Chant grégorien à la gloire de Pascal Hilout, né Mohamed

C’est un contradicteur, plutôt spirituel, qui a fini par composer un chant rien que pour le responsable de ce site. Il m’a conseillé de le publier et de m’y mirer. Je rappellerai juste que le coq gaulois fait cocorico même lorsqu’il a les pattes enfoncées dans la merde.

Amusez-vous bien.

 

C’est la folie des sites perso
Des culturels ou des pornos
Mais le mien est au top niveau
C’est la vitrine de mon Ego.

Au beau milieu c’est mon nombril
Il a la forme d’un narcisse
Un joyau qui n’a pas de prix
Et dont tous les envieux palissent.

Ce devrait être un site classé
Car aucun n’égale mon Ego
Il a l’orgueil et la fierté
D’un coq dressé sur ses ergots.

Je suis fou de Moi
Mon idole c’est Moi
Que vaudrait la vie
Si y avait pas Moi ?

On me jalouse en ricanant
Me traitant de fou parano et facho
Ils ont tout faux c’est évident
je suis juste un peu mégalo

Oubliant la bêtise des hommes
Je vais, calme et décontracté
Surfer sur mon.ego.perso.com
Passant des heures à m’admirer.

Chant composé par David Weber


 

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Les dessous du voile

Bonjour à toutes, bonjour à tous,

J’ai le plaisir de vous informer que va sortir dans la première quinzaine de mars un livre intitulé

{{{Les dessous du voile}}}

{{«1989-2009, vingt ans d’offensive islamique contre la République laïque »}}

Ce livre est écrit et édité par la rédaction de Riposte Laïque.

Sous le titre {{« L’islam, son avant-garde et ses idiots utiles »}}, j’ai eu le plaisir d’y contribuer pour expliquer le fond de la question islamique ainsi que les murs d’enceinte qui nous empêchent d’y voir clair.

En voici le schéma explicatif:

Je suis persuadé que vous n’appartenez pas aux deux premiers cercles puisque vous n’êtes ni « l’islam », ni un islamiste et encore moins un régime musulman. Je ne pense pas que vous cherchez à cacher aux Françaises et aux Français les réels problèmes que pose l’islam, mais on ne sait jamais ! A votre place, je vérifierais à quel cercle je peux bien être rattaché(e).

Partant de la première affaire du voile, à Creil, en 1989, et de trois témoignages d’enseignants confrontés, dans des communes différentes, à ce problème, cet ouvrage de 380 pages analyse la réalité de l’offensive de l’islam contre la laïcité, en France, pour le plus grand bonheur des autres Eglises, qui n’ont accepté nos principes laïques que grâce au rapport de forces.

Il explique les raisons de la passivité des dirigeants de notre pays, la gravité de la situation, et appelle la société française à une réaction laïque, féministe et républicaine. Vous pouvez prendre connaissance de la couverture, en pièce jointe.

Je tenais à vous donner personnellement cette information.
J’espère que, par la présentation qui en sera faite, vous aurez envie de lire cet ouvrage.

Vous pouvez le commander dès maintenant. Jusqu’au 15 mars, il y a une offre intéressante, {{12 euros}}, plus 4 euros de frais de port, cela fait donc 16 euros.

Chèques à adresser à

{{Riposte Laïque, Boite postale 82035, 13201 Marseille.}}

Le numéro 77 de Riposte Laïque vous en dit davantage : [http://www.ripostelaique.com->http://www.ripostelaique.com]

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Déclaration de St. Petersburg

Publiée par les délégués au Sommet de l’islam laïque tenu à St. Petersburg en Floride le 5 mars 2007

Nous sommes des musulmans laïques et des personnes laïques de sociétés musulmanes. Croyants, sceptiques et non-croyants, nous sommes engagés dans une lutte sans merci qui oppose non pas l’Occident et l’Islam, mais les principes de liberté et de non-liberté.

Nous affirmons l’inviolabilité de la liberté de conscience individuelle et nous croyons en l’égalité de tous les êtres humains.

Nous insistons sur la séparation de la religion et de l’État et le respect des droits humains universels.

Les traditions de liberté, de rationalité et de tolérance sont ancrées dans la riche histoire des sociétés préislamiques et islamiques. Ces valeurs ne sont pas l’apanage de l’Occident ou de l’Orient ; elles forment le patrimoine moral commun de l’humanité.

Nous ne voyons ni colonialisme, ni racisme ni ce que l’on appelle « islamophobie » dans le fait de soumettre les pratiques islamiques à la critique ou de les condamner lorsqu’elles bafouent la raison ou les droits humains.

Nous appelons les gouvernements du monde à :

- rejeter la charia, les tribunaux édictant des fatwas, le gouvernement des religieux et les religions d’État sous toutes leurs formes ;

- s’opposer à toutes les sanctions pour blasphème et apostasie, conformément à l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ;

- éliminer les pratiques qui contribuent à l’oppression des femmes, telles que l’excision, le crime d’honneur, le voile forcé et le mariage forcé ;

- protéger les minorités sexuelles contre la persécution et la violence ;

- réformer l’éducation religieuse sectaire qui enseigne l’intolérance et le fanatisme à l’encontre des non-musulmans ;

- favoriser un espace public ouvert où tous les sujets peuvent être discutés sans coercition ni intimidation.

Nous exigeons la libération de l’islam de l’emprise des ambitions totalitaires d’hommes avides de pouvoir, et du carcan rigide de l’orthodoxie

Nous enjoignons les universitaires et les intellectuels partout dans le monde à se livrer avec courage à l’étude des origines et des sources de l’islam et à propager les idéaux de la recherche scientifique et de la quête spirituelle libres par le moyen de la traduction interculturelle, de l’édition et des médias de masse.

Aux croyants musulmans, nous disons : l’islam a un noble avenir en tant que foi personnelle, mais pas en tant que doctrine politique ;

Aux chrétiens, juifs, bouddhistes, hindous, baha’is ainsi qu’aux membres de groupes confessionnels non musulmans : nous sommes à vos côtés en tant que citoyens égaux et libres ;

Et aux non-croyants : nous défendons votre droit inaliénable à la contestation et à la dissidence.
Avant d’être membres de la oumma, du corps du Christ ou du peuple élu, nous faisons tous partie d’une communauté de conscience ; nous sommes ceux et celles qui doivent faire leurs propres choix.

{{Je vous invite à souscrire à cette déclaration, en envoyant un courriel à info@secularislam.org}}

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L’islam sans soumission

Arrivé au terme du livre, on serait tenté de saluer cette œuvre exceptionnelle et puis fermer l’œuil sur les imperfections qui ont, en partie, contribué à sa construction. Mais je crois que ce travail majeur de M. Bidar peut souffrir la critique.

{{{1 – Les mérites de ce livre}}}

Alors que le mot islam a toujours été compris comme « l’acte de s’en remettre à Dieu, de se soumettre à sa volonté » [[Pour être épargné, avoir la paix du cœur et la paix tout court (salut, salâm, silm).]] et que les musulmans se sont de tout temps prosternés pour prier, M. Bidar, professeur de philosophie à Nice, n’y voit pas une fatalité. Il propose une sortie de cette vision archaïque de l’homme face à la divinité. Il voudrait que l’être musulman – réduit jusqu’ici à la servitude, à l’esclavage face à un Dieu tout puissant – participe pleinement à la construction d’une dignité humaine renouvelée. A travers son livre, il nous propose d’assister en quelque sorte au récit qui accouche du premier homme, afin de nous convaincre que, dès le départ, notre Créateur, à l’instar d’une mère, a voulu couper le cordon ombilical et nous installer califes à sa place et puis se retirer du monde et du temps.

C’est un vrai tour de force, tenté ici par M. Bidar, puisqu’il évite d’en appeler à l’insoumission ou à la mise à mort symbolique d’Allah. C’est sans douleur, grâce à la magie des mots qu’il voudrait le faire abdiquer en quelque sorte. Il va chercher les ressources nécessaires à cette révolution dans le texte fondateur de l’islam. Comment procède-t-il ? Arrive-t-il a sortir de cette situation paradoxale sans tomber dans d’autres paradoxes ? A-t-il des chances de convaincre les musulmans de France et d’ailleurs ? En tout cas, l’objectif est louable et nous lui souhaitons bonne chance.

Ceci d’autant plus que M. Bidar a trouvé le vrai angle d’attaque des problèmes que pose l’islam et qu’il a toujours posé : les droits de l’homme et surtout de la femme.

Commençons d’abord par énumérer les mérites de ce livre.

C’est avec une lucidité sans précédent que les questions sont posées. Ce constat peut paraître banal si le fait n’était si rare parmi les musulmans. Poser les questions qui fâchent en islam, c’est déjà ouvrir la porte à une certaine libération de la parole pouvant, éventuellement, mener à la libération tout court.

L’acte de s’exprimer avec liberté, d’écrire ce qu’on a sur le cœur, est en soi un acte libérateur, exemplaire et créateur d’un homme nouveau. Nous pouvons d’ores et déjà dire qu’il y a au moins un Abdennour (c’est à dire « esclave de La lumière ») qui a résolument choisi un islam des Lumières ; ce Loch Ness du désert que tout le monde invoque et auquel nous aimerions bien croire. Le jour de sa révélation sera un grand jour où ses enfants pourront enfin prier la tête haute, les yeux tournés vers le Ciel et non pas face contre terre. Avec les forces symboliques, on ne sait jamais ! Il suffit parfois d’y croire et de les évoquer, pour qu’un beau matin, tout le monde se met à s’en réclamer et même à les incarner.

Ceci d’autant plus que M. Bidar offre ici une ouverture qui ne peut que faire du bien aux musulmans : de fait il plonge ses lecteurs musulmans dans un champ sémantique francophone, dans une langue d’esprit libre ayant derrière elle toute l’expérience des Lumières. Et c’est ainsi que nous sommes amenés non seulement à reconsidérer les ressources de la philosophie grecque, mais aussi tous les enrichissement qu’elle a connue en Europe. M. Bidar n’hésite pas non plus à mettre ses lecteurs face aux avancées de la pensée théologique judéo-chrétienne. Pour les esprits européens, ouverts qu’ils sont depuis longtemps à toutes les spiritualités et pensées du monde, cela va de soi. Mais cela constitue une vraie révolution pour bien des musulmans : ils ont toujours été privés des réflexions directement puisées chez saint Augustin, dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Ce n’est que maintenant qu’ils peuvent enfin s’ouvrir à des auteurs juifs et chrétiens, anciens et contemporains.

Notre auteur essaie de sortir la théologie islamique d’un combat stérile qui, en fin de compte, se voulait libération de l’occupant et non pas de ses propres chaînes. Contrairement à Farid Esak et à Rachid Benzine [[Rachid Benzine, Les nouveaux penseurs de l'islam, Albin Michel, Paris 2008, p. 245.]], M. Bidar a compris qu’ « indépendance nationale » ne signifie pas automatiquement liberté de pensée. L’auteur nous laisse donc entrevoir une réelle théologie de la libération ; libération de la soumission à Dieu, lot quotidien des musulmans jusqu’à nos jours et jusqu’au cœur de nos contrées européennes.

M. Bidar tente donc de façon tout à fait originale de sortir le musulman du règne d’Allah, tout en cherchant à faire l’économie d’une mise à mort. Il s’évertue à démontrer que Dieu du Coran fait de l’Homme son héritier temporel. Après les différents temps immémoriaux de Dieu, voici venu donc le temps infini de l’Homme. A chacun une demi-droite. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines : avouons que l’écrasante majorité des musulmans est loin de vouloir faire le deuil d’Allah. Elle ne veut surtout pas mettre une croix sur sa tombe.

Je pourrais donc me laisser tenter par cette belle perspective, m’inscrire dans l’euphorie de cet héritage auquel me convie M. Bidar et me réjouir qu’il ait fait en sorte qu’Allah s’éclipse tout en me désignant légataire universel, y compris de sa toute-puissance créatrice. Sauf que je fuis comme de la peste toute promesse de puissance, surtout lorsqu’elle est confiée à des autorités humaines qui croient la tenir du Ciel.

{{{2 – Critique}}}

Je ne suis pas si sûr que le verbe soit aussi créateur que l’auteur voudrait encore nous faire croire. C’est une vieille lune, séduisante pour ceux qui ne veulent pas affronter la réalité de notre existence, telle qu’elle est. Elle n’est pas toujours misérable, mais elle est souvent irresponsable. Comme je vais le démontrer, les développements de M. Bidar le prouvent encore une fois. Le verbe peut créer autant d’illusions, de frustrations, de mobilisation que de libération. Je me contenterai donc d’être un critique des textes, aussi bien sacrés que profanes. Et s’il arrivait qu’Allah s’éclipse pour de vrai et que les musulmans se libèrent, sortent en quelque sorte des temps des Pharaons, j’aurais le tort d’avoir été un rabat-joie, un sceptique, un peu terre à terre.

Je présente ici les raisons de ma circonspection : M. Bidar n’affronte pas toujours les problèmes que pose sa nouvelle façon de présenter la chose islamique. La fluidité de son écriture lui permet souvent d’y échapper en prenant facilement de la hauteur. Il transcende les difficultés et tous les obstacles se transforment en nuages moutonneux qu’il survole allègrement. Une fois dépassé le premier chapitre où il traite de la soumission bien réelle, notre auteur ne se sent plus et ne remets plus les pieds sur terre.

Cette envolée lyrique et théologique risque de déboucher, une nouvelle fois, sur une désillusion. Elle joue sur une fibre qui trouvera certainement quelque résonance chez les musulmans : l’héritage de la toute-puissance leur est promise dans un avenir presque présent. Je crains qu’ils n’aient toujours eu la faiblesse d’y croire, par le passé et à l’avenir que M. Bidar leur promet.

L’auteur fonde ce qu’il appelle « une nouvelle anthropologie coranique ». Autrement dit une autre vision de l’homme qu’il cherche et trouve, plus ou moins, dans le Coran. Il fait appel aux ressources du verbe et en fait un usage que les mystiques ont expérimenté par le passé. Il se laisse même tenter par la cabale.

C’est dans un récit coranique de la genèse, sourate II, versets 28-37que notre auteur trouve sa porte d’entrée pour nous conduire vers ce qu’il appelle « un existentialisme musulman ». Tel un Averroès, notre professeur de philosophie se fait aussi théologien. Et comme lui, il éprouve une certaine gêne à aborder d’abord la vision du monde qui a présidé à cette mythique genèse et à la vision de l’homme qui en découle. Le décor est pourtant grandiose [[Il est fort intéressant de noter que notre auteur indique au Nouvel Observateur uniquement les versets 28 à 34 comme référence. Or, justement, les trois versets suivants plantent le décor grandiose du péplum et font prendre conscience qu'il s'agit d'une mise en scène mythique digne des épopées gréco-romaines.]]. Sa description nous éclaire beaucoup mieux sur ce qui va se jouer ! Tout musulman, y compris Européen, devrait être fier d’être l’héritier de cette vision du monde. Elle est digne d’un aède grec. Le monde coranique qui préside à la genèse est constitué de « sept cieux et autant de terres », de « deux mers – l’une salée, l’autre douce – qui se touchent sans se mélanger », de « montagnes qui empêchent la terre de tanguer »… En un mot il s’agit d’une mécanique céleste et d’une physique qui fondent une place rêvée pour un homme akkadien, babylonien, sémitique, tout à fait mythique. Cet homme que l’existence n’avait pas encore éprouvé en le confrontant au logos grec, à sa terre ronde et aux travaux de ses astronomes qui, dès l’Antiquité, l’imaginaient comme une vulgaire planète tournant autour du soleil : existence où il s’agira d’une simple particule qui, sans être le centre de l’univers, en saisit les lois et s’en fait géomètre.

M. Bidar n’évite pas totalement les sentiers battus : à la page 71 nous lisons : « Samuel Huntington a voulu nous faire admettre que ce sens de l’homme, cet « individualisme » entendu au sens positif de valorisation de la personne, de sa sacralité intrinsèque, serait seulement « le signe distinctif essentiel de l’Occident »
..
« Or j’entends montrer au contraire que la civilisation islamique est elle aussi travaillée en profondeur par un sens de l’individu-sujet et de sa sacralité qui demande simplement encore un peu de temps pour émerger, pour peut-être ensuite contribuer à produire à l’échelle planétaire un humanisme partagé. ». Il s’agit finalement d’une virtualité, d’un futur meilleur que le présent ; ce qui, en toute logique, conforte la thèse que M. Bidar voulait démentir.

Dans la même veine, notre auteur se fait défenseur d’une certaine « authenticité » : il estime que l’idée de sacralité de l’être humain n’est pas « la propriété de l’Occident, ni même son génie exclusif » et d’expliquer un peu plus loin : « A chaque culture, cependant, de contribuer à ce processus d’universalisation en élaborant dans sa propre matrice symbolique une dimension singulière de cette sacralité de l’homme » (p. 72). Pour un instant on oublierait que M. Bidar est un Occidental et que depuis 1830, l’islam fait partie de la France. Une fois de plus, il confirme que l’existentialisme est bel et bien d’origine danoise puis française.

M. Bidar fait le constat d’un élan d’émancipation chez les musulmanes et les musulmans d’aujourd’hui. Il explique en introduction qu’il veut se « saisir du Coran » pour légitimer en quelque sorte cet élan (p. 10). Le lecteur critique peut, tout aussi légitimement, envisager une hypothèse alternative : cet émancipation se fait par rapport au Coran et à Mahomet, donc en dépit de ces deux pierres angulaires qui fondent l’islam, cette soumission inscrite au quotidien dans le corps, l’espace et le temps.

Notre auteur se met donc à la recherche du « génie de ce Livre » (p. 10). Il considère « que l’islam centré sur le dogme et la servitude n’a jamais été à la hauteur de son texte ». Il ne précise pas si la pratique historique et terrestre du prophète peut soutenir la comparaison avec ce texte. Une fois la lecture du livre terminée, on constate que la vie et l’œuvre géographique de Mahomet sont presque totalement occultées. Technique ablative de la conscience s’il en est. C’est comme si un musulman du XXIe siècle, libre de surcroît, pouvait faire l’économie d’un examen critique de la gestation, de l’enfantement et des premiers pas de l’islam sous le commandement et la conduite de Mahomet, cet incontournable premier interprète du texte sacré. C’est bien lui qui en a produit les décrets d’application et les a transposés en une pratique sociale, politique et liturgique. L’islam n’est en rien comparable à des évangiles -écrits des apôtres- et un Jésus qui n’a laissé aucune emprunte territoriale. Son royaume, cantonné d’abord au Ciel, ne prendra le pouvoir qu’une fois la conversion de Constantin est acquise.

M. Bidar avance encore une fois le postulat dont tous les progressistes musulmans ont usé jusqu’ici : il accuse les docteurs de la Loi d’être les responsables des maux des musulmans. Comme ses prédécesseurs, il ne voit pas que quatre écoles juridiques chez les sunnites et bien d’autres chez les chiites viennent infirmer ce postulat devenu une sorte de tarte-à-la crème. Injuste et injustifié, il est souvent avancé pour que le prophète et le Coran en sortent indemnes. Dans ce sens-là M. Bidar ne va pas à l’essentiel et n’apporte donc rien de fondamentalement nouveau.

M. Bidar, comme bien des musulmans éclairés avant lui, ne veut pas commencer par déclarer officiellement la faillite du monde clos enrobé de sept cieux. A l’instar de tous les soi-disant « nouveaux penseurs de l’islam » que M. Benzine a si bien encensés, il croit que nous pourrons éviter une liquidation en bonne et due forme. M. Bidar nous offre donc une énième approche « lecturaliste ». Il n’a pas encore résolu d’admettre que la vision du monde clos, commune à la Bible, au Coran et à l’antique Eglise, est bel et bien dépassée depuis que notre humanité et sa philosophie naturelle ont résolu d’enterrer Aristote, Averroès et leur physique spéculative et géocentrique. Leur implacable logique, fondée sur des prémisses physiques et métaphysiques fausses, n’a finalement démontré que ses propres limites.

Averroès avait réussi à donner quatre siècles de répit à la physique aristotélicienne, avant que Copernic, Kepler et Galilée ne la renvoient à son Antiquité. Et on dirait que M. Bidar a envie de donner quelque répit au Coran au lieu de considérer que c’est un Texte merveilleux, un vrai poème fondateur, digne des aèdes Grecs, appartenant bel bien au Moyen-âge ; à son âge d’or.

Notre auteur ne se résout donc pas à classer nos Livres sacrés à côté des magnifiques mythes, fondateurs eux aussi d’autres civilisations. Civilisations gréco-romaine, judéo-chrétienne et arabo-islamique qui nous ont construits. M. Bidar est certes critique, mais il ne semble pas encore prêt à s’assumer entièrement comme homme moderne, de choisir la voie de notre bonne foi existentialiste qui se voit obligée de déclarer caducs bien des feuillets de la Bible et du Coran et de leurs Lois handicapantes pour l’humanité car génératrices de ghettos culinaires, matrimoniaux, sépulcraux, mais aussi linguistiques pour continuer à jouer sur et avec les mots ; ce que M. Ouaknin pratique avec brio pour le judaïsme. Il sait nous faire rire de bon cœur, mais Devos faisait mieux avec une langue vivante.

M. Bidar, ne change pas totalement de perspective et ne voit pas encore que ce sont bien nous, être humains, créateurs divins, qui dissertons des Vénus et Apollon et les façonnons à notre image : beaux comme des Dieux. Allah n’a pas encore eu droit à cet insigne honneur, alors que Mahomet nous aurait expliqué qu’ « Allah est beau et [qu'] il aime la beauté ». Il a tout de même quelques problèmes avec les Vénus.

M. Bidar use aussi d’une technique très classique : il vide verbalement l’homme actuel de toute âme, le transforme en « sanctuaire vide », considère cela comme « le plus grand scandale » (p.74), pour chercher, au bout du compte, à lui faire du bouche à bouche en puisant son souffle dans le Coran. C’est ce qu’on pourrait appeler de l’auto-exaspération. Un supplément d’âme suffirait pourtant à notre monde. C’est de cette façon que se révèle l’âme classique judéo-islamo-chrétienne qui, justement, regardait avec dédain le monde « païen » (du mot paysan), malgré ses belles avancées et réalisations artistiques, scientifiques, éthiques et politiques que les religions ont plutôt empêchées. C’est un évident manque de respect pour notre monde tel qu’il est : pas aussi dénué d’esprit (de souffle, d’âme) qu’on pourrait le croire. Il est certain qu’il paraît désenchanté alors qu’il s’est tout simplement débarrassé de maintes illusions idéologiques et brumes opiacées.

{{Allah a abdiqué ! }}

M. Bidar est convaincu que lorsque Allah dit dans le Coran « Innî jâ’ilûn fi l-ardi khalîfatan », cela veut dire qu’il a fait de l’homme plus qu’un simple lieutenant, vicaire ou vice-roi sur terre. M. Bidar pense qu’Il en fait bel et bien un successeur, un héritier dans l’espace ET dans le temps. Autrement dit, en créant l’Homme, Dieu se retire des affaires du monde pour faire don de la liberté à l’être humain. Pour ce faire, M. Bidar exploite tout « le potentiel de signification » que recèle le mot « khalîfat ».

Ce qui milite en faveur de cette thèse c’est l’évidence historique qui voudrait que les Califes (du mot arabe khalîfah) aient, les uns après les autres, succédé à Mahomet dans la gestion des affaires musulmanes. Il s’agit là d’une succession inscrite dans le temps et dans la géographie. Muni de cette signification du mot khalîfah, M. Bidar ne comprend pas pourquoi les musulmans ont de tout temps écarté, plus ou moins consciemment, ce sens permettant de diviniser l’homme. Mais contrairement à Nietzsche, M. Bidar écarte l’idée de la mort de Dieu. Il ne reste donc que l’hypothèse, non formulée par M. Bidar, de son abdication volontaire, inscrite dans le Coran. Et c’est là que M. Bidar ne peut que retomber dans la contradiction : il fait appel à une unique déclaration du Coran pour nous annoncer le retrait volontaire de Dieu, alors que ce même Coran nous assène à longueur de versets, la présence active, omnipotente, omnisciente et spatio-temporelle d’Allah. On ne peut invoquer le Coran dans un sens et l’ignorer dans l’autre. A moins d’en déclarer caducs les autres feuillets ; chose à laquelle M. Bidar n’accède pas.

Mais M. Bidar ne s’arrête pas là : il voit dans la prosternation des anges (sur ordre d’Allah) devant l’homme, qui sait plus de choses qu’eux, l’institution d’un acte d’adoration. « Et nous relevons aussi que l’homme ne se contente pas de supplanter Dieu comme objet d’adoration, mais qu’il fait des anges ses subordonnés, ce qui correspond à un double renversement de la dignité d’être entre l’inférieur et le supérieur : d’une part la créature prend la place du Créateur, et d’autre part cette même créature qui paraissait une des viles d’entre toutes, n’étant formée que d’argile, prend également la place des meilleures d’entre elles ».

Le problème est que cette hypothèse est mille fois contredite par tout le reste du Coran : concrètement, c’est bien à l’homme qu’il y est ordonné de se prosterner et d’obéir à Allah et à son prophète. Quant aux anges, je me fais fort d’en dessiner neuf, de sexe féminin, tout en adoration devant M. Bidar, sachant que neuf est le nombre des veuves du prophète qui ont été interdites de remariage. M. Bidar, comme bien des intellectuels musulmans, ne se résout pas à se libérer par sa propre volonté. Il feint d’oublier que cette scène coranique ne sert qu’à trouver une solution théorique et symbolique au problème du mal dans le monde : la scène tourne autour de l’ange déchu qui désobéit et ne se prosterne pas. Il est institué tentateur à vie tant que durera l’humanité et donc responsable du mal dans le monde, capable, selon certains commentateurs, d’avoir plus d’adeptes qu’Allah. Il est faux de dire, comme M. Bidar, que les musulmans ont refusé l’option d’être khalîfs à la place du khâlif : ils ont bel et bien accepté d’être son bras armé, agissant et razziant sur terre. Le butin et le paradis leur ont toujours été promis dès les premières conquêtes de Mahomet.

Et c’est bien avec la grande figure de Mahomet que notre auteur a de sérieux problèmes : il l’ignore presque totalement. C’est que ce premier interprète, dans la pratique, du Coran, ne peux que contrecarrer et contredire les développements théoriques de notre auteur.

{{La liberté ne s’octroie pas. Les Seigneurs y accèdent rarement de plein gré}}

M. Bidar ne semble pas avoir compris que pour libérer les juifs des Lois, il faut d’abord admettre qu’elles sont là et qu’elles seront dorénavant abrogées. Le vrai respect qu’on doit aux Textes, c’est de les mettre et les remettre, s’il le faut, à leurs bonnes places. Ni plus haut, ni plus bas. C’est ce que bien des musulmans sont en train de comprendre : ils se libèrent et s’émancipent parce qu’ils commencent d’abord par admettre que les lois islamiques sont contraignantes et que l’islam est liberticide. Mais voilà qu’un intellectuel courageux et tout à fait doué de bon sens, voudrait presque nous priver de cet acte de libération volontaire pour l’attribuer … au Coran ! Est-ce un degré de sophistication jamais atteint dans le dépouillement des musulmans de la réelle volonté qu’ils ont de prendre leur destin en main ?! Je crains fort que bien des musulmanes et des musulmans, qui croient très naïvement à la puissance intellectuelle de leurs coreligionnaires occidentaux, ne voient pas le piège qui fait ré-entrer par la fenêtre ce que nous voulons dépasser par la grande porte.

Pourtant, c’est si simple de dire à nos coreligionnaires que « la dignité humaine est sacrée, pas les religions » et qu’il faut nous assumer dans une foi totalement renouvelée, prenant en charge les bouleversements esthétiques, éthiques, scientifiques… conquis grâce à l’intelligence humaine, cet être divin, et grâce à ses combats et souffrances et non pas par la grâce d’Allah ni celle de ses thuriféraires sur terre.

La bonne foi, c’est aussi simple que cela. Evidemment, comme Averroès, les tenants de la foi à l’ancienne préfèreront toujours sauver leur foi, quitte à y sacrifier et leur raison et leur bonne foi. Un existentialisme musulman se doit d’affronter toutes nos contradictions et ne pas faire semblant de trouver sa justification dans le Coran. A moins qu’on ait peu de respect et pour ce Texte et pour soi. Quant à Mahomet, il est temps de le considérer comme un des grands gisants de tous les temps. Voilà la voie la plus directe et la plus franche pour libérer les musulmans de leurs propres carcans. Nous y gagnons notre bonne foi.

On peut se demander si M. Bidar, tel un mauvais génie, n’a pas trouvé le moyen de remettre dans l’attelage du Coran, la liberté rétive qui s’éveille chez les musulmanes et les musulmans d’aujourd’hui.

L’histoire, telle que consignée par les premiers musulmans eux-mêmes, nous indique que l’islam pratiqué par Mahomet a été, dès le départ, synonyme de soumission et de mesures coercitives prises à l’encontre des récalcitrants et des opposants.

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L’islam sans soumission

Arrivé au terme du livre, on serait tenté de saluer cette œuvre exceptionnelle et puis fermer l’œuil sur les imperfections qui ont en partie, contribué à sa construction. Mais je crois que ce travail majeur de M. Bidar peut souffrir la critique.

{{{1 – Les mérites de ce livre}}}

Alors que le mot islam a toujours été compris comme « l’acte de s’en remettre à Dieu, de se soumettre à sa volonté » [[Pour être épargné, avoir la paix du cœur et la paix tout court (salut, salâm, silm).]] et que les musulmans se sont de tout temps prosternés pour prier, M. Bidar, professeur de philosophie à Nice, n’y voit pas une fatalité. Il propose une sortie de cette vision archaïque de l’homme face à la divinité. Il voudrait que l’être musulman – réduit jusqu’ici à la servitude, à l’esclavage face à un Dieu tout puissant – participe pleinement à la construction d’une dignité humaine renouvelée. A travers son livre, il nous propose d’assister en quelque sorte au récit qui accouche du premier homme, afin de nous convaincre que, dès le départ, notre Créateur, à l’instar d’une mère, a voulu couper le cordon ombilical et nous installer califes à sa place et puis se retirer du monde et du temps.

C’est un vrai tour de force, tenté ici par M. Bidar, puisqu’il évite d’en appeler à l’insoumission ou à la mise à mort symbolique d’Allah. C’est sans douleur, grâce à la magie des mots qu’il voudrait le faire abdiquer en quelque sorte. Il va chercher les ressources nécessaires à cette révolution dans le texte fondateur de l’islam. Comment procède-t-il ? Arrive-t-il a sortir de cette situation paradoxale sans tomber dans d’autres paradoxes ? A-t-il des chances de convaincre les musulmans de France et d’ailleurs ? En tout cas, l’objectif est louable et nous lui souhaitons bonne chance.

Ceci d’autant plus que M. Bidar a trouvé le vrai angle d’attaque des problèmes que pose l’islam et qu’il a toujours posé : les droits de l’homme et surtout de la femme.

Commençons d’abord par énumérer les mérites de ce livre. C’est avec une lucidité sans précédent que les questions sont posées. Ce constat peut paraître banal si le fait n’était si rare parmi les musulmans. Poser les questions qui fâchent en islam, c’est déjà ouvrir la porte à une certaine libération de la parole pouvant, éventuellement, mener à la libération tout court.

L’acte de s’exprimer avec liberté, d’écrire ce qu’on a sur le cœur, est en soi un acte libérateur, exemplaire et créateur d’un homme nouveau. Nous pouvons d’ores et déjà dire qu’il y a au moins un Abdennour (c’est à dire « esclave de La lumière ») qui a résolument choisi un islam des Lumières ; ce Loch Ness du désert que tout le monde invoque et auquel nous aimerions bien croire. Le jour de sa révélation sera un grand jour où ses enfants pourront enfin prier la tête haute, les yeux tournés vers le Ciel et non pas face contre terre. Avec les forces symboliques, on ne sait jamais ! Il suffit parfois d’y croire et de les évoquer, pour qu’un beau matin, tout le monde se met à s’en réclamer et même à les incarner.

Ceci d’autant plus que M. Bidar offre ici une ouverture qui ne peut que faire du bien aux musulmans : de fait il plonge ses lecteurs musulmans dans un champ sémantique francophone, dans une langue d’esprit libre ayant derrière elle toute l’expérience des Lumières. Et c’est ainsi que nous sommes amenés non seulement à reconsidérer les ressources de la philosophie grecque, mais aussi tous les enrichissement qu’elle a connue en Europe. M. Bidar n’hésite pas non plus à mettre ses lecteurs face aux avancées de la pensée théologique judéo-chrétienne. Pour les esprits européens, ouverts qu’ils sont depuis longtemps à toutes les spiritualités et pensées du monde, cela va de soi. Mais cela constitue une vraie révolution pour bien des musulmans : ils ont toujours été privés des réflexions directement puisées chez saint Augustin, dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Ce n’est que maintenant qu’ils peuvent enfin s’ouvrir à des auteurs juifs et chrétiens, anciens et contemporains.

Notre auteur essaie de sortir la théologie islamique d’un combat stérile qui, en fin de compte, se voulait libération de l’occupant et non pas de ses propres chaînes. Contrairement à Farid Esak et à Rachid Benzine [[Rachid Benzine, Les nouveaux penseurs de l'islam, Albin Michel, Paris 2008, p. 245.]], M. Bidar a compris qu’ « indépendance nationale » ne signifie pas automatiquement liberté de pensée. L’auteur nous laisse donc entrevoir une réelle théologie de la libération ; libération de la soumission à Dieu, lot quotidien des musulmans jusqu’à nos jours et jusqu’au cœur de nos contrées européennes.

M. Bidar tente donc de façon tout à fait originale de sortir le musulman du règne d’Allah, tout en cherchant à faire l’économie d’une mise à mort. Il s’évertue à démontrer que Dieu du Coran fait de l’Homme son héritier temporelle. Après les différents temps immémoriaux de Dieu, voici venu donc le temps infini de l’Homme. A chacun une demi-droite. Mais nous ne somme pas au bout de nos peines : avouons que l’écrasante majorité des musulmans est loin de vouloir faire le deuil d’Allah. Elle ne veut surtout pas mettre une croix sur sa tombe.

Je pourrais donc me laisser tenter par cette belle perspective, m’inscrire dans l’euphorie de cet héritage auquel me convie M. Bidar et me réjouir qu’il ait fait en sorte qu’Allah s’éclipse tout en me désignant légataire universel, y compris de sa toute-puissance créatrice. Sauf que je fuis comme de la peste toute promesse de puissance, surtout lorsqu’elle est confié à des autorités humaines qui croient la tenir du Ciel.

2 – Critique

Je ne suis pas si sûr que le verbe soit aussi créateur que l’auteur voudrait encore nous faire croire. C’est une vieille lune, séduisante pour ceux qui ne veulent pas affronter la réalité de notre existence, telle qu’elle est. Elle n’est pas toujours misérable, mais elle est souvent irresponsable. Comme je vais le démontrer, les développements de M. Bidar le prouvent encore une fois. Le verbe peut créer autant d’illusions, de frustrations, de mobilisation que de libération. Je me contenterai donc d’être un critique des textes, aussi bien sacrés que profanes. Et s’il arrivait qu’Allah s’éclipse pour de vrai et que les musulmans se libèrent, sortent en quelque sorte des temps des Pharaons, j’aurais le tort d’avoir été un rabat-joie, un sceptique, un peu terre à terre.

Je présente ici les raisons de ma circonspection : M. Bidar n’affronte pas toujours les problèmes que pose sa nouvelle façon de présenter la chose islamique. La fluidité de son écriture lui permet souvent d’y échapper en prenant facilement de la hauteur. Il transcende les difficultés et tous les obstacles se transforment en nuages moutonneux qu’il survole allègrement. Une fois dépassé le premier chapitre où il traite de la soumission bien réelle, notre auteur ne se sent plus et ne remets plus les pieds sur terre.

Cette envolée lyrique et théologique risque de déboucher, une nouvelle fois, sur une désillusion. Elle joue sur une fibre qui trouveras certainement quelque résonance chez les musulmans : l’héritage de la toute-puissance leur est promise dans un avenir presque présent. Je crains qu’ils n’aient toujours eu la faiblesse d’y croire, par le passé et à l’avenir que M. Bidar leur promet.

L’auteur fonde ce qu’il appelle « une nouvelle anthropologie coranique ». Autrement dit une autre vision de l’homme qu’il cherche et trouve, plus ou moins, dans le Coran. Il fait appel aux ressources du verbe et en fait un usage que les mystiques ont expérimenté par le passé. Il se laisse même tenter par la cabale.

C’est dans un récit coranique de la genèse, sourate II, versets 28-37que notre auteur trouve sa porte d’entrée pour nous conduire vers ce qu’il appelle « un existentialisme musulman ». Tel un Averroès, notre professeur de philosophe se fait aussi théologien. Et comme lui, il éprouve une certaine gêne à aborder d’abord la vision du monde qui a présidé à cette mythique genèse et à la vision de l’homme qui en découle. Le décor est pourtant grandiose [[Il est fort intéressant de noter que notre auteur indique au Nouvel Observateur uniquement les versets 28 à 34 comme référence. Or, justement, les trois versets suivant plantent le décors grandiose du péplum et font prendre conscience qu'il s'agit d'une mise en scène mythique digne des épopées gréco-romaine.]]. Sa description nous éclaire beaucoup mieux sur ce qui va se jouer ! Tout musulman, y compris Européen, devrait être fier d’être l’héritier de cette vision du monde. Elle est digne d’un aède grec. Le monde coranique qui préside à la genèse est constitué de « sept cieux et autant de terres », de « deux mers – l’une salée, l’autre douce – qui se touchent sans se mélanger », de « montagnes qui empêchent la terre de tanguer »… En un mot il s’agit d’une mécanique céleste et d’une physique qui fondent une place rêvée pour un homme akkadien%2

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Sylvain Gougenheim et ses contradicteurs. Averroès, son Moyen-âge et ses thuriféraires

Sylvain Gougenheim a fait grand bruit en expliquant qu’il y avait d’autres ponts médiévaux qui ont permis à Aristote de passer à l’Ouest, chez ces chrétiens qui, déjà, ne s’entendaient pas avec leurs frères Greco-Byzantins. Ces derniers appartenaient, en quelque sorte, au « bloc de l’Est ». D’autres intellectuels et idéologues, dont M. De Libera, auprès desquels Gougenheim n’est pas en odeur de sainteté, tenaient absolument à ce que l’Andalousie continue d’être considérée comme le trait d’union qu’ils ont toujours privilégié. Or, les vraies questions autour de la rationalité ne sont pas là ! Rafraîchissons-nous un peu la mémoire.

Tous ces spécialistes savent pertinemment que la physique géocentrique, chère à Aristote et Averroès, son grand commentateur, n’a jamais rien produit d’utile à l’humanité. Ils savent qu’une logique, aussi pure soit-elle, ne peut rien produire qui vaille tant qu’elle est fondée sur des prémisses fausses. N’oublions surtout pas que Platon et Aristote ont aussi contribué, en partie, à fourvoyer la pensée de ceux qui le voulaient bien.

{{{Nulle métaphysique sans physique fiable}}}

La physique et la métaphysique d’Aristote et d’Averroès sont bel et bien stériles, mortes. Nous devons nous résigner à les enterrer autant que nos deux grands gisants, leurs œuvres sous les bras. Rappelons Galilée qui a subi leur prééminence si ce n’est domination sur les esprits ! Averroès avait donné quatre siècles de répit à la physique et à la philosophie péripatéticienne. L’Eglise catholique l’avait adoptée et finit par faire un procès à un physicien et mathématicien qui, comme Copernic et Kepler, voulait changer de monde ; faire passer l’humanité à autre chose. Ou plus précisément, il était enfin revenu à la physique géométrique et expérimentale d’Archimède. Oui Archimède, tout simplement ! Ni Platon, ni Aristote. Nous constatons que c’est bien cet autre contradicteur d’Aristote et de sa physique qui a connu une renaissance éclatante en Europe pour éclairer notre monde et démultiplier nos forces productives. Le Moyen-Âge judéo-islamo-chrétien tenait irrémédiablement à son monde clos, étouffé par ses multiples couches célestes, à son empiré, à son Premier Moteur et à la physique géocentrique d’Aristote qui n’a jamais rien compris à la fameuse « poussée d’Archimède ». En effet, ce dernier avait géométriquement et expérimentalement démontré que les éléments n’avaient pas de « nature » telle que Aristote le soutenait : les pondéreux poussaient tout simplement les légers vers le haut. C’est aussi grâce à Kepler et à son fastidieux calcul d’orbites sous forme d’ellipses que la philosophie naturelle (la physique) s’était enfin débarrassée du cercle idéal de Platon. Selon ce dernier, il était de la nature des Dieux, qui sont aux Cieux, d’avoir un mouvement parfait, idéal ; même si tous les géomètres et astronomes de son temps constataient déjà qu’il n’en était rien. Les phénomènes naturels et les faits étaient devenus « une illusion » pour les gens de la caverne où Platon a symboliquement enfermé l’humanité.

D’autres géomètres Grecs, comme Aristarque de Samos, avaient entrepris d’estimer les dimensions de la terre, de la lune et du soleil. Ayant trouvé que le soleil était autrement plus grand que la terre, Aristarque en avait déduit que c’est bien cette dernière qui devait tourner autour du soleil. Mes ancêtres arabes, dont Averroès, le savaient et en étaient bien instruits, mais, cela n’était pas dans la logique d’Aristote. Voilà donc l’universalisme fécond des Grecs : la géométrie appliquée à l’univers permet d’en prendre la mesure. Les mêmes lois physiques s’appliquent partout : au ciel et à la terre. C’est ce que ni les monothéistes ni Platon, ni Aristote ne voulaient admettre. Le Moyen-âge judéo-islamo-chrétien qui avait pourtant reçu, tout autant, cet autre héritage grec ne l’a pas examiné avec le sérieux qu’il méritait. Pourquoi donc ? Pourquoi est-ce que le Moyen-âge ne comprenait ni Aristarque ni les autres savants antiques que Copernic cite dans son fameux « De revolutionibus » ?

Vous voulez savoir pourquoi la terre est restée désespérément immobile tout au long du Moyen-âge ? Pour comprendre le fiasco de la prééminence judéo-islamo-chrétiene, oublions un peu Sylvain Gougenheim, De Libera, Régis Morelon, Georges Saliba etc. Ecoutons tout simplement un juif médiéval nous l’expliquer dans un arabe des plus limpides. Il est contemporain d’Averroès et, comme lui, il est né à Cordoue. C’est un homme de bonne foi. Nettement plus que nos chercheurs, journalistes et thuriféraires contemporains ! Voici donc le message d’Ibn Maïmoun (Maimonide) qui s’excuse de ne pouvoir participer à ce colloque : un mal incurable l’oblige aujourd’hui à rester cloué à sa tombe.

{{« Chers amis d’Islam & Laïcité,

Je crois avoir bien expliqué la « difficulté d’une astronomie fondée sur Aristote » (chapitre 24 de la deuxième partie du Guide des égarés, Editions Verdier, 1979, p.317). Mon compatriote et homologue Averroès, par contre, a plutôt cherché à dissimuler cette difficulté, il ne l’évoque que vaguement et il a toujours tenté d’en atténuer la portée. Comme vous le savez, il a renvoyé aux calendes grecques -c’est le cas de le dire- la solution de ses contradictions. Vous trouverez la clé de « l’énigme » dans mon Guide. J’y ai écrit ceci : « Il est donc démontré que le moteur premier de la sphère céleste,…, ne peut être nullement ni un corps, ni une force dans un corps ; de sorte que ce moteur n’a point de mouvement…n’est susceptible, ni de division, ni de changement, comme il a été dit dans la septième et cinquième proposition [de la physique d'Aristote]. Et c’est là Dieu – que son nom soit glorifié !- je veux dire, qu’il est la cause première qui met en mouvement la sphère céleste ».

Comprenez donc bien que, nous autres, philosophes du Moyen-âge, aussi bien juifs, chrétiens que musulmans, nous savions, tout autant que les anciens Grecs, que les sphères d’Aristote ne tournaient pas bien rond, mais nous avions besoin d’Aristote comme caution scientifique, neutre en quelque sorte. Il nous offrait l’idée d’un Premier Moteur inobservable, faisant tout mouvoir sans bouger le petit doigt. Un Stator Géant, un halo magique qui enveloppe l’univers et le meut, c’est une invention de premier ordre ! Croyez moi, elle est increvable, indémontable, indémontrable, indémodable… Elle restera d’actualité pour les siècles des siècles ! »

}}

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« Autres rituels, autres normes », est-ce la devise républicaine appliquée aux musulmans ?

En date du 28 octobre 2008, {La Voix du Nord} nous apprend que les abattoirs de Dunkerque, fermés pour des raisons sanitaires seront tout de même mis à disposition des musulmans pour y sacrifier des moutons.

Les salariés licenciés de l’abattoir auraient été reçus à la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) et ils se seraient étonnés de cette situation pour le moins « incohérente ».

Rappelons que le sacrifice du mouton, la plus importante fête de l’islam, aura lieu cette année le lundi 8 décembre. Le rituel consiste à égorger un mouton sans l’avoir étourdi auparavnt. Mais parfois, faute de disponibilité d’espaces appropriés, le sacrifice se fait dans des conditions sanitaires déplorables. « Dans la baignoire » comme il arrive parfois que le ministre de l’intérieur en soit informé. Pour éviter de prêter le flanc à des comportements similaires, le vice-président de la CUD avait promis aux responsables du culte musulman que la fermeture de l’abattoir ne perturberait pas la Grande Fête où les moutons ne sont pas du tout à la fête !

D’après La Voix du Nord « {Pour les salariés, cette annonce est jugée « aberrante ». « On nous retire notre outil de travail et nous sommes licenciés pour cause de normes sanitaires insuffisantes et en même temps, l’abattoir est ouvert le temps de la fête. C’est incohérent », estime Nicolas Mastin, un salarié.} »

Il paraît que c’est l’Etat, c’est à dire le Ministère de l’intérieur chargé des cultes, qui demande aux collectivités territoriales de fournir des locaux aux musulmans pour que tout se passe bien. Une des pièces de l’abattoir sera donc mise à disposition des musulmans.

Nous voyons donc que face aux concitoyens musulmans tout le monde s’arrange comme il peut et personne n’ose leur dire tout simplement :

à quand allez-vous changer de référentiel spatio-temporel ? Nous ne sommes plus aux temps du nomade Abraham ! Ici et maintenant vous pouvez tout de même commander votre mouton chez le boucher de votre choix qui l’apprêtera aux conditions que vous voulez ! Lui est tenu par des conditions sanitaires valables pour tous les citoyens et salariés français.

Mais pour les musulmans, les républicains ont toujours choisis des solutions bancales au lieu de choisir la franchise et les solutions adaptées à notre espace-temps.

{{Ce n’est pas de la discrimination positive, c’est de la discrimination tout court qui a le chic de mainternir les musulmans dans un état d’infantilisés à perptétuité.}}

Par ailleurs, comme je l’ai écrit auparavant, les musulmans ont aujourd’hui mille et une façons de sacrifier à l’humanitaire si c’est vraiement de sacrifice qu’il s’agit et non pas de faire ripailles.

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Amour pour une sœur chrétienne, humaine

Chère Emmanuelle,

C’est à côté de petites gens, vivant au milieu de chiffons et d’ordures que tu as planté ta tente.

Tu as forcé le respect de notre monde et changé son regard sur ta nouvelle famille, celle que tu as choisi de rejoindre au plus bas de nos échelles déglinguées par l’arrogance.

Tu as fertilisé les ordures, nourri la rose que tu entrevoyais au fond de chaque cœur humain.

Grattant à main nue la terre vite inerte tant enfouie en notre humanité.
Tu en as fais un terreau. Ton amour est la plus belle des fleurs que tu nous as faites.

Tu nous manques certes, mais il suffit de regarder un peu au Ciel pour te voir houspiller toutes les bonnes volontés : yallah ! en avant l’amour et la solidarité !

Tu auras été un de ces beaux visages divins qu’il est donné à l’humanité de côtoyer sur terre, au milieu de toutes nos misères et immondices.

Espoir ou espérance, tu laisses à chacun son choix, sa voie.
Nul doute que c’est l’humain, fait divin, qui se trouve au bout du chemin.

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Primo-Europe : ces Tartarin qui vont à la chasse de l’islamisme dès qu’il s’agit d’affronter l’islam tout court

Tout le monde en conviendra, lorsque Fanny Truchelut avait demandé à Horia Demiati et à sa mère de bien vouloir ôter leurs voiles dans les parties communes de son gîte, il lui était tout à fait inutile de savoir si celles-ci étaient islamistes. De toute évidence, les deux voilées obéissaient aux prescriptions du coran, comme les chrétiennes voilées obtempéraient jadis, partout et à toute heure, aux injonctions de saint Paul.

De même, lorsque Fanny avait fait cette proposition raisonnable à ses clientes et lorsqu’elles ont persisté dans leur attachement aux prescriptions des Antiquités et du Moyen-âge, elle ne se doutait pas que les bien-pensants et les Tartarin de gauche, comme ceux de la droite modérée, ne la soutiendraient pas. Elle ne soupçonnait pas l’ampleur de la lâcheté dont le pays est atteint ni qu’elle allait se retrouver bien seule, à côté du très catholique M.P.F. ; elle, qui, comble de l’histoire, s’était refusé à baptiser ses enfants !

Heureusement que Riposte Laïque et quelques féministes, au-dessus de tout soupçon, en avaient vu d’autres batailles sectaires sur le dos des femmes. Heureusement que ce « collectif » n’a jamais condamné Fanny et a toujours eu le courage de la soutenir, sans conditions, malgré la présence de toute l’extrême droite à ses côtés.

Mais voilà que des Tartarin de la toile, très bons stratèges par ailleurs, spécialistes de la chasse au dahu – isme, espèrent nous engager dans une battue planétaire, nous inviter à traverser la Méditerranée dans leurs guêtres, alors que les prescriptions archaïques de l’islam et les étendards qui les matérialisent affichent, sans pudeur, leur irrespect pour les Marianne, au seuil-même de nos gîtes. A portée de fléchettes, aurait dit le premier gamin venu.

Ces Tartarin de Primo-Europe qui, à l’occasion, reprennent volontiers les bons textes de Riposte Laïque, se sont permis d’écrire au sujet de Fanny, qu’elle ne semble pas « être aguerrie à tout débat nuancé sur la question de la lutte anti-islamiste » (1). Dans la foulée, M. de Belmont est même allé jusqu’à considérer que nous, qui avions décidé de la soutenir dès le départ, que nous offrions au totalitarisme islamiste « des verges pour nous battre en choisissant l’infraction à la loi plutôt que le combat des idées ». Et de faire du combat-fiction : « Certes, elle aurait dû s’y prendre autrement en entamant, par exemple, ostensiblement et à haute voix, en présence de ses «clientes», une discussion portant sur la nature fascisante de l’islam radical. » Ben voyons ! Et pourquoi pas laissez entrez un loup dans la bergerie et puis lui faire la leçon devant tout le monde, en rappelant, haut et fort, tous les agneaux que ses semblables ont égorgés ! La première benoîte musulmane aurait répondu à notre chasseur de dahu-isme qu’elle est d’une tout autre espèce et qu’elle condamne l’islam radical tout autant que lui !

C’est comme Caroline Fourest qui avait suggéré que Fanny aurait pu tout simplement mettre en route un DVD porno pour faire fuir les voilées de son espace de convivialité. Et pourquoi pas des ébats entre homos tant qu’on y est ?!

Tout cela n’est rien d’autre qu’une incitation à l’usage de méthodes perverses pour éviter de dire le plus simplement du monde : « non au voile islamique ! ». Pourtant, la France a su dire « non aux voiles de saint Paul » ! Ces dames et ces messieurs ne voient pas qu’ils proposent à Fanny de tricher, de louvoyer, de jouer à cache-cache, exactement comme celles qu’ils nous faut regarder les yeux dans les yeux.

En plus des discussions foireuses condamnant l’islamisme, M. de Belmont nous suggère donc de choisir plutôt « le combat des idées » !

Ah des idées, encore des idées, j’en ai lu de vos idées, mes chers Tarasconnais de Primo-Europe ! Vous m’avez même permis de m’exprimer sur votre site tant que je n’avais pas ciblé le gibier que vous cherchiez à préserver dans votre chasse gardée. Dès ce temps mémorable où nous nous sommes retrouvés à faire la chasse au foulard des écoles, vous vouliez m’amuser avec la chasse au dahu-isme, mieux connu sous ses noms communs comme « islamisme », « intégrisme », « communautarisme »…

Vos idées subtiles qui arrivent à faire une différence entre islam et islamisme, je ne les connais que de trop ! Il y a longtemps que je les ai jetées là où on jette le papier cul. Vous ne vilipender un communautarisme que pour mieux protéger deux autres, pas du tout beaux à voir. Mais comme je suis un sympathisant non seulement de Charlie Hebdo, mais aussi de Siné, je vais vous expliquer l’art et la manière qu’Artémis m’a inspiré aujourd’hui.

Il est trop facile de nous rallier, avec quelques réserves, une fois que nous avons réussi à démontrer que Fanny n’aimait pas le voile et qu’elle n’a toujours rien à en foutre de savoir s’il est islamiste ou pas ! Vos subtilités et vos conseils en stratégie planétaire, vous pouvez les garder pour vous ou tenter de les vendre à Bush qui a su aussi expliquer qu’il combattait l’islamisme et que l’islam était une religion de paix. Sans blague !

Et voilà qu’encore une fois, des Tartarin veulent nous inviter à une chasse de l’islamisme pour ne pas affronter le vrai problème : l’islam=Coran+Mahomet. Les naïfs qui ne connaissent pas bien Primo-Europe, pourraient bien se demander : pourquoi donc attribuer de si sombres visées à un site qui n’a plus besoin de démontrer son progressisme ? La question est légitime et c’est M. de Belmont et le site de Primo-Europe qui nous donnent la réponse. Ils défendent aussi une communauté. Je dirais même deux, puisque je fais la différence entre mes concitoyens juifs et le peuple d’Israël, deux communautés qui ne se confondent que dans l’esprit des tenants de l’intenable idée du « peuple juif ». Une idée aussi chimérique que celle de « nation musulmane » (oumma). Primo-Europe défend la communauté juive et Israël, où, faut-il le rappeler, le droit au retour s’octroie sur des critères très particuliers pour ne pas dire plus.

Comme nous le rappelle M. de Belmont, il est évident que le judaïsme (pour mémoire, le « isme » ici n’est pas péjoratif) n’est pas prosélyte pour un sou, mais il n’est pas moins synonyme de ghettos que l’islam classique. Lisez par vous-même : « On pointe du doigt certains juifs religieux, les Loubavitch plus précisément, comme susceptibles de poser les mêmes problèmes que les islamistes. Or, le Loubavitch ne se mêle pas au tissu social ni n’interfère avec lui. L’organisation interne de la vie d’un Loubavitch se passe en milieu cloisonné puisqu’il ne se mêle pas, même pour le vivre et le manger, à des juifs non orthodoxes. Il n’a pas pour prétention d’exercer une domination quelconque sur qui que ce soit en France et ne manifeste aucune volonté de prosélytisme. Aucune perturbation dans le fonctionnement de notre société ne peut émaner de son mode de vie qui peut, au pire, paraître anachronique ou pittoresque à certains. » (2).

Les ghettos sociaux ou religieux n’ont jamais été pittoresques. Et là aussi, M. de Belmont tente de nous amuser avec les extrémismes pour nous empêcher de considérer que les interdits les plus basiques de l’islam et du judaïsme ont prouvé qu’ils sont à même de favoriser l’auto exclusion et les ghettos.

Finalement, ce que redoute M. de Belmont avec l’arrivée des projets de loi comme ceux de Mme Hostalier, c’est qu’en plus des foulards, ostensiblement sexistes, on parle à nouveau des signes religieux et de leur séparatisme malsain, presque aussi banal que celui que donne à voir les kippas :

« Telles sont les limites de la loi de 2004 qui punit injustement tout le monde, à l’instar d’un professeur qui, à la suite d’un incident, sanctionne toute une classe d’élèves alors qu’il sait parfaitement qui est le responsable des perturbations. Avant l’arrivée massive des musulmans en Europe et l’importation des idéologies wahhabite et chiite sur le territoire européen, personne ou presque ne trouvait à redire en voyant des kippot dans la rue, voire même dans des classes de lycée comme on pouvait le constater à la fin des années 60 et pendant les années 70, ou des gens arborant d’immenses croix chrétiennes. »

Tout le monde appréciera l’usage fait par notre ami de Belmont d’un pluriel hébraïsant au lieu d’écrire kippas, dans un bon français.

Mesdames et Messieurs de Primo-Europe,

Vous ne valez pas mieux que Caroline Fourest, UFAL & Compagnie : vous dénoncez volontiers l’adjonction du qualificatif « positif » à la laïcité qui laisse entendre que celle-ci serait négative, mais vous ne vous êtes jamais rendu compte qu’en ajoutant un ;isme’ négatif à l’islam, vous laissez entendre que ce dernier pourrait être positif !

Allez donc chasser le dahu-isme en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, dans le sillage d’Israël et de Bush. Mais de grâce, laissez nous faire tout simplement la chasse à toutes les prescriptions archaïques, ségrégationnistes et séparatistes, aussi bien celles de l’islam classique que celles du judaïsme qui, tout deux avec leurs interdits, prescriptions et traditions ont démontré qu’ils sont capables de construire et/ou de consolider nos ghettos culinaires, sépulcraux, linguistiques…, en un mot communautaires.

Comme Fanny, nous ne sommes pas très bons en stratégie et nous l’assumons volontiers.

Et comme je me sens aussi inspiré par la grossièreté de Siné, dont l’Hebdo est plein de spiritualités, je vous dirais que je n’ai nullement besoin de tous vos ;ismes’ à la con ! Comme une plume d’autruche, vous pouvez vous les mettre en suffixe là où je pense, car vous n’avez pas encore compris que ce sont des feux de diversion pour nous éloigner, tous, du buisson ardent, du cœur du réacteur qui fournit tout le Moyen-Orient en énergie et en chair à canon, semblable à notre pauvre concitoyen Gilad Shalit et à toutes les victimes palestiniennes.

Vous et vos semblables, vous n’avez pas encore compris que vous n’avez rien d’original en dénonçant l’islamisme : tout le monde, absolument tout le monde le fait. Mais, par démagogie, peu de gens osent dire que ce sont de simples musulmanes d’Algérie, que dans des mosquées construites pas les plus simples des Algériens, à travers des émissions les plus communes à la télévision, à la radio, par le biais des journaux de l’Algérie et de tous les pays musulmans, absolument tous les pays musulmans, que ce sont les peuples musulmans qui ont élevé des monstres dans le respect de Mahomet et du Coran.

Voilà les lâches peuples que je voudrais réveiller en leur disant tout simplement qu’ils ne sont en aucun cas innocents ou modérés et qu’avant d’être victimes des terroristes et des dictatures, ils les ont fabriqués et qu’ils les servent au quotidien !

C’est l’islam classique qu’il nous faut dénoncer et c’est à une réforme radicale, fondée sur la bonne foi que je me suis attelé, par amour pour celles et ceux qui souffrent le plus de l’islam classique, tout en étant ses vecteurs : les musulmanes et les musulmans !

Il est vrai que ce paradoxe est difficile à comprendre pour les simples d’esprit. Mais il paraît que le paradis leur est promis !
——-

(1) Article publié le 02 novembre 2007 sous Documents / Societe : « [Affaire Truchelut : le piège->http://www.primo-europe.org/recherche.php?numdoc=Ed-177891783] » – Jean-Paul de Belmont.

(2) [« Affaire Truchelut : tirer les enseignements »->http://www.primo-europe.org/recherche.php?numdoc=Do-630123086] – Jean-Paul de Belmont. Article publié le 11 octobre 2008 sous Documents / Societe et « A la une » le lendemain

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Plaidoirie publique dédiée à Jean-Christophe LAGARDE

- Cher Monsieur le député,
- Cher maire de Drancy et [bâtisseur de mosquée->http://www.leparisien.fr/abo-seine-saint-denis/quand-le-maire-se-felicite-d-avoir-menti-06-09-2008-201427.php]
- Cher frère en espérance,
- Ma très chère mère, toujours voilée,
- Mes chers concitoyens, en un seul mot, je tiens à le préciser,
- Mesdames et Messieurs,

Même s’il y a longtemps que les asticots l’ont rongé, c’est l’increvable avocat Desproges qui m’inspire aujourd’hui pour plaider ma cause perdue de pauvre petit musulman.

Sortez vos mouchoirs !

Je ne vous apprendrai rien de nouveau en rappelant ma lourde hérédité : je suis l’éternelle victime, de père en fils. J’ai donc toujours eu l’impression, qu’ON nous prend pour des cons, nous autres musulmans. Je crois que les contribuables (en un seul mot, je tiens à le préciser), à qui certains élus font supporter le financement de nos mosquées, sont déconsidérés de la même façon !

« ON » rime facilement avec « cons ». En dépit de cela, il n’inclut pas les Danois, ni Cabu, ni Siné, ni Val, ni Charlie ni leurs Hebdos. Chez ces gens-là, Monsieur, ON nous prend pour des adultes, capables de rire comme tout le monde et de voir notre prophète en caricature, même s’il y a des cons qui ne peuvent le voir en peinture. Ces journalistes-là, Monsieur, nous expliquent très bien pourquoi c’est dur d’être aimé par des cons. Ils prennent leur Liberté au sérieux et apprécient l’Egalité à sa juste valeur. Ils ne se paient pas notre tête de mots et notre allégeance à l’aide des deniers publics.

Le « ON » désigne donc des députés, dont vous M. Lagarde, des bienveillants et tolérants qui font semblant, ainsi que des élus à différents niveaux de la nation.

Et puisqu’il est de bon ton d’organiser des dîners de cons ces derniers temps, pour que les journalistes conviés à la cérémonie titrent, sans se rendre compte de leur bêtise : « [MAM rompt le jeûne du ramadan->http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/09/08/01001-20080908ARTFIG00391-confidentiel-la-franchise-de-mam-sur-l-ump-.php] » ou bien : « [Valérie Pécresse rompt le jeûne à la Mosquée de Paris->http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/09/16/01011-20080916FILWWW00707-mam-rompt-le-jeune-du-ramadan.php] », je m’autorise aussi de faire le con, dans l’espoir de mériter le nom de concitoyen, en attendant d’être traité à égalité. Ni plus ni moins. Je le redis en verlan pour que banlieue comprenne : ni moins ni plus.

Après avoir défini le pronom indéfini, passons aux adjectifs. C’est très important les épithètes et les qualificatifs. Ils sont capables de vous changer la vie. D’ailleurs, d’aucuns hauts perchés, dont les productions ciblent la France d’en- bas, croient le plus sérieusement du monde, qu’il suffit de prononcer l’adjectif « positif » pour qu’une innommable discrimination cesse de l’être. Positivez braves gens pour en finir avec tout ce qui est négatif ! Avec la Laïcité et avec l’Egalité par exemple !

En voici l’illustration à l’aide d’un conte de fée, portée par les ailes de l’espérance :

Un beau jour, alors que notre douce France s’était retirée dans ses départements privés, elle a vu arriver un extraordinaire « préfet musulman ». Elle n’en croyait pas ses yeux. Il était unique ! Le seul préfet dont les autorités, dites compétentes, ont décliné l’intime conviction avant qu’il ne puisse intégrer son poste sous le regard incrédule de Marianne. Elle en était toute perplexe et ne savait plus à qui des deux elle devait remettre le Trophée de la Connerie Républicaine : au musulman, qu’on a toujours pris pour un con, ou bien à son ministre de l’intérieur ; chargé des cultes soit dit en passant. C’est le ministre qui l’a emporté.

Depuis ce jour, la France se demande d’ailleurs si ON ne la prend pas pour une demeurée, incapable de comprendre que les noms de Poniatowsky, Dermouche, Sarkozy, Arhab… suffisaient pour signifier sa diversité. Quant au citoyen préfet à qui ON faisait semblant de réserver des faveurs extra-républicaines, en l’annonçant comme musulman, il n’a jamais demandé qu’ON mette en avant son espérance, en place et lieu de ses compétences.

Après avoir nommé le « ON » arrivé au sommet de l’Etat, je suis heureux d’apprendre, cher M. Lagarde, que vous êtes, comme lui, non seulement « attaché au principe de la Laïcité », mais que vous l’êtes « encore plus aux valeurs républicaines de Liberté, d’Egalité et de Fraternité ». Ah que c’est beau la République et les discours qu’elle permet de tenir !

Le seul problème c’est que vous ne déconnez pas comme Charlie Hebdo pour que je puisse vous prendre au sérieux. Aujourd’hui, sur le bêtisier de la République, votre nom devance celui de Sarkozy : il rêve de laïcité positive, vous la pratiquer déjà. Il n’a pas financé de mosquée à Neuilly, vous avez construit la votre à Drancy. Le trophée qu’il a gagné face au préfet musulman, vous revient donc de droit cette année. Je vous le dédie.

Vous me dites que vous êtes attaché à la Laïcité, à la Liberté et à la Fraternité. Sur la tête de ma mère je vous jure que je vous crois, Monsieur le député-maire. C’est la vérité si je mens ! Pour moi, vous êtes un Frère de lait. Celui que les beaux seins de notre mère, Marianne, fournissent avec générosité. Mais je vous préviens : en prenant votre Liberté de financer notre mosquée vous courrez un grave danger : celui d’être pris pour un con, comme nous autres musulmans !

Vous avez tout à fait raison de le [rappeler dans votre mail->http://www.ripostelaique.com/Lettre-de-Jean-Christophe-Lagarde.html?] : nous musulmans, nous ne pouvons être que pauvres, indépendamment de ce qui entre dans les caisses de notre Vatican-sur-Golfe et de ce qui en sort, pour arroser les associations musulmanes de France et de Navarre. Associations culturelles, cela va de soi ! Dans votre élan de Fraternité et de Solidarité, je vous vois larmoyer. Il n’est donc pas étonnant que vous ne voyez pas bien qu’au pays, nous autres musulmans émigrés, nous avons réussi à financer pas mal de résidences et de mosquées ! Pauvre de vous !

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Il paraît que mon ex fait des cauchemars !

Comme tout le monde le sais, surtout sur le net, j’ai été un temps très lié à Jbil Kébir, mon ex-président au MMLF. Je dois avouer que malgré notre séparation un peu tumultueuse, je lui suis resté très attaché. Aussi dois-je dire que par le truchement de nos amis communs, je cherche toujours à avoir de ses nouvelles. On n’oublie pas si facilement ses anciens amours !

Il paraît que ces derniers temps, il fait souvent le même cauchemar que je vais tenter de vous livrer ici, tel qu’il m’a été rapporté.

Mon ex, vieux sympathisant de l’UFAL, devenu président régional, se trouve hanté par deux grandes figures très proches de ce mouvement laïque : Caroline Fourest et Catherine Kintzler. Pourtant, pour tous ceux et celles qui les connaissent, elles sont très sympathiques et n’ont rien de deux sorcières.

En rêve, ou plutôt en cauchemar, Kébir retrouve les années soixante où les militantes du MLF réclament à cors et à cris, dans la rue, la libération des femmes. Et, tout à coup, il se retrouve devant une énorme tribune où Caroline et Catherine, en duo de choc, se gonflent au fur et à mesure qu’elles délivrent leur discours à deux voix accompagné d’une orgue assourdissante. Elles expliquent qu’il faut s’en référer à la loi républicaine et qu’il ne faut surtout pas transgresser les règles bien établies qui permettent à notre République chérie de bien fonctionner. Après quoi, l’image se brouille et la banderole de la tribune où était écrit MLF s’élargit et se transfigure en Mouvement pour la Libération des Musulmanes de France et les mêmes Caroline et Catherine, main dans la main, expliquent à l’assemblée, peuplée de vieillards cette fois-ci, qu’il ne faut pas dépasser le cadre de la loi. Et Paf ! Comme des baudruches, les deux conférencières qui avaient gonflé un peu trop explosent et l’orgue cesse.

Il paraît que mon ex se réveille en sueur et ne s’explique pas très bien pourquoi il est hanté par ces deux madones de l’UFAL.

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Al-Qaida, 7 ans apès le 11/09. Débat télévisé sur France 24

J’ai eu le plaisir d’être invité à plusieurs débats télévisés sur la chaîne internationale France 24. Aussi bien sur le plateau anglais que sur le plateau arabe.

Voici le dernier débat auquel j’ai participé le 11 septembre 2008

[->http://www.france24.com/ar/20080911-arabic-face-off-terrorism-alquaeda-&navi=DEBATS]

[http://www.france24.com/ar/20080911-arabic-face-off-terrorism-alquaeda-&navi=DEBATS->http://www.france24.com/ar/20080911-arabic-face-off-terrorism-alquaeda-&navi=DEBATS]

En voici la traduction intégrale validée le 20 septembre par mon interlocteur, le journaliste Hedi Yahmed.

——————

{{{Introduction}}}

Modérateur : {{Tewfiq Majid (TM)}} :

Chers fidèles à la chaîne, Bonjour !
Vous, meilleurs téléspectateurs et critiques de notre émission où vous êtes les bienvenus, voici « Face à face »

Sept ans après l’attaque du 11 septembre, l’organisation al-Qaida reste, sous la direction de Ben Laden, objet d’opinions divergentes parmi les responsables et les experts internationaux. Certains considèrent que l’influence du réseau terroriste commence à péricliter, tandis que d’autres pensent qu’al-Qaida est active et dangereuse plus que jamais.

Est-ce qu’on peut parler aujourd’hui d’une organisation terroriste internationale ayant une direction centrale ?

Le terrorisme a-t-il reculé après l’attaque de l’Afghanistan et puis de l’Irak ?

Nous discuterons de ce sujet avec Pascal Hilout, activiste associatif et initiateur du nouvel islam et, Hedi Yahmed, journaliste du site islamonline.

Soyez les bienvenus !

{{{Questions et débat}}}

- TM : je commence par vous. Une question simple : à votre avis, est-ce que l’influence d’al-Qaida a reculé ?

- Hedi Yahmed (HM) : je pense que, de toute évidence, al-Qaida en tant que label et en tant qu’organisation, de façon virtuelle sur le net et à travers les médias, existe toujours. En ce qui concerne l’ancienne organisation, c’est à dire sous sa forme d’avant le 11 septembre, il est certain qu’elle n’existe pas sous sa forme traditionnelle. Elle est passée, comme l’indique un certain nombre d’experts, d’une forme centralisée, avec une direction unique qui se trouve en Afganistan et son chef Oussama Ben Laden, à une autre forme dite « contractuelle » (franchisée) où l’organisation se trouve à peu près partout, mais de façon détachée de la direction centrale qui se trouve en Afghanistan. Ainsi donc, l’organisation existe toujours, sous une autre forme. C’est à dire : al-Qaida est passé à une autre forme d’action, à une forme d’action contractuelle non rattachée au centre comme c’était le cas avant les événements du 11 septembre.

- TM : Pascal ?

- PH : Naturellement, il y a beaucoup de vrai dans ce qui vient d’être dit. Mais je pense que l’essentiel est de considérer ce que sont devenues les idées d’al-Qaida dans le monde arabe et musulman et ce à quoi nous a conduit l’intervention américaine en Irak. Intervention qui, en réalité, a conduit à une meilleure diffusion des idées d’al-Qaida dans le monde arabe. Elle a donné une nouvelle occasion aux fondamentalistes de nous montrer clairement leur férocité. A vrai dire, nous pourrions dire qu’il ne reste plus une réelle organisation en Algérie, par exemple, et peut être qu’il n’y a plus d’al-Qaida , comme elle existait en Irak, mais malheureusement, sa pensée s’est infiltré, s’est déployé dans le monde musulman, sur la place publique arabe. C’est ce qui est très grave.

Le fait d’être fâchés de façon permanente aujourd’hui avec les Etats-Unis, conduira à une opposition entêtée face à l’Occident, bien plus qu’avant. Et tout naturellement, al-Qaida peut se dépouiller de l’ancienne forme pour prendre de nouvelles configurations… et c’est ça qui est très dangereux. Nous savons qu’aujourd’hui, ils essaient d’infiltrer les prisons françaises et les prisons européennes, ainsi que les marginaux dans les pays arabes. Et pas seulement parmi les marginaux, chez les Saoudiens et autres Arabes aussi !

- TM : Hedi ?

- HY : Je crois que la question fondamentale qui se pose au sujet d’al-Qaida, sept ans après les événements du 11 septembre, est de savoir quels sont les résultats obtenus aujourd’hui. A mon sens, le résultat est, à tout point de vue, catastrophique : catastrophique sur le niveau interne au monde arabe en particulier et dans le monde musulman en général. C’est à dire que les dictatures sont devenues féroces (« ogresses ») : bien des leaders entreprennent des révisions constitutionnelles au nom de la lutte contre le terrorisme. Les mouvements islamiques, dont la tendance est dite modérée, se sont radicalisés et se trouvent plus cernés, muselés par les régimes en pays musulmans. C’est le résultat de ce qui est fait au nom…

- TM : au nom de la lutte contre le terrorisme

- HY : …de la lutte contre al-Qaida et contre ce qu’on appelle le terrorisme.

En Occident, en ce qui concerne les minorités musulmanes en Occident, la situation est telle qu’on ne peut nous l’envier en général. Il y a de la discrimination. Cela nous rappelle la situation des juifs dans les années trente du siècle dernier. C’est à dire …les musulmans…

- PH : (rire)… Je crois que Tu exagères de trop. Non, non ! NOUS, nous nous isolons : évidemment qu’il y a une tendance islamique naturelle à se mettre à l’écart. Nous ne nous marions pas avec les autres, nous jeûnons et ne mangeons pas avec les autres, nous ne buvons pas avec les autres, nous ne faisons pas la fête avec les autres…, mais à la base de tout cela il y a la religion juive et islamique. Mais ne revenons pas à cela.
Le problème est que Tu as raison lorsque Tu dis que les résultats effectifs sont catastrophiques. Même si al-Qaida envisageait de razzier, de la même manière que le prophète -Dieu prie sur lui et le salue (avec un sourire)-, dès ses débuts,… malgré cela, al-Qaida n’a pas réussi à envahir, … dominer ce qui pourrait être l’équivalent de la Péninsule arabique.

Evidemment, les terroristes en Algérie ont fini par comprendre qu’en tuant des musulmans, en massacrant les musulmans, il n’était pas possible d’atteindre une dictature qui est au pouvoir depuis la sortie de la colonisation (signe des guillemets avec les index), …la colonisation interne est toujours là-bas !…il va de soi que de ce point de vue, les activistes d’al-Qaida ont échoué. Ils ont aussi perdu la bataille autour d’Israël : aujourd’hui, il n’y a plus de …. Les Palestiniens sont divisés, les fondamentalistes sont divisés, mais !…

Le grave problème est le fait que le monde arabe, dans sa totalité, désire arriver au pouvoir par quels moyens ? Par des moyens, tout naturellement violents, à travers des razzias. Tous les gouvernements sont des dictatures, comme auparavant, mais aujourd’hui, il ne reste plus d’autres solutions que les conquêtes (razzias). Autrement dit, le retour aux racines, c’est à dire la fondation de la Péninsule arabique. C’est à dire razzia…rire.

- TM : Comment expliquez vous le fait que Ben Laden ait délégué la charge de communication à travers les médias à al Zawâhiri. Nous ne voyons plus Ben Laden, même pas sur Internet, depuis très longtemps ?

- HY : Sur cette question nous savons que ces dernières années, il y avait plein de rumeurs autour de sa maladie. Certains rapports avançaient même l’idée de son éventuelle mort, suite à une maladie contagieuse. Durant cette période, le nom du numéro deux, Ayman al-Zawahiri, avait brillé, comme porte-parole de l’organisation. Beaucoup d’experts pensent que cela provient de la personnalité même d’al-Zawahiri : une personne qui, depuis qu’il était en Egypte, nous le savons, il était le leader du Groupe Islamique (Jamâ’a islamiya) en Egypte, c’était une personne qui aimait être mise en avant, apparaître. C’est quelqu’un d’éloquent, qui a une certaine façon attrayante de communiquer. Tout cela en faisant la personne toute désignée et le préparait à devenir porte-parole d’al-Qaida.

- TM : et vous, vous pensez qu’aujourd’hui l’organisation al-Qaida est plus dangereuse qu’auparavant ?

- PH : naturellement… je pense qu’elle passera à d’autres moyens… En réalité, nous sommes revenus à des pays arabes tels qu’ils étaient avant la colonisation et avant..

- TM : que voulez-vous dire … sur le plan économique et social ?

- PH : non, sur le plan soci… politique. Il ne reste plus aucun espoir de démocratisation. Il y avait bien évidemment le socialisme et la démocratie dont notre génération rêvait durant les années 60 et 70

- TM : Vous pensez donc qu’indirectement al-Qaida a rendu un service aux régimes en place dans ces pays ?

- PH : bien évidemment, et aussi à l’islam tout court, à l’islam simple où tu ne prends le pouvoir que si tu accuses ceux qui sont au pouvoir de ne pas être suffisamment musulmans. Si nous lisons Ibn Khaldoun, nous trouverons que l’histoire de l’islam consiste en une répétition de cette opération : à chaque fois qu’il y a un pouvoir, avec le temps, il est accusé de ne pas défendre suffisamment l’islam, d’être complice de puissances étrangères, les ennemies de l’islam. Et puis viennent des « militants » (signe des guillemets avec les index) ou des combattants pour conquérir (razzier en arabe) le pouvoir. Nous sommes …, je crois que le monde musulman est revenu à la situation où il était avant, à l’origine . C’est à dire, la foi et le tribut… la foi est exploitée pour se saisir du pouvoir et finalement pour s’emparer du tribut, du pétrole.

- TM : ce qui est curieux, c’est que sans l’aide d’une puissance étrangère, disons des mains étrangères, comment tous ces combattants, entre guillemets, peuvent-ils quitter facilement l’Irak et rejoindre une autre zone de combat, l’Afghanistan, comme le répète les experts ces derniers temps ?

- HY : tout d’abord, Tawfiq, je voudrais commenter un point, concernant la crise de la démocratie dans le monde arabe. Evidemment, il y a une crise profonde qui date même d’avant les événements du 11 septembre, mais la crise s’est aggravée après les événements du 11 septembre, dans la guerre contre le terrorisme. L’accusation s’adresse tout naturellement aux mouvements islamiques et, en premier lieu, à l’organisation al-Qaida, qui a été la cause principale de cette réaction-régression dans les pays arabes et les pays musulmans en général… Les régimes occidentaux ont aussi participé à cette régression : bien des dirigeants de régimes occidentaux, comme la France : Sarkozy et Chirac, avant lui, ont soutenu les régimes autoritaires dans beaucoup de pays arabes. Il n’est pas utile de citer des exemples…

- PH : mais pour ce qui est de Hassan II, c’est aussi grâce à la France qu’on s’est débarrassé de la dictature de Hassan II … et il s’est avéré que ses prisons étaient pleines de prisonniers…

- HY: oui, c’est cela même ! Il y a une démocratie au Maroc ! sourire…

- PH : …non, non ! J’ai dit …

- HY : vous avez raison, le Maroc est le paradis de la démocratie… Non, les pouvoirs sans exception, sont…

- PH : j’ai dit…

- HY :…sans exception sont des dictatures autoritaires…

- PH : j’ai dit : les Français nous ont aidé à démontrer que la dictature hassanienne avait des prisonniers…

- TM : après la mort de Hassan II

- PH : non, non, avant sa mort. Non, mon frère ! Giles Kep … Gilles Perrot, lorsqu’il a publié son livre Notre ami le roi et Sarfati,

- TM : il a écrit au sujet des amis de ???

- PH : …… Sarfati… mon frère !… L’Occident nous aide pour ce que nous voulons. L’Occident nous demande bien évidemment de devenir démocrates… Personne ne pourra nous gratter le dos aussi bien que nos propres ongles . NOUS sommes les responsables ! responsables… (tournant vers mon contradicteur ) …c’est ça l’irresponsabilité dans tous les pays arabes.

- HY: c’est certain… la responsabilité est partagée, bien évidemment.

- PH : non…la responsabilité nous incombe en premier lieu… à nous…

- HY: l’Occident en supporte une partie… Lorsque nous débattons des pays arabes, il y a beaucoup d’interventions aux nom d’intérêts…

- PH : bien évidemment !…

- HY : …Kadhafi a été l’invité de Paris, mon frère !

- PH : et maintenant il collabore avec les services secrets américains ! rire

- HY: … et on lui a déroulé le tapis

- PH : … il est devenu Roi des Rois d’Afrique…Une fois qu’il s’était débarrassé du roi, il nous a, évidemment, institué des républiques populaires pour mystifier le peuple. Et aujourd’hui, il est devenu Roi des Rois Africains pour leur distribuer quelque argent du pétrole, pour vivre sur le pétrole, sur le TRIBUT. Tous les pays musulmans, tous les gouvernements islamiques et islamistes …

- TM : c’est ce discours qu’al-Qaida continue de répéter !?

- PH : bien sûr ! Al-Qaida a eu comme conséquence d’amener le pouvoir arabe à redevenir comme il a été auparavant… Ils ont en réalité imprégné…

- TM : …comme au temps du califat

- PH : …au temps du califat. Le califat… avec des émirats différents les uns des autres ; mais sur le même modèle, nous gouvernons selon le même gabarit. C’est à dire que toute personne qui possède un fief le gouverne et l’exploite, notamment le fief du pétrole, le fief du gaz, le fief des phosphates… Tous les gouvernements ont, bien évidemment, une justification pour se maintenir au pouvoir et pour taper sur le peuple : il y a al-Qaida et il y a des fondamentalistes !

Et les fondamentalistes sont arrivés au pouvoir, c’est à dire, leur « gouvernement » est mis en pratique par les régimes islamiques. Et si les fondamentalistes arrivaient un jour au pouvoir, ils ne feront rien d’autre ! Car notre pensée politique est construite sur la base suivante : sur la foi , sur la tribu et sur LE tribut ! Celui qui a le pouvoir exploite les deniers des musulmans. Point final !

Nous devons d’abord sortir de cette façon de penser, de cette pensée moyenâgeuse que nous avons hérité de l’islam à la Mecque, d’où sont parti les razzias, au nom de la foi, au non d’Allah, pour tuer et pour massacrer… celui qui sort de l’islam nous lui faisons la guerre ; après cela nous avons razzié et conquis d’autres pays jusqu’à ce qu’arrivent les Tartars, qui étaient des bédouins plus forts que nous, pour nous balayer…rire…pour balayer le califat abbasside.

- TM : Hedi ?

- HY : à propos de cette question, c’est à dire de l’islam, des islams : les lectures sont nombreuses. Là-dessus il n’y a pas consensus. Il ne faut surtout pas généraliser…

- PH : …le même usage : l’épée…rire

- HY : …des lectures…il y a plus d’une lecture de l’islam

- PH : …mais il y a la pratique…

- HY : il y a la lecture d’untel, (des talibans) et puis la lecture d’un autre.. (de Ordogane en Turquie)

- PH : notre histoire… notre histoire, jusqu’aux Turcs, signifie l’épée. Celui qui détient l’épée…, celui qui détient l’épée exploite la caisse de l’Etat et bien évidemment exploite….Notre patrimoine n’a produit aucune démocratie.

- TM : nous n’userons pas d’épée contre vous, mais le temps est limité. Il ne me reste qu’à remercier l’activiste associatif et initiateur du nouvel islam, Pascal Hilout et le journaliste du site islamonline, Hedi Yahmed. Je reviens et vous retrouve ce soir dans l’émission « Débat ». Ne vous éloigner pas de l’écran afin de suivre les dernières informations avec Aziza Nait Si Baha.

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Mixité à la piscine : lettre de soutien au maire d’Argenteuil

Monsieur Le Maire,

Je viens d’apprendre que le Parti Musulman de France (PMF) a lancé une pétition qui s’adresse à votre équipe municipale. Après examen attentif de son texte, j’estime qu’accéder aux demandes sexistes et ségrégationnistes de ce genre serait une grave erreur.

Voici les trois principales raisons qui me conduisent à dénoncer et à m’opposer fermement à ces exigences totalement indécentes qui ne manqueront pas de pervertir le vivre-ensemble dont la France a aujourd’hui grand besoin, de dégrader, encore plus, les relations entre musulmans et autres Français pour n’en tirer, finalement, qu’un maigre bénéfice politique de la pire espèce :

- Des créneaux horaires dédiés à un sexe particulier (1) sont de nature non seulement à revenir sur les acquis de la mixité des sexes, mais aussi à promouvoir une séparation fondée sur les religions et les convictions : les musulmanes/musulmans resteront entre elles/eux et n’inviteront certainement pas des juives/juifs à se joindre à elles/eux. C’est comme si nous manquions déjà de ghettos !

- La mixité et l’émancipation des deux sexes ont été acquises de haute lutte par la société française et voilà que des simulateurs de la pudibonderie voudraient nous ramener à des temps révolus. Ces mêmes simulateurs qui n’ont jamais rien fait ni jamais dénoncé la promiscuité, l’impudeur totale et l’ignominie qu’est la polygamie, islamiquement légale, que nous retrouvons, encore aujourd’hui, importée dans nos banlieues.

- L’exigence du PMF ne s’arrêtera certainement pas là : une telle pudibonderie exige forcément que toute la piscine soit occultée et interdite à toute présence masculine dans les parages, de peur que ces dames ne soient vues en petite tenue ou ne puissent faire des rencontres « indécentes ». La cible suivante sera l’école où sera exigée la séparation des filles et des garçons non seulement dans les piscines, mais aussi au gymnases et pourquoi pas en classe. Dès lors, le partage de nos plages peut, d’ores et déjà, être négocié : les bikinis et maillots à Saint-Tropez, les femmes et filles voilées aux calanques bien isolées dont tous les accès seront surveillés par des gendarmes asexués auxquels le PMF, de toute façon, ne fera pas confiance : il les dédoublera de ses gros bras afin que tous les chaperons qui accompagnent et surveillent ces dames rebroussent chemin !

{{{Un regard pervers…}}}

Nous devons lutter, comme vous le faites M. Le Maire, contre toute constitution de ghettos par sexe, par religion ou par degré de perversité drapée de pudibonderie qui tente de nous cacher son vrai visage hideux : il s’agit d’un regard malsain et pervers porté sur le corps humain des hommes et des femmes, un regard qui n’apprécie nullement sa beauté divine pour n’y voir que sexe, de la pointe des pieds à la cime des cheveux les plus anodins. Ce regard voudrait pervertir notre vision esthétique dont témoigne tout l’héritage de l’Europe depuis les Vénus et Apollon jusqu’aux œuvres de Modigliani et autres merveilles estimées de par le monde.

N’oublions surtout pas qu’il s’agit là d’une vision archaïque qui peine à sortir de la nuit des temps car, même dans des pays musulmans, comme le Maroc, la Turquie et la Tunisie…, les piscines et les plages sont mixtes depuis très longtemps.

{{{…et une ruse politique du même acabit}}}

Cette exigence que le PMF enrobe de fausse pudeur n’est qu’un stratagème visant à transformer l’auto-exclusion qu’il préconise en pseudo-martyre et pseudo-souffrances qui, espère-t-il, lui donneront une légitimité des bons vieux temps avec laquelle il rêve de rééditer la lutte contre Sodome et Gomorrhe et conquérir enfin la « décadente » Rome-sur-Seine.

Les promoteurs de cette pétition espèrent donc transformer leur réel défaut d’intégration et leur rejet viscéral du mode de vie des Français et de l’Europe en jérémiades et alertes à la discrimination pour souder leurs rangs et haranguer leurs militants qui se sentent, dans tous les cas et de toute façon, toujours exclus par la faute des autres, mais jamais par leurs propres haines et agissements.

Tout en nous préservant des éventuelles reculades, veuillez croire, Monsieur Le Maire, en l’expression de mes sentiments les meilleurs

———-

(1) Des créneaux pour les femmes, d’autres pour les hommes et puis d’autres pour les bi- et transsexuels. Quant aux travestis et aux eunuques, leur cas est trop délicat pour être traité ici.

Cette lettre sera publiée sur mon site http://nouvel-islam.org

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Nouvel islam en vidéo

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Ni Puceau Ni Soumis

{{{En soutien de

Ni Putes Ni Soumises

Demain, samedi 7 juin 2008 à 14h30

Place d’Italie Paris 13ème

Je marcherai pour la liberté des femmes et contre des traditions islamiques totalement archaïques

Avec une simple pancarte

Ni Puceau Ni Soumis

En harmonie avec les filles qui ont choisi le slogan

Ni Vierges Ni Soumises

40 ans après 68, il nous faut toujours entretenir le flambeau et le passer aux nouvelles générations métissées, leur montrer notre solidarité intergénérationnelle.

Quel que soit votre âge, venez donc nombreuses et nombreux à cette manifestation}}}

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