistes manquent du vrai courage : celui de se regarder tout nus dans une glace. Ils n’osent jamais la vérité, les faits.

Dans les années 60 j’ai pu croire aux lendemains qui chantent après la « Révolution Algérienne », mais entre-temps, j’ai appris à me méfier de tous les révolutionnaires et révoltés qui ne sont pas francs.

Quant à la mystification de ces Dames et Messieurs autour de Malek Chebel, que puis-je vous dire ? C’est une honte que la télévision franco-allemande puisse oser nous servir une telle bouillie infâme ! A voir ce truc à l’eau de rose, je me suis vraiment demandé si les musulmanes et les musulmans qui l’ont préparé ont une conscience et un soupçon de sens moral. Je ne peux admettre que les héritiers de Kant et de Germaine Tillion puissent servir de courroie de transmission à une telle oeuvre de flagrante mystification !

Vous pouvez envoyer ce message à vos intervenants et aux producteurs – diffuseurs des deux productions vidéos.

Avec tous mes respects
Mohamed Pascal Hilout
Initiateur du nouvel islam en France
Site : http://nouvel-islam.org} }}

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Dr Mohamed Abed al-Jabri

C’est depuis les années soixante-dix que je m’intéresse à l’œuvre de M. al-Jabri. C’est un penseur et un écrivain de talent qui a contribué de façon remarquable à la « {Critique de la pensée arabe} » aussi bien logique, théologique que politique (ou plutôt idéologique). Ses quatre volumes dédiés à cette critique ainsi que ses travaux sur Ibn Rushd sont d’une indéniable richesse. Le Maroc post-colonial et son université peuvent, à juste titre, s’enorgueillir de ces travaux[[ L'œuvre de M. al-Jabri est avant tout marquée par Naqdu al ‘aqli al-‘arabiy, même si le quatrième volume (pensée éthique arabe) laisse à désirer : il reste prisonnier d'une éthique machiavélique et malsaine, il n'aborde pas la question de la liberté individuelle ni à celle du Jihad. M. al-Jabri a aussi produit une excellente introduction à la philosophie des sciences (épistémologie) en deux volumes et il a veillé à la publication d'œuvres majeures d'Ibn Rushd. Ses analyses des écrits de ce logicien, théologien, juge et conseiller du Sultan rendent un immense service aux lecteurs et aux bibliothèques arabes.]].

Mais, malheureusement, aussi moderne et critique qu’est la pensée de M. al-Jabri, elle souffre des mêmes carences congénitales communes à toute pensée arabe, surtout musulmane ; aussi bien ancienne que moderne. Elle finit toujours par trouver ses limites pour tourner en rond au sein de l’enclos dans lequel est parquée cette pensée qui n’a pas encore réussi à choisir résolument la liberté et l’ouverture, non seulement sur les autres mais aussi sur ses propres racines. Et tant que les penseurs arabes n’ont pas suffisamment de courage intellectuel et ne prennent pas au sérieux leur liberté pour désigner clairement ce grillage (ou bien se taire pour ne pas écrire de bêtises), ils finiront toujours leur vie en apothéose apologétique aussi ‘progressiste’ que celle d’Averroès.

C’est ce que vient d’illustrer à merveille al-Jabri par son épais volume servant d’ « {{ {Introduction au saint Coran} }} »[[Madkhal ilâ al-qur-âni al-karîmî. Markaz dirâsât al-wahda al-‘arabiyya. Beyrouth, octobre 2006.]]. Et il nous promet un deuxième volume ; comme si ces 438 pages ne lui garantissaient pas déjà le paradis après la bénédiction de tous les régimes arabes et musulmans !

C’est triste de voir al-Jabri suivre la même trajectoire qu’un Taha Hussein, par exemple : jeunesse critique et innovante qui aboutit finalement à une observance des mêmes impératifs arabo-islamiques les plus classiques. La pensée arabe, représentée par ses plus illustres ténors d’hier et d’aujourd’hui reste malheureusement encore très loin de ceux que la critique kantienne, par exemple, nous a livrés. Le choix premier, décisif et fondamental, qui fait la différence entre la pensée critique européenne et celle du sud de la Méditerranée peut se résumer, me semble-t-il, à un principe des plus basiques : on choisit d’être de bonne foi et d’aller jusqu’au bout de sa propre logique ou bien on se tait.

Dans son dernier livre, M. al-Jabri est d’une évidente mauvaise foi pour la simple raison qu’il ne peut pas être un penseur du XXe et du XXIe siècle, disserter du Coran, en ayant aussi recours aux Evangiles et à la Bible tout en faisant semblant d’ignorer les résultats de l’archéologie et de l’histoire des religions. En tant que penseur critique, on ne peut pas ignorer les acquis des sciences depuis Champollion, Renan jusqu’à Kramer et Bottéro[[ On ne peut que recommander la lecture de quelques livres de Jean Bottéro, accessibles à tout le monde : « Naissance de Dieu. La Bible et l'historien », « La plus vieille religion en Mésopotamie » par exemple.]]. Pourtant, il y a une quinzaine d’années, M. al-Jabri n’hésitait pas à faire appel aux résultats de cette science dans les trois premiers tomes de sa critique magistrale. C’est bien l’archéologie qui nous a permis, depuis deux siècles, de déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens (écritures sacrées) ainsi que les tablettes arabes anciennes, chaldéennes, akkadiennes, sumériennes… qui n’étaient -pour les arabes, surtout musulmans- que magie et œuvres du démon, anéanties par la puissance divine.

La pensée de M. al-Jabri dans ce dernier écrit a donc au moins deux siècles de retard, elle n’ose pas expliquer au lecteur arabe, avide d’un vrai savoir, que la religion judéo-islamo-chrétienne n’est pas née dans le désert du Sinaï et de ses tablettes descendues toutes cuites du Ciel, mais bien en Mésopotamie fertile et civilisée ainsi qu’aux abords du Nil. Il est tout à fait vain de croire que la pensée arabe progressera tout en continuant à végéter dans son enclos apologétique limité à quatorze siècles ; sans s’ouvrir à la connaissance de son immense histoire ancienne. Il est temps pour les Arabes de se mettre à l’étude des écritures antiques y compris cunéiformes pour mieux comprendre leurs propres racines. L’Europe a réalisé un travail formidable : elle nous a déchiffré nos écritures et dévoilé notre profonde histoire cruciale pour la compréhension du destin des deux rives ce la Méditerranée.

Pour sortir définitivement des temps obscures et de l’obscurantisme, il est temps pour tous les penseurs autour de cette belle mer de choisir les lumières de l’Histoire afin de comprendre que la Jâhiliyya et l’Antiquité ne sont pas de sombres époques d’ignorance mais des époques que de grands critiques feignent d’ignorer. M. al-Jabri pourrait donc aider les arabes et les musulmans à soigner leur amnésie maladive pour se remémorer leur propre histoire. Il a le talent et les connaissances nécessaires pour nous ouvrir à ces lumières-là. Pourvu que le deuxième tome de son « Introduction au saint Coran » ne soit pas comme le premier : une litanie d’histoires sans aucun éclairage à l’aide des sciences modernes.

Peut mieux faire !

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Vérité sœur de Liberté. Hypocrisie rime avec interdit.

Des vierges, des puceaux, des moins vierges et des jeunes tout à fait normaux parlent enfin vrai, de leur vraie vie, sans masques ni voiles et même du sexe, acte fondateur qui nous a tous fait naître.

Mais il restera toujours des irréductibles qui feront toujours semblant et qui n’oseront jamais regarder la réalité en face et encore moins laisser s’exprimer la vérité, rien que la vérité, TOUTE la vérité.

Le magazine marocain { {{TELQUEL}} } de ce lundi 6 août 2007 vient de nous livrer un témoignage de l’hypocrisie sur la virginité, laquelle hypocrisie ronge encore une bonne partie de la société marocaine. Heureusement que ce faire semblant hypocrite est rompu grâce à la liberté de ton que le magazine explore et pratique numéro après numéro. Pour la salubrité mentale des marocaines et des marocains ainsi que de ceux qui suivent de loin la fragile évolution démocratique de ce beau pays qu’est le Maroc.

Lisez cet article pour mieux comprendre le jeu de cache-cache que se jouent les marocaines et les marocains pour afficher une certaine conformité avec les traditions tout en cherchant à élargir leur espace de liberté. Une petite révolution est tout de même en préparation : l’heure de vérité n’est pas si loin lorsque la liberté d’expression est conquise avec opiniâtreté dans une société, même archaïque, islamique ou catholique.

{{[Virginité. Est-ce encore un tabou ?
Par Nadia Lamlili
->http://www.telquel-online.com/284/couverture_284.shtml]}}

Merci à Mme Lamlili de nous avoir livré quelque vérité sur l’acte fondateur le plus naturel du monde qui demeure un sujet tabou dans toutes les sociétés musulmanes. Nous vous encourageons à bousculer et à faire bouger le big mamouth islamique, très archaïque.

——–
Le 10 août 2007, Le Monde a publié l’éditorial suivant

{{{Menace au Maroc}}}

{A-t-on le droit de s’adresser à son souverain comme à un frère ? Pour avoir tenté cette expérience, un journaliste marocain, Ahmed Benchemsi, se retrouve poursuivi par la justice de son pays. L’intéressé est ébahi. Même s’il adopte volontiers, dans ses articles, un ton mordant, ce journaliste a toujours su doser ses critiques et s’arrêter à temps. Aussi son inculpation, début août, pour avoir écrit une analyse critique du discours du trône, prononcé le 30 juillet par Mohammed VI, a-t-elle suscité la stupeur.

Un autre journaliste, Mustapha Hormatallah, est, lui, en prison depuis un mois pour avoir écrit un dossier qui « porterait atteinte à la sécurité de l’Etat ». Toutes les demandes de remise en liberté provisoire déposées par ses avocats ont été rejetées.

La presse marocaine, l’une des plus libres du monde arabe, est en ce moment la cible d’un rappel à l’ordre très ostensible. On prête au roi la volonté de rappeler que le pouvoir, c’est lui, et lui seul, et que les fameuses « lignes rouges » à ne pas franchir sont toujours d’actualité. Monarchie, Sahara, religion. On ne touche pas à ces questions « sacrées ». Mais ces « lignes rouges » sont fluctuantes, et les journalistes marocains ont le plus grand mal à s’y retrouver. Un jour, les autorités font preuve d’une relative mansuétude, le lendemain, elles serrent la vis, et pour des sujets – la corruption notamment – qui n’ont rien à voir avec les interdits supposés. Dans ce domaine, au Maroc, l’arbitraire est roi.

En réalité, depuis l’avènement de Mohammed VI en 1999, le Palais et la presse se mènent une guerre larvée. En décembre 2000, trois hebdomadaires – Le Journal, Assahifa et Demain – ont été interdits pour avoir critiqué l’armée ou encore pour avoir évoqué les mérites d’une monarchie à l’espagnole. Le Journal a fini par reparaître sous un autre nom, mais deux des plumes les plus emblématiques de la presse indépendante marocaine, Ali Lmrabet et Aboubaker Jamaï, ont fini par s’exiler. Le premier a été purement et simplement interdit d’exercer son métier et vit désormais en Espagne. Le second, condamné à une amende exorbitante, a préféré partir pour les Etats-Unis en janvier, plutôt que de voir les tribunaux se retourner contre l’hebdomadaire dont il était le fondateur.

A l’heure d’Internet, les méthodes employées par le pouvoir marocain ressemblent à un combat d’arrière-garde. De plus en plus nombreux sont les Marocains (journalistes ou non) à recueillir des informations ou à en fournir sur des sites comme Dailymotion ou YouTube. Le ministre marocain de la communication assure qu’il n’y aura pas de recul en matière de liberté de la presse, au contraire. Souhaitons qu’il ne s’agisse pas d’un voeu pieux et que la Tunisie de Ben Ali, où toutes les voix discordantes sont systématiquement étouffées, ne soit pas le modèle à venir pour le Maroc.}

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Lettre ouverte à mes si bons ami(e)s de LibertyVox

Mon cher ex,

Mes chers ami(e)s

Depuis le déclenchement des hostilités entre Prochoix.org et LibertyVox.com, j’ai passé un certain temps sur ce dernier site que je ne fréquentais pas et que je croyais honnêtement dédié à la défense des libertés, puisqu’au départ, j’avais constaté que Kébir et Mme Delcambre y contribuaient. J’ai voulu mieux connaitre les avis de ses contributeurs agréés et mieux saisir la pensée de l’islamologue Anne-Marie Delcambre, adulée aussi bien sur ce site qu’à la station de radio associée : RocKIK.com.

Je dois avouer que je n’ai pas encore bien saisi pourquoi, il y a deux ans, Mme Delcambre t’encensait encore mon cher ex-président et pourquoi, aujourd’hui, elle ne trouve que des mots désobligeants à ton égard surtout depuis tes dernières objections radiophoniques ? D’ailleurs, elle a déclaré sur LibertyVox, qu’elle ne veut pas revenir sur RocKIK.com pour la simple raison que tu peux intervenir à tout moment ! C’est dire qu’elle n’aime pas que tu la critiques en ligne. Peut-être faut-il lui passer ta question avant l’émission afin qu’elle puisse consulter le Coran auparavant et citer la bonne sourate qui lui permet de te déclarer apostat, buveur de bière pendant le ramadan ! Tous les pasteurs, rabbins, prêtres et imams -y compris agnostiques et cachés- s’accordent donc à préférer les prédications descendantes et des ouailles qui opinent sans jamais lever un quelconque doigt interrogateur.

Pour ce qui me concerne, je crois avoir saisi la gêne de Mme Delcambre. Si je l’avais face à moi, j’aurais pris une voix gaullienne pour énoncer pompeusement : « Je vous ai compris ! » :

C’est le 1er août 2006 que Mme Delcambre a changé radicalement d’attitude à l’égard de mes textes qui étaient reproduits sur LibertyVox. Ce jour-là, la dénommée « Emeraude » avait osé reproduire un texte de ResPUBLICA où je dénonçais, entre autres, l’auto-exclusion et la ghettoïsation que garantissent, à court et à long terme, l’endogamie et les interdits judéo-islamiques ([des musulmans honnêtes et lucides->http://www.libertyvox.com/phpBB/viewtopic.php?t=137]). Sans autre forme de procès, Mme Delcambre me traite de beau menteur et qualifie mon texte de vicieux. Je la cite :

« {mais en plus faites l’analyse du texte : il est parfaitement contre la pratique du judaïsme qu’il entraîne dans la spirale. C’est un texte extrêmement vicieux. Relisez-le.
Pour moi cet homme est un musulman qui veut se faire connaître mais…qui est un beau menteur.} »

Fermons l’œil sur son autre compliment à mon égard :

« {Pascal Hilout , c’est pire qu’un Malek Chebel. Cela ne représente rien, mais absolument rien.
On ne change pas l’islam comme cela !!!!!} », car Mme Delcambre a bien raison de dire cela : on ne change pas l’islam en affirmant, comme M. Chebel, que c’est uniquement une question de lecture, chose que je ne dis pas. Je ne représente que moi-même et je suis conscient d’être un petit rien qui fait toute la différence : je touche aux saints des saints sans craindre ni imams ni fatwas.

Ce qui sauve l’honneur de LibertyVox, c’est que « Emeraude » n’était pas de cet avis et l’a exprimé clairement. Sur d’autres sujets où aucun de mes textes n’était présenté, Madame Delcambre s’est permise de me traiter d’autres noms d’oiseaux sans qu’elle m’en avertisse. Heureusement que le surveillant général, Monsieur Google, m’avait alerté. J’ai beau demander des explications à mon accusatrice, aussi bien publiquement sur LibertyVox que par messagerie personnelle, je n’ai jamais obtenu de réponse.

Serais-je un beau menteur en disant exactement ce que dit Mme Delcambre, à savoir, qu’on ne peut pas refonder l’islam (non réformer) sans toucher à ses deux pieds d’argile : Coran+Mahomet ?

Mon texte serait-il vicieux parce qu’il énonce exactement la même banalité que Mme Delcambre, à savoir que les interdits sont liberticides et castrateurs de toute volonté d’évolution ?

Non, je ne crois pas que ce soit ça la cause de son agacement et de son jugement qui la mène même à mentir : elle ose affirmer que je serais « parfaitement contre la pratique du judaïsme qu’il entraîne dans la spirale » ! Je prie ceux qui trouvent cela dans mon texte de se lever et de me dénoncer sans merci !

Je crois que Mme Delcambre n’aime pas qu’on lui présente un né musulman, envoyé à l’école coranique dès l’âge de cinq ans et qui, malgré ce réel handicap, ne courbe pas l’échine et ose écrire ce que j’écris sans jamais recevoir de menaces. De plus, elle qui lit le Coran dans le texte, elle sait très bien que la bannière de mon site est une correction que j’ai apportée à l’original coranique. Des milliers de visiteurs le lisent sans jamais me le reprocher outre mesure. Ils savent que pour moi, la dignité humaine est sacrée, pas les religions.

Je crois que ce que Mme Delcambre n’aime pas non plus c’est le fait d’expliciter que certains interdits chez nous musulmans de France et d’Europe produiront les mêmes ghettos culinaires et matrimoniaux que chez nos grands-frères-et-sœurs juifs. Cela lui rappellerait-il quelques mauvais souvenirs ?!

Ce lien que je fais entre judaïsme et islam met en porte-à-faux toute son argumentation qui ne va jamais jusqu’au bout de sa propre logique. Elle ne considère pas mes racines juives et sémitiques. Elle aimerait tant s’arrêter en si bon chemin. Ceci étant, j’ai beaucoup de compréhension pour elle : après la shoah et Vichy, elle ne peut exprimer ses pensées aussi facilement que je peux le faire vis-à-vis de mes cousins juifs. La première fois que j’ai rencontré Mme Delcambre, c’était au Sénat sur invitation de nos amis communs du B’nai B’rith France. A ces mêmes amis, habitués maintenant à mon franc-parler, je ne rate jamais une occasion pour leur rappeler, qu’il est temps qu’ils francisent le nom de leur association : « Enfants de l’Alliance », laquelle alliance -comme je leur dis- est aussi absente du bout de mon zizi que du leur ! C’est la même démarche franche que j’ai toujours adoptée vis-à-vis des responsables de oumma.com, par exemple, communauté musulmane en langue autochtone.

Je crois que Mme Delcambre voit tout simplement d’un mauvais œil qu’un né musulman (un musulman culturel comme moi) demande publiquement à nos dirigeants du CFCM et des CRCM d’instaurer des prières en français de bout en bout pour ne pas rééditer l’erreur de certains juifs, caractérisée par un attachement maladif à une langue qui n’est plus d’Ici et Maintenant. Nous musulmans, nous n’avons pas les mêmes problèmes qu’avaient nos cousins avec les Romains et nous n’avons pas à trimballer Jérusalem avec nous dans notre diaspora.

Mme Delcambre n’aime pas qu’on lui mette sous le nez des exemples concrets, des initiatives prises par des enfants issus de l’islam classique, des Français qui mettent à mal sa théorie de l’impossibilité d’évoluer en tant que musulmans. Elle n’arrive pas à imaginer qu’on puisse être né musulman et être critique vis-à-vis de Mahomet et du Coran. Elle constate que nous avons trouvé la bonne porte de sortie du Moyen-âge judéo-islamique mais elle ne veut pas croire ses yeux. Elle aimerait tant me mettre dans le même paquet que Arkoun, Meddeb, Chebel, Bencheikh. C’est tout simplement un manque de discernement, indigne d’un professeur de Louis-le-Grand.

On dirait qu’elle aimerait tant qu’on ne change jamais d’époque et d’identité, elle voudrait peut être nous voir enracinés et embourbés à tout jamais dans des ailleurs spatio-temporels mythiques auxquels elle n’oublie jamais de nous renvoyer : à la Jérusalem des Antiquités, à la Mecque et à Médine du VIIe siècle. Elle s’attend à ne trouver que des thuriféraires parmi les musulmans et n’imagine pas que nous pouvons nous passer d’encensoirs et de courbettes ostentatoires.

En tant qu’experte bien renseignée, elle rappelle souvent, pour ceux parmi nos coreligionnaires qui l’auraient oublié, que du point de vue dogmatique, un Bourguiba qui a bu du lait pendant le ramadan devant caméras, un Meddeb qui boit de l’eau en cette période de jeûne, un Kébir qui aime la bonne bière alsacienne, un Hilout qui ose corriger le coran et déclarer caducs ses versets irrespectueux de la dignité humaine, que tous ces nés-musulmans ne sont plus musulmans ! Mais ce faisant, elle a oublié d’apostasier Mohamed VI et le parlement marocain qui ont changé le statut personnelle de la femme marocaine et l’ont délivrée du code de l’infamie. Osez aller jusqu’au bout de votre logique Mme Delcambre !

Merci donc pour toutes ces piqures de rappel et pour ce renvoi à notre culture et foi d’origine. En effet, Kébir et moi, nous avions oublié que l’islam classique nous considérait comme apostats ! Il aime tous les produits du terroir (pas casher et pas halal pour un sous) et je proclame devant tous mes amis judéo-musulmans que le cochon est bon, aussi bien pour l’intégration que pour l’assimilation.
Je doute fort que vous puissiez facilement avaler cela et encore moins l’assimiler.

Pour l’amitié et la proximité intellectuelle que j’ai avec vous, je recommanderais à l’UOIF de vous engager comme conseillère en dogmatique. Vous connaissez très bien vos textes. Vous n’avez qu’un seul petit défaut : vos déclinaisons de l’arabe laissent souvent à désirer, mais bon, mon français non plus n’est pas au top, comme on dit !

{{Nobody is perfect !}}

———

Mail envoyé à la rédaction de LibertyVox le 19 juillet 2007

{Bonjour,

Après avoir collationné les différentes réactions des personnes concernées, j’ai publié une page où vous êtes cités, sous le titre très explicite :

Lettre ouverte à mes si bons ami(e)s de LibertyVox

Je tenais à vous en informer et vous rappeler que vous avez toujours un droit de réponse

http://nouvel-islam.org/article.php3?id_article=104}

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Anne-Marie Delcambre n’aime pas que d’autres se mouillent à fond !

C’est le 9 février 2007 que Anne-Marie Delcambre a publié un commentaire sur le livre de M. Redeker intitulé « { {{Il faut tenter de vivre}} } »

Citation de Mme Delcambre

{« Personne n’a insisté sur la responsabilité du « Figaro » dans cette affaire. Il y a un an ce journal m’avait appelée pour « un dossier sur l’islam », « sans langue de bois et dans la plus totale franchise ». On sait ce que cela veut dire. J’ai immédiatement refusé le bébé mais..j’ai proposé quelqu’un pour me remplacer. Cette personne a bien travaillé. Seulement ce n’était pas de l’islamologie classique que le Figaro demandait. C’était du croustillant, du sang, du pamphlétaire !!! El la personne a travaillé pour rien. On ne s’est pas servi de ses écrits.
« Bibi »- comme dirait Cyril- n’a pas été dupe de ce que voulait ce journal.

Si l’article de Redeker n’avait pas été du goût du « Figaro », ce journal ne l’aurait pas publié.
Quel effet, messieurs les journalistes, cela vous fait-il de voir un homme vivre dans la peur, traqué , trahi par les siens ???
Le peuple veut du sang, il lui faut des victimes et ceux qui pensent que Redeker n’est pas assez virulent quand il passe à la télévision et qu’il se défend mal, – chez Guillaume Durand- par exemple- qu’ils quittent leur masque protecteur et la peur qu’ils ont au ventre- et qu’ils aillent dans la rue soutenir Redeker. Sinon qu’ils se taisent.

Robert Redeker , n’aggravez pas votre cas. Soit vous apprenez l’arabe , vous êtes capable de citer, en arabe, les passages du Coran qui vous servent à argumenter. Soit vous pratiquez la taqiya – la dissimulation de protection. Dites ce qu’on veut vous entendre dire , à savoir que c’est l’islam politique qui pose problème, que ce sont les islamistes les méchants, que l’islam est une version soft du bouddhisme. Et puis oubliez tout cela et replongez-vous dans la philosophie. Ecrivez , publiez mais, de grâce , n’ayez pas à l’esprit l’image de cochon qu’on égorge. Ah non !!!!! »
}

Fin de citation de Mme Delcambre

{{{Analyse et commentaire}}}

Mme Delcambre nous apprend donc que Le Figaro l’avait contactée pour un « {dossier} » et non pas pour un article « {sans langue de bois et dans la plus totale franchise} ». Pour moi, pièce rapportée du Maroc, qui comprend mal les Français d’aujourd’hui, cela veut dire : sans tourner autour du pot sacré, mais pas nécessairement en usant de coups de machettes ou en sabrant ; ce qui blesserait et ferait éventuellement couler du sang.

Madame Delcambre ne dénonce pas à temps les mauvaises intentions qu’elle prête au quotidien français. Non, au lieu de cela, elle « refuse » immédiatement le bébé et, illico, elle le refile plutôt à quelqu’un d’autre !

{{Que c’est vilain !}}

Mme Delcambre est sollicitée pour ses incontestables compétences en matière d’islamologie et, je suppose, aussi pour son franc-parler qui n’est plus à prouver mais…elle ne se mouille point ! Elle délègue ! Elle dispose de fusibles à faire griller à sa place ! En bon français, on dénonce ce comportement en qualifiant son auteur de « poule mouillée » !

Décidément, bien des personnes laissent Redeker aller au charbon et, comme si son honneur n’a pas suffisamment été souillé, Anne Marie Delcambre tente de culpabiliser et de dénigrer les journalistes qui l’ont publié. À ce professeur dont le nom est devenu synonyme de franc-parler et de réelle résistance à l’islamisme, même s’il a été lâché par un certain nombre de nos ministres hypocrites et carpettes, à son homologue donc, Mme Delcambre trouve le moyen de reprocher, devinez quoi : de ne pas être arabisant !

{{Faut-il en rire ou en pleurer ?}}

Ce qui me console, c’est qu’il y a heureusement un concitoyen, un prof qui se mouille dans un journal à des centaines de milliers d’exemplaires, ne refile pas le bébé aux autres et ose me dire, à moi le musulman, mes quatre vérités en face, sans prendre de précautions langagières francophones ou arabophones totalement inutiles dans mon cas.

Je me permettrais de rappeler à Mme Delcambre un vieil adage qu’elle ne connait peut être pas : {{il n’est pas nécessaire de manger le bœuf entier pour se rendre compte qu’il est coriace !}}

Autrement dit, il suffit de lire quelques versets du coran en français pour se rendre à l’évidence qu’il n’appartient pas à notre espace-temps et qu’il ne véhicule pas nos valeurs d’Ici et Maintenant. Madame Delcambre, il n’est point nécessaire d’être arabisant pour savoir ce qu’est l’islam !

Mais que c’est beau, d’entendre votre érudition voguer sur les ondes ! Le charbon et le caca du bébé, c’est pour les autres, pour les Bibi et Compagnie !

Décidément Mme Delcambre, vous me décevez autant que les Arkoun, les frères Bencheikh, Chebel, Meddeb et mes anciens amis du Manifeste des Libertés qui se dissimulent derrière leur érudition, leurs finasseries ou leur jargon totalement abscons. Des tonnes de logorrhées pour ne pas dire tout simplement que, de tout temps, la coércition et la polygamie bien islamiques portent atteinte à la liberté et aux droits humains et que même à la Mecque du VIIe siècle, Mahomet a su rester fidèle à sa première femme et ne pas recourir au sabre avant d’en abuser à Médine.

C’est depuis 1830 que j’ai des concitoyens français acquis à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen mais c’est depuis ces temps immémoriaux que ma sœur musulmane en est exclue, y compris dans nos banlieues d’aujourd’hui où la polygamie est légalement importée, rien que pour elle, pour ses beaux yeux !

Voilà le lieu de résidence de l’hypocrisie bien française, qui ne date pas d’aujourd’hui ! Plus ou moins d’érudition que vous jetez sans vergogne à la figure des autres n’y changeront rien du tout.

J’invite donc mon ami Redeker à ne pas suivre votre conseil et de lire quelques bons livres en français : de Maxime Rodinson, de M. et Mme Urvoy, de Prémare, entre bien d’autres. Et comme je ne suis pas sectaire pour un sou, je lui conseillerais les vôtres aussi.

Et pour en rire malgré tout je dirai :
{{{Louis est Le plus Grand ; Mme Delcambre est son imam caché, dans sa tour dorée, alambiquée, compliquée et tarabiscotée !}}}

———

Comme à l’accoutumé, j’ai rappelé à Mme Delcambre et à LibertyVox qu’ils ont un droit de réponse.

Et en effet, j’ai reçu une réponse éloquente, publiée aussi sur le forum de LibertyVox

{Cher Monsieur Hilout,

Allez au diable… Pour rester poli. Est-ce assez clair ?
Ne nous importunez plus avec votre prose. Ceux qui s’en prennent aussi stupidement à Madame Delcambre choisissent un camp qui n’est pas le nôtre. Tout cela ne vous honore pas. C’est donc ainsi que vous entendez réformez l’islam? en attaquant Madame Delcambre? Qu’à cela ne tienne… Dont acte.

Bien à vous

LV}

Le mail reçu est daté du 9 juillet 2007, 04:10

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Islamisme et islam : quel rapport ?

{{{Avis de Mme Delcambre}}}

Trêve de polémique et de plaisanterie ! Mme Delcambre pense que la distinction entre islam et islamisme n’a pas lieu d’être. En 2005, un mois après son inscription au forum de LibertyVox, elle publie la dissertation d’un jésuite égyptien, le père Boulad :
[Père_Boulad_reproduit_sur_LibertyVox.com->http://www.libertyvox.com/phpBB/viewtopic.php?p=713#713 ]

En bon professeur, elle y ajoute le jour suivant : « Que puis-je ajouter, …, à ce que vient de dire [d'écrire] le Père Boulad ? Je lui mets 19/20 »

La toute dernière réflexion, publiquement livrée à ce sujet par Mme Delcambre, date du 17 juin 2007 :
[Pr._Delcambre_juge_les_connaissances_de_Caroline_Fourest et_de_François_Burgat->http://www.libertyvox.com/phpBB/viewtopic.php?p=107285#107285]

Sa réflexion mérite une citation in extenso : « Caroline Fourest ne connaît pas ce qu’est l’islam. Ramadan et Qaradawi lui paraissent d’horribles intégristes alors qu’ils sont des musulmans dans la plus pure tradition islamique. Elle adopte la division islam/islamisme, s’imaginant qu’il y aurait un islam foi et un islamisme Loi. Or l’islam est UNE FOI et UNE LOI ou plutôt c’est une foi qui ne se conçoit pas sans que la LOI soit observée.
François Burgat connaît mieux l’islam que Caroline Fourest MAIS C’EST UN ISLAMOPHILE. Il sait que Ramadan n’est pas un islamiste mais un musulman.
Par son ignorance, Caroline Fourest se place à côté des Pascal Hilout & Co
Par son désir de ne pas stigmatiser l’islam, François Burgat contribue indirectement à l’islamisation de la France. »

{{{Avis de Caroline Fourest}}}

Fin 2005, Caroline Fourest a été invité à répondre aux questions des internautes sur Nouvel-Obs.com :
[Caroline_Fourest_répond_aux_questions_des_internautes->http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2006/01/09/384-caroline-fourest-repond-aux-questions-des-internautes]

Et c’est sous le pseudo de ‘tariq ramadan’ qu’on lui pose la question suivante : « Bonjour, quelle est la définition de l’islamisme ? »

Réponse de Mme Fourest : « J’ai toujours défini très précisément le mot « islamisme », dans mes livres comme dans mes interviews. J’utilise ce mot pour désigner l’ »intégrisme », en l’occurrence musulman mais qui peut être juif ou chrétien. A savoir l’ »instrumentalisation politique de la religion à des fins liberticides et réactionnaires ». »

Et en effet, dans ses publications, lorsque Tariq Ramadan et Qardawi sont rangés dans la catégorie des islamistes par Caroline Fourest, elle explicite ce qu’elle considère comme liberticide et réactionnaire dans leurs déclarations et écrits. Elle ne préjuge pas de l’utilisation qu’ils vont faire de leur héritage et éducation islamique.

Dans ce même échange sur Nouvel-Obs.com Caroline Fourest écrit :
« Quand j’ai lu le Coran, pour les besoins de mes recherches, j’ai souvent été surprise de son contenu souvent plutôt progressiste. Mahomet s’est battu pour que les femmes héritent (au moins la moitié des hommes), que l’excision soit modérée, il a refusé que l’on marie une fille de force, sans son consentement. Bien sûr, il y a aussi des passages très durs, mais comme dans tous les textes sacrés. Ce sont aux hommes de faire le tri et de garder le meilleur.
L’islam ne pose en soi aucun problème. Seul l’intégrisme menace les libertés et le vivre ensemble. »

{{{A mon humble avis,}}}

Mme Fourest devrait s’informer un peu plus sur l’islam classique=Coran+Mahomet. Elle cède facilement à l’intoxication idéologique qui ne lui explique pas la Mecque antéislamique sans fioriture apologétique. Il n’y a qu’à considérer le cas de la célèbre Khadija, première femme du prophète. Dans une société plutôt tolérante et polythéiste, elle disposait de ses biens, avait un oncle chrétien versé dans les livres et c’est bien cette grande dame antéislamique qui a d’abord engagé Mahomet pour conduire ses caravanes en Syrie, pour faire fructifier ses capitaux et, ayant constaté qu’il était un bon parti, l’avait demandé en mariage : oui, c’est une dame célibataire d’un certain âge qui demande le jeune Mahomet en mariage ! Il lui est resté fidèle tout au long de sa vie à la Mecque et elle lui a donné des enfants viables.

Ce n’est que plus tard, lorsque Mahomet est devenu chef d’une communauté et avait conclu le fameux « pacte de la guerre » avec deux tribus non juives de Médine, avant même d’y émigrer, qu’il est devenu polygame à outrance et qu’il nous a laissé neuf veuves « élevées » à la dignité de mères des croyants dans le coran, c’est-à-dire interdites de mariage. C’est cette tradition propre au prophète qui n’est nullement attestée dans l’Arabie antéislamique que les Califes (successeurs) ont reconduite et perpétuée jusqu’aux harems ottomans. En Arabie, les femmes avaient certainement un statut pas très enviable mais au moins évoluait-il au gré du temps et des forces sociales en présence : il n’était pas figé, gravé dans le marbre d’une loi sacrée et définitivement consacrée. C’est ça l’invention-même de l’archaïsme.

Mme Delcambre a bien raison de nous indiquer que l’archaïsme et l’usage de la violence est inscrit noir sur blanc dans le texte fondateur de l’islam qu’est le Coran, confirmé par la conduite de razzias non défensives par Mahomet. Lorsque, en islamologue avertie, elle dit : « Or l’islam est UNE FOI et UNE LOI ou plutôt c’est une foi qui ne se conçoit pas sans que la LOI soit observée », elle veut tout simplement nous avertir et nous expliquer que les Frères musulmans et Qaradawi sont des musulmans tout à fait classiques. Il nous faut aussi avoir le courage d’affronter cette réalité-là, il nous faut aussi accuser Tariq Ramadan d’être tout simplement archaïque parce qu’il s’accroche, comme il dit, aux « vraies valeurs de l’islam ». Il faut faire le pas suivant, pour aller de l’avant et en finir avec l’inutile idée de diversion qu’était et qu’est celle de « double-discours ».

Mais il me semble que Mme Delcambre se refuse aussi d’entrer dans la logique d’une politologue comme Caroline Fourest qui observe des phénomènes d’aujourd’hui tels que la Turquie, pays qui a promulgué des lois positives à la place de la charia (loi islamique), qui interdit le port du voile même à l’université et qui n’en est pas moins un pays musulman. Mme Fourest juge des phénomènes tangibles et reste objective ; Mme Delcambre sonde les liens plus profonds au risque de se tromper et de s’embourber dans un procès d’intention. Elle ne veut pas considérer qu’il y a quelques pays musulmans où l’état de droit est en développement alors que dans d’autres c’est la loi divine qui fait un retour en force. Son nuancier est un peu sombre et restreint. Elle excelle dans la peinture des ombres et utilise souvent la couleur rouge-sang, ce qui donne à ses tableaux beaucoup d’éclat.

Mais quoi qu’en pense Mme Delcambre, l’Orient et nous autres orientaux nous ne sortons jamais indemnes de notre contact avec l’Occident. Je suis persuadé que l’inverse est aussi valable : une certaine soumission au fascisme et une hypocrisie certaine guettent nos concitoyens bien à gauche. C’est ce que Caroline Fourest a dénoncé avec brio dans son livre « La tentation obscurantiste »

{{En conclusion}}

Mme Fourest devrait faire le pas suivant qui me considèrerait, moi le musulman comme un citoyen à part entière, dont on peut non seulement critiquer « l’usage de la religion en politique » mais aussi « la foi tout court ». Il faut passer de la critique de l’islamisme à la critique de l’islam classique=Coran+Mahomet qui n’est pas beau à voir, croyez-moi (et non croyez en moi) ! Mais il est évident qu’on ne peut pas demander à une politologue d’endosser l’habit d’un théologien. Ce serait totalement ridicule !

Face aux évolutions qu’ont connues et connaissent les héritiers de l’islam classique en Turquie en Tunisie et Ici, Mme Delcambre se voile la face. Elle ne voit même pas qu’ils donnent de bons coups de pied dans le derrière de la loi islamique (charia) et qu’ils dissèquent, sans état d’âme, les pieds d’argile de leur maison-islam qui croule de tous les côtés.

Les deux approches éclairent deux espaces spatio-temporels distants de quatorze siècles, elles sont toutes les deux nécessaires et enrichissantes. Si les islamistes ont leurs idiots utiles, nous pouvons dire que nous avons là deux brillantes dames bien utiles au débat républicain dont on a bien besoin. Si seulement Mme Delcambre, l’imam caché, concédait enfin à prendre ses distances avec des pasdarans militants et qui, sur l’expression de leur racisme, sont très peu regardants !

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Vincent Geisser ou l’hypocrisie sur pieds au CNRS

{{[Ostensible hommage du CFCM, de l'UOIF et de la Mosquée de Paris à Nicolas Sarkozy->http://oumma.com/spip.php?article2432]}} : [http://oumma.com/spip.php?article2432->http://oumma.com/spip.php?article2432]

Voici le commentaire que cet article m’a inspiré :

Monsieur Geisser fait toujours semblant :

Depuis le temps que je lui explique que dans l’islam classique=Muhammad+Coran, la soumission est inscrite dans le corps, l’espace, et le temps !

Il fait semblant de découvrir que les autorités religieuses en islam sont carpettes, complètement à plat devant toutes les autorités politiques, que ce soit un président élu ou un potentat des plus corrompus. C’est comme si Monsieur Geisser, n’avait jamais étudié l’islam et son histoire.

L’hypocrisie n’est donc pas l’apanage de l’UOIF et de la Grande Mosquée de Paris ; elle a bel et bien gagné les hautes sphères du CNRS et de bien d’autres instituts d’enseignement et de recherche !

PS : ce texe a été envoyé le 17-05-07, par mail, aussi bien au site oumma.com qu’à Monsieur Vincent Geisser.

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